Breaking News

SUPPLIEZ, MAIS PLUS FERMEMENT!

29 Sep 2017
426 fois

Vendredi 29 Septembre 2017. CCN. Pawol Lib (Libre Propos) est une nouvelle rubrique de CCN. Notre rédaction propose donc à tous les progressistes qui le souhaitent un espace de communication, une tribune dont le but principal est de porter une contribution au débat d’idées qui fait cruellement défaut dans notre pays. Les points de vue exprimés dans « Pawol Iib » n’engageront pas nécessairement la ligne éditoriale de CCN mais il nous semble indispensable que les intellectuels, la société civile aient la possibilité de pouvoir très librement opiner dans nos colonnes. Cette fois, c’est Frantz Succab qui nous a soumis son « libre propos »." Loi de Newton: Action/ Réaction... Ici, la réaction est-elle égale à l'action ? Sinon, inventons une Loi ! " Ce raisonnement de l'amie Ginette à propos de la protestation unanime des élus contre l'arrêté de catastrophes naturelles pris par le Gouvernement français me parle et m'inspire ce qui suit

Je n'aimerais pas être de la représentation politique de la Guadeloupe ces temps-ci...Ou peut-être que si ! ... Je ne sais plus.
Pris en sandwich. D'un côté, l'Etat français qui soit fait comme si mon élection par mon peuple comptait pour du beurre normand, soit se fout de ma gueule de nègre-comme-il-faut. De l'autre,  mon peuple qui m'a élu, dont les plus virulents me cassent  ce qui reste de mes vieux kokosèk en sac à me dire sans couilles.

Tout le monde ici aurait symboliquement "des couilles", mais peut-être mal utilisées... Je veux dire, dans le meilleur des cas, par le bas: on croit parler haut, sans savoir qu'on parle bas, si bas, qu'on a du mal à s'entendre soi-même. Les mots sont forts, mais la revendication derrière est féba-féba. Si l'on voulait vraiment parler de courage, on saurait que ça vient du cœur et de la tête, ce par quoi l'on ressent, l'on désire et l'on pense. "Ni kè"... ce n'est pas forcément niquer son prochain.

Continuer à être rangé dans le casier "classe politique", supposée être une addition simple de grandeurs de même nom autour de mêmes intérêts ou être un représentant élu de mes électeurs ? Mi kèsyon la mi! ( That is the question).

La première situation arrange tout le monde, même les embusqués. Ça permet de ne plus s'interroger sur la volonté réelle du peuple, en trouvant un bouc émissaire à bon compte. La seconde, dans la situation présente de l'après cyclone, permettrait de rebondir sur la carence de l'Etat français, pour me ressourcer dans ce que que je représente: la volonté souveraine du peuple guadeloupéen.

Mais voilà, que veut vraiment mon peuple ? Que veut-il que je fasse ? Demander au seul Etat français , l'aumône de l'aide à laquelle nous aurions droit, en faisant valoir l'idée que je suis le couteau qui seul connaît le fond du cœur du giraumon. Je crois que la représentation politique de la Guadeloupe , toutes tendances et fonctions confondues, est pour une fois unanime dans cette démarche.

Cependant, du côté du peuple, on trouverait que la demande n'est pas assez "couillue": suppliez, mais avec plus d'autorité, messieurs et dames ! Si bien que, parmi nos élus, c'est désormais à qui gueulera le plus fort ou usera de ses relations avec l'Autorité politique française pour pistonner la Guadeloupe.

Finalement, je suis fort aise de ne pas en être. Je reste, cependant, douloureusement guadeloupéen. Ici, c'est une complicité paradoxale, avec un jeu de rôle conflictuel liant le peuple et ses représentants, voire même aussi la France, qui se rejoue à chaque scrutin. Comme un masko qui n'en finit pas...Pas vu, pas pris.

J'aimerais qu'en la circonstance, la Guadeloupe, vu qu'elle est à même d'évaluer sans l'aide de personne ce dont elle souffre et la nature des aides nécessaires, ne soit plus esclave de cette autre manière d' EXCLUSIF COLONIAL, dans l'aide humanitaire.

La Dominique, plus abîmée que nous, mais plus grande en stature politique, peut, du haut de la tribune de l'ONU, au nom de son peuple, en appeler à la solidarité de toutes les nations du monde. Qu'elle ne soit pas entendue par toutes, ce n'est pas là le problème. Tout le monde sait en tout cas, qu'elle existe dans le monde et peut y faire entendre sa propre voix.

Comparaison n'est pas raison, certainement, mais peut prévenir toute déraison, qui consiste à s'accroire, enfermé dans sa bulle. En vue de l'unique exploit d'une supplique tonitruante à notre Mère-Patrie.

Petit rappel: Inventer sa propre Loi, à sa convenance. C'est la racine du mot "Autonomie", recouvrant l'idée d'autodétermination d'un peuple. Ou gran ? Ében, pwan kaz a'w !

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Frantz Succab

Frantz Succab est un journaliste indépendant en Guadeloupe et est auteur dramatique et militant culturel -citoyen. Membre du Kolèktif pou Sové Gwadloup (KSG).

Connectez-vous pour commenter

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires