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Solidarité avec les travailleurs migrants vénézuéliens : il faut reconnaître leur statut de réfugié !

07 Aoû 2018
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Pawol Lib (Libre Propos) est une nouvelle rubrique de CCN. Notre rédaction propose donc à tous les progressistes qui le souhaitent un espace de communication, une tribune dont le but principal est de porter une contribution au débat d’idées qui fait cruellement défaut dans notre pays. Les points de vue exprimés dans « Pawol Iib » n’engageront pas nécessairement la ligne éditoriale de CCN mais il nous semble indispensable que les intellectuels, la société civile aient la possibilité de pouvoir très librement opiner dans nos colonnes. Cette fois, c’est Andreu Pagès, Lucha Internacionalista (section à l'État espagnol de la UIT-QI), qui nous soumet son « libre propos » sur la solidarité avec les migrants vénézueliens. 

Des milliers de travailleurs vénézuéliens traversent chaque jour à pied les frontières de la Colombie et le Brésil, en fuyant de la misère et la faim que le gouvernement vénézuélien leur a condamné par d'un plan d'ajustement, qui a réduit le salaire moyen à moins de 5 $ par mois. Entre 2015 et 2018, on estime que deux millions de personnes, soit 6 % de la population, ont quitté le pays. Selon certaines enquêtes, environ un tiers de la population souhaite migrer pour échapper à l'hyperinflation, à la criminalité violente et à la répression.


Le Venezuela n'avait pas de tradition significative d'émigration jusqu'à ces dernières années. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, le Venezuela a plutôt accueilli des immigrants d'Europe et d'Amérique latine, dont un nombre important provenait de la Colombie voisine. À cause de la polarisation politique et sociale qui s'est produite après du coup d’État de 2002, il y a eu une première vague d'émigration, fondamentalement limitée à la classe moyenne supérieure et à la bourgeoisie. Mais depuis la crise économique de 2013, et jusqu'à nos jours, avec la contraction brutale de l'économie et l'ajustement inflationniste, qui a liquidé les salaires, une vague croissante d'émigration a été générée à laquelle participent les salariés et les travailleurs indépendants, dans des conditions de plus en plus précaires.

Le gouvernement vénézuélien refuse à la population la possibilité d’accéder aux passeports et autres documents, encourageant le paiement de pots-de-vin pour les obtenir, si élevés que la plupart des gens n'ont pas les moyens de les payer.

Dans le cadre de cette vague d'émigration, des milliers de Vénézuéliens se trouvent au nord du Brésil et à l'est de la Colombie dans des conditions de misère et d'extrême vulnérabilité, il y a des cas d'esclavage dans le nord du Brésil dans des fermes où des travailleurs vénézuéliens ont été victimes, notamment des attaques xénophobes, dans la ville de Cúcuta, il y a des rapports de féminicides contre des femmes vénézuéliennes au Pérou d'une industrie de la traite des femmes vénézuéliennes à des fins d'exploitation sexuelle se développe dans toute l'Amérique latine. Beaucoup s'embarquent sur des navires précaires à destination des Antilles néerlandaises ou de Trinité-et-Tobago, où les autorités emprisonnent des centaines d'immigrants vénézuéliens et les menacent de peines pouvant aller jusqu'à deux ans de prison. Face à cette situation, le gouvernement vénézuélien ne fournit aucune assistance aux Vénézuéliens à l'étranger.

Selon le discours officiel, présent dans les médias gouvernementaux et les discours de Maduro, les émigrants sont "blancs, descendants d'Européens, de classe moyenne" et des gens "qui n'aiment pas leur patrie", qui la quittent dans les moments difficiles. Ces affirmations démontrent encore une fois la nature ultra-réactionnaire du gouvernement. L'opposition de droite de la MUD instrumentalise également la crise de l'émigration, comme en témoignent les déclarations de Julio Borges, qui a averti que l'Amérique latine pourrait être "contaminée" par problèmes que connaît le Venezuela, comme la criminalité violente, à cause de l'afflux d'immigrants vénézuéliens. Une déclaration qui stigmatise les immigrants vénézuéliens et encourage les gouvernements de la région à prendre des mesures restrictives.

Les transnationales pétrolières tirent profit de la surexploitation des travailleurs vénézuéliens. Nous appelons les travailleurs des États-Unis, de l'État espagnol, de la Norvège, de la France, de l'Italie, etc. à dénoncer le fait que Chevron, Repsol, Total, ENI et les autres transnationales, qui participent aux compagnies pétrolières mixtes, paient moins de 5 $ par mois aux travailleurs vénézuéliens.

Face à la destruction du niveau de vie de la classe ouvrière vénézuélienne par le gouvernement, à tel point qu'il est impossible de subsister avec des salaires moyens, les travailleurs migrants vénézuéliens doivent être considérés comme des réfugiés, déplacés de force par la crise économique et les pays qui les accueillent doivent leur fournir toute l'assistance nécessaire, y compris même s'ils n'ont pas de passeport, puisque le gouvernement Maduro refuse de livrer des documents à ses citoyens. Les gouvernements de la région doivent prendre des mesures pour éviter que les travailleurs fuyant l'esclavage au Venezuela ne soient à nouveau soumis à des conditions d'exploitation analogues à l'esclavage dans les pays auxquels ils migrent en raison de leur situation vulnérable.

23 juillet 2018

Unité Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale (UIT-QI)

http://www.uit-ci.org/index.php/noticias-y-documentos/declaraciones/2076-2018-07-23-18-53-30

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