Vers une Autorité Politique Guadeloupéenne
Par Raoul Cyril Serva*
…Dans le cas de la Guadeloupe les considérations évoquées notamment du nécessaire partage du pouvoir fait que l’autorité politique guadeloupéenne devra procéder à un partage du pouvoir fait que l’autorité politique guadeloupéenne devra procéder d’une assemblée de représentants élus (repenser le découpage du pays pour d’une part lutter contre le municipalisme et d’autre part promouvoir le sens du pays, du politique). Il faudra également choisir quelle institution devra demeurer, même symboliquement, en place pour sceller aux yeux de la constitution française et de ceux que la peur du largage affole « l’indéfectible lien ». D’où l’exigence pour une telle autorité de demeurer dans le cadre de la République, d’offrir des garanties républicaines, être à terme une république associée tout en maintenant le contact avec les nations les plus avancées du monde. Se posent alors les très délicates questions de la répartition des compétences avec l’Etat français, l’Europe, de l’acceptabilité d'un plan constitutionnel des changements institutionnels qui nous paraitraient indispensables. A l’évidence, leur résolution passe par un double processus de lutte et de négociation, ardues puisqu’ sait que la France malgré les apparences sait mieux assimiler les peuples, dispenser des droites créances que reconnaître leur droit à la liberté en tant que peuple. Or, ce qui est incompréhensible c’est la très grande « sagesse » de nos politiciens qui savent déjà ce qu’ils doivent abandonner de la souveraineté pour ne pas fâcher « la mère patrie » et ce sans jamais recueillir l’avis du peuple guadeloupéen sur la question. Néfaste et condamnable, cette double attitude ne doit pas prévaloir dans l’abord des changements institutionnels. Ce qui ne signifie pas qu’il ne faille pas se préparer pour avoir des propositions de rechange comme dans toute recherche compromis. Mais les phases de ce travail qui constitue un immense et important chantier doivent respecter un certain ordre et procéder d’une philosophie politique. Injurieux pour notre peuple est par exemple le passage au galop d’un attelage de missionnaires, venus pour sonder on ne sait quelles entrailles sans que jamais le peuple soir consulté pour des affaires qui le concernent au premier chef.
Mesquines également ces approches politiciennes d’un problème aussi fondamental, qu’on subordonne ainsi à des intérêts personnels, particuliers.
Il nous semble que parce qu’il n’y a de politique que parce qu’il ya des hommes, ceux-ci doivent être au centre des discussions, des intentions et des décisions.
A nous tous citoyens potentiels de Guadeloupe, revient le droit inaliénable de participer dans l’unité à l’élaboration de notre futur cadre institutionnel.
Elaborées, les propositions doivent être popularisées au travers des campagnes d’information, de débats publics, en dehors de toute campagne électorale ancien style.
Ainsi seulement elles pourront servir de basses légitimes à des négociations destinées à les finaliser au regard de la constitution française et des lois européennes. Il faut aussi dire ici que deux siècles d’esclavage reconnu comme crime contre m’humanité par l’Etat français, valent bien un déplacement des parlementaires français voire des français pour modifier un tant soit peu leur constitution et rendre possible la liberté des peuples ; qu’il sont trop longtemps tenus en état de minorité. L’aide de véritable de puissances européennes doit prendre désormais le chemin du respect ; de la dignité de l’autre homme.
Après ces considérations générales sur la méthode il faudrait revenir au plus concret. Savoir quelles devraient être les compétences effectives d’une autorité, d’un pouvoir guadeloupéen. Faudrait i-il qu’elle conserve les responsabilités de la police, de la défense, de la justice, de la monnaie, de la diplomatie, des diplômes ? A qui incomberont les services de la santé, de l’immigration, du patrimoine, de la culture, de l’éducation, etc. ? Quels doivent être les contours d’un espace public qui puisse contribuer à l’épanouissement de nos populations au plan matériel, social et culturel ?
Ces questions n’ont pas ici à réunir des réponses de notre part. notre réponse est qu’elles doivent faire et l’objet de plus grand débat possible et c’est le cadre que nous devons seulement ici proposer. (Espace Public Guadeloupéen). C’est d’un tel échange que proviendra l’ébauche d’un intérêt général en Guadeloupe, lequel devra être promu par les institutions que nous appelons nos vœux.
L’ouverture de l’espace public s’avère nécessaire car la société n’est pas un lieu pour vivre ensemble, mais pour le bien-vivre ensemble dans les meilleures institutions. De même, il n’y pas de démocratie sans détermination de fins communes et connues des citoyens. En outre, l’essentiel est moins l’accord de tous que l’accord sur les moyens, les procédures pour, sans déchirer le tissu social, résoudre les accords si normaux dans un groupe. Notre démarche vise un recommencement de la politique par l’instauration du politique ; elle est fondatrice ; politicienne, elle le serait si dans la confusion actuelle elle cherchait à créer un quelconque parti ou front pour ajouter à la division et ce, sans jamais donner la parole au peuple souverain. A cet effet, et pour préserver l’esprit de l’idéal républicain, il importe d’ouvrir un Espace pour le débat public, un espace de discussion et d’échanges sur les questions essentielles et les problèmes fondamentaux qui sont les nôtres. Nous souffrons profondément de cette absence de débat public, de publicité au débat. Il faut bien comprendre que c’est à cette seule source entre autres que s’alimentent tendance à confondre la force et le droit, les intérêts, privilèges particuliers et l’intérêt général et d’une façon générale notre rapport à la loi.
L’objectif de l’Espace Public Guadeloupéen (E.P.G), s’il est éminemment politique, ne doit pas se confondre pour autant avec une quelconque stratégie de prise de pouvoir ; il consiste avant tout à éclairer, à forger une opinion politique guadeloupéenne, capable d’intervenir publiquement pour influer sur les choix et orientations, les dérives de la cité, et ce, quel use puisse être le devenir institutionnel. A cet égard et comme pour anticiper l’ouverture du débat, il nous paraît de la première importance de na pas laisser aux mains des seuls vieux appareils politiques, champions de la division, perpétuellement absents en tant qu’élus du peuple quand il s’agit de défendre l’intérêt général, le soin de gérer les nécessaires changement institutionnels en Guadeloupe…. ( )
* philosophe et militant nationaliste Guadeloupéen, 1951- 2001.
Je retiendrai par exemple ces paragraphes : [...] "Il faudra également choisir quelle institution devra demeurer, même symboliquement, en place pour sceller aux yeux de la constitution française et de ceux que la peur du largage affole « l’indéfectible lien ». D’où l’exigence pour une telle autorité de demeurer dans le cadre de la République, d’offrir des garanties républicaines, être à terme une république associée tout en maintenant le contact avec les nations les plus avancées du monde. Se posent alors les très délicates questions de la répartition des compétences avec l’Etat français, l’Europe, de l’acceptabilité d'un plan constitutionnel des changements institutionnels qui nous paraitraient indispensables. "
[...] "Savoir quelles devraient être les compétences effectives d’une autorité, d’un pouvoir guadeloupéen. Faudrait i-il qu’elle conserve les responsabilités de la police, de la défense, de la justice, de la monnaie, de la diplomatie, des diplômes ? A qui incomberont les services de la santé, de l’immigration, du patrimoine, de la culture, de l’éducation, etc. ?"
Dans le cadre d'un changement institutionnel de la Guadeloupe, quelles sont les compétences qui doivent lui en incomber? Quelles seraient les compétences dévolues à l'Etat? Pour qu'une autorité politique guadeloupéenne puisse émerger, s'exercer, quel est le texte juridique le mieux approprié aujourd'hui, le plus adapté pour fixer ce partage des compétences? Quel statut est susceptible de permettre aux Guadeloupéens de disposer d'une autorité politique qui assure la domiciliation d'un certain nombre de pouvoirs, de prérogatives décisives pour l'économie par exemple? Avec quels outils une autorité politique guadeloupéenne serait-elle en mesure d'engager notre pays dans la voie de la réduction de notre dépendance économique, le renversement du déficit commercial...? Comment parvenir à l'émergence de cette autorité politique guadeloupéenne? Y a t-il dans la Constitution française un texte de référence, un article qui nous permet d'asseoir cette autorité? De mon point de vue c'est l'article 74. Ce sont toutes ces questions que le débat, la réflexion, l'analyse doivent prendre en charge afin d'éclairer, convaincre nos compatriotes de la validité de l'instauration d'un autorité politique guadeloupéenne qui aille bien au-delà des limites de celles dont disposent nos collectivités actuelles. C'est de la réponse à ces questions entre autres, la conduite des travaux de réflexion, qu'émergeront une définition,une orientation, que s'ouvriront un nouvel horizon pour la Guadeloupe.
Sonjé kanmarad Shaka lè an té ka milité pou awtik 74 asi prèmyé sit-aw ! Sé padavwa a té vwè lé lwa régalyen té tou pré a rèvandikasyon a zf LKP...ou té di mwen awa, léta fwansé ké ankò an pyé annou. An toujou di sa péké bon largaj-la fèt sibitman, pèp-la ké vwè twop mizè !!!
Kon on pa pati ka palé ka dè"chaos"dè "guerre civile".
Nou ka pwan on èkzanp : on kanno plen pwason ka rantré, magré ni pwason pou tout moun, nou ka goumé pou trapé yenn a dé kilo avan on lòt...yennki an chine moun-la ka fè la file indienne pou yo sèvi yo yenn aprè lòt !...ary x
La Diaspora noire
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