CCN : Comment se situe Orange au regard de la concurrence?
André Dupic (AD) : Sur les mobiles nous n’avons déjà pas les mêmes mesures de part de marché qu’en France où il y a des suivis réalisés par l’ARCEP (NDLR : Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes). Chez Orange Caraïbes, nous avons des suivis qui dépendent de la déclaration des différents opérateurs. Donc pour affiner un petit peu, on fait des études de marché. Ce que l’on voit c’est qu’on est toujours opérateur leader sur le mobile comme sur internet dans les trois départements Martinique, Guadeloupe et Guyane.
CCN : Quelle est alors votre marge de progression?
AD : On est aujourd’hui sur une stabilisation des clients mobiles autour de 560 à 570 000 clients. Ce que l’on voit c’est que le parc de téléphonie mobile est maintenant stable depuis un an. Il y a une très faible augmentation. On a par contre une augmentation des usages, très forte, en SMS et en images data, en mail, en surf sur des sites internet comme caraibcreolenews.com. On voit que les usages explosent beaucoup. Sur le domaine internet fixe on est encore en légère progression, on continue à progresser aussi bien à Orange, que l’ensemble des opérateurs internet. On est sur un marché en légère croissance sur l’internet, tiré par l’ADSL.
CCN : Orange est aussi présente dans les îles de la Caraïbe non francophones ?
AD : Oui nous y sommes. Nous avons une filiale qui est installée en République Dominicaine. La structure de notre groupe, Martinique, Guadeloupe, Guyane, fait que Orange en tant qu’opérateur dépend de la structure France alors que les îles autour, comme la République Dominicaine dépend de la structure internationale. Nous, nous occupons de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et de St Pierre et Miquelon.
CCN : St Pierre et Miquelon ?
AD : Oui, St Pierre et Miquelon est un peu une curiosité, deux îles qui sont au large de Terre Neuve. C’est un territoire d’Outremer français. Nous avons crée il y a quelques années une filiale : Saint Pierre et Miquelon Télécom détenu à 70 % par Orange Caraïbe et 30 % par un associé de Saint Pierre et Miquelon qui possédait un réseau de télévision câblée. St Pierre et Miquelon Télécom propose de la télévision câblée, de l’internet, de la téléphonie fixe et mobile. Il y a 6 000 habitants à St Pierre et Miquelon et 3 000 clients de téléphonie mobile.
CCN : Est ce que les prix et services proposés dans la Caraïbe sont très différents de ceux pratiqués en France ?
AD : Cela dépend, sur le mobile : les services et les forfaits sont au prix de l’Hexagone. Nous sommes proches de la France en prix et même légèrement moins cher. Sur les terminaux, nous avons ici uniquement des engagements de 12 mois, nous avons aucun engagement de 24 mois. C’est à la fois à la demande de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes et des associations de consommateurs.
Ce phénomène est important parce que lorsque vous prenez un engagement de 24 mois, l’opérateur subventionne le terminal. C’est pour ça que dans la Caraïbe le prix du mobile est plus cher. Sur l’internet nous sommes un peu plus cher, cette différence de prix est liée au fait qu’à 98 % du temps, vous êtes raccordés soit à des serveurs nord-américains soit à des serveurs en Europe. C’est à quelques milliers de câblés fibres optiques. Cette transmission outre Atlantique à un prix. Sur le téléphone fixe on a exactement les mêmes tarifs qu’en France
CCN : L’IPHONE 4S sera bientôt en Guadeloupe ?
AD : Il n’est pas encore en boutique car Orange ne nous approvisionne pas encore. Apple a une politique d’approvisionnement qui est un peu particulière. Apple ne fournit aujourd’hui que les terminaux pour les grands pays et les grands opérateurs. Et nous sommes un opérateur complètement en dehors de Orange France par le système de filiale. Nous ne pouvons pas nous faire livrer d’IPHONE 4S par Orange France. Je suis livré exclusivement par Apple. Nous faisons partie de la 2e liste en taille. Donc je pense que nous serons livrés à la fin de cette année ou en début d’année prochaine. Nous faisons tout pour l’avoir le plus vite possible. Apple a une politique d’approvisionnement très segmentée.
CCN : Il y a eu récemment un accord entre Orange et Canal Sat Antilles pour les décodeurs ?
AD : C’est un accord que nous avons conclu avec Canal Satellite. C’est un usage qui est fortement demandé. Aujourd’hui nous leur proposons des offres de 25 chaînes « gratuites » avec le bouquet Orange et trois bouquets payants. Ce sont des bouquets qui ne sont pas concurrents par rapport à Canal Sat. Ils sont à 3, 6 ou 9 euros. Ce n’est pas les bouquets de 150 à 200 chaînes que l’on peut avoir avec Canal Sat. Nous donnons le choix au client de choisir le bouquet payant qu’il souhaite, soit Orange soit Canal Sat. Lorsque le client en a envie ou lorsqu’il déménage, il peut auprès des agences France Telecom commander son accès ADSL et commander le bouquet. Il n’est pas obligé de faire un deuxième contrat. Il peut aussi recevoir ses bouquets sur le même décodeur.
CCN : Cette année, il y a eu deux ou trois épisodes de problèmes techniques assez importants sur le réseau. Orange est victime de son succès, ou alors, on s’approche de la saturation ?
AD : Il y a les deux. Puis, il y a un troisième complètement différent. On a une augmentation des usages. On a à peu près un volume d’usage qui double chaque année. Donc c’est très important, on fait un certain nombre de travaux. Nous sommes en train de terminer des travaux d’extension très fort sur internet, le client peut ressentir quelques petits inconvénients. Ces extensions sont très importantes pour pouvoir donner beaucoup plus de capacité internet au réseau mobile. On a eu au cours des mois de vacances tout un tas de dysfonctionnements provoqués par EDF, ce n’est pas pour remettre en cause le travail d’EDF. Un réseau téléphonique ça fonctionne avec de l’énergie et nous avons eu un certain nombre de coupures ou de difficultés malgré nos propres installations malgré nos groupes électrogènes de secours.
CCN : On parle de la disparition totale de la marque France Télécom au profit d'Orange ?
AD : Oh Non ! Alors aujourd’hui nous utilisons beaucoup la marque Orange sur le mobile l’internet et la télévision. Nous utilisons toujours la marque France Télécom pour la téléphonie fixe. Et par ailleurs le nom de l’entreprise, le nom du groupe, c’est France Télécom. Sur le groupe, il n’y a pas de raison que ça change. C’est comme ça. Il y a, c’est vrai, des discussions au sein du groupe pour savoir, si on continue à garder Orange ou la marque France Télécom en marque commerciale. Pour le moment, la marque France Télécom reste sur le téléphone fixe et Orange sur les autres activités.
CCN : En matière de sponsoring on a l'impression que Orange est moins présent sur les événementiels qu'il y a 4 ou 5 ans?
AD : Il y a 4 ou 5 ans nous avons lancé la 3 G. Il y a donc eu de très fortes actions de communication externe à l’occasion du lancement de la 3G qui était au delà de l’évolution technologique. C’était la possibilité sur des réseaux mobiles d’avoir des débits pour faire des mails, du surf internet et avoir des débits beaucoup plus importants. Pour installer ces nouveaux usages on a installé et fait des actions de communication très fortes. Depuis 2009, nous sommes sur un budget stables. Nous sommes sur le Tour de Guadeloupe, nous avons eu une équipe de la marque Orange. Nous sommes aussi un partenaire important du Tour des Yoles. Nous sommes toujours présent sur la marque Orange.