Elections : Ce qu’on vous cache…

13 Jui 2017
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82 candidats et une abstention qui touche les 80 %, c’est la réponse somme toute logique d’un électorat qui se révolte contre ses élus. Il se révolte car il est plus que saturé par ces élections à répétition qui, dans le fond, ne changent en rien le paysage socio-économique du pays. C’est cela la réalité.

Il y a bien longtemps que les électeurs guadeloupéens ne marchent plus au son des trompettes de nos hommes politiques qui sont, eux, restés scotchés au vieux schéma d’antan. Les réseaux sociaux bien que hyper-utilisés, ont tout de même contribué à modifier la donne. Mais d’un autre côté, et c’est le revers de la médaille, les candidats-WhatsApp qui ont cru qu’il suffisait de poster une image, une déclaration ou une intox toutes les 5 minutes pour convaincre les électeurs, ont donc compris qu’un community manager ne fait pas gagner une élection. Pour la com’, tout est donc à revoir !

80 % d’abstention ? Oui, car quand on totalise les abstentionnistes, les bulletins blancs et qu’on y ajoute la masse des non-inscrits, on s’aperçoit que les élus, même quand ils sont soit-disant « bien élus », ne sont plus guère représentatifs de la majorité du peuple… des électeurs. On ne le dit pas assez mais c’est ce qui se passe depuis des années, à chaque élection, est très grave car le divorce entre la classe politique et élus est récurrent, le désintérêt marqué pour la participation au soit-disant « jeu démocratique » est le signe d’un profond malaise. 

Les chiffres sont cruellement éloquents. Pour être qualifié pour le second tour, la loi électorale française dit qu’il faut rassembler sur son nom un minimum de 12,5 % des inscrits. 

Hélène Vainqueur arrive péniblement à 9,97 %, Justine Benin se traîne à 5,22 %, même en additionnant les scores de Nestor Luce – l’inconnu de la 3e circonscription (3,13%) et ceux de Max Mathiasin (2,74%), ces deux candidats « qualifiés » restent très loin des 12,5 %.

Olivier Serva, le mieux loti, ne fait lui que 10,82 %. Ces résultats chiffrés sont un véritable désastre pour une classe politique qui reste autiste et peu enclin à se remettre en question.

On a entendu samedi soir, Harry Durimel, en jetant l’éponge, pester contre le fort taux d’abstention. Un autre Ary (Brousillon) bombardait quant à lui de SMS pleurnichards ses électeurs pour tenter de les convaincre de ne pas bouder les urnes. Le pauvre Broussillon n’a fait que 0,9 % des inscrits.

Hugues Ramdini lui, a confondu notoriété immédiate et intention de vote. Il se ramasse avec moins de 2 % de l’électorat, lui qui se voyait déjà...

Bien entendu, les rescapés du 1er tour sont déjà tous en route, en tractations, en appels au secours, etc.. Et qui sait, si l’entre-deux tours n’était pas si court, peut être même qu’un autre bon petit sondage bien gratiné, serait venu pimenter la sauce.

A coup sûr, Qualistat aurait encore mis hors d’eux, tous ceux qui ont affirmé, mais sans preuve irréfutable ou fait mine de laisser croire que ce sondage « commandé » par la télévision publique pouvait orienter les choix des électeurs. Sur bien des points, ce sondage a été en deça de la réalité. A-t-il profité à un candidat en particulier ? Ni Bernier, ni Mathiasin donnés en tête ne peuvent le dire. Ceux qui connaissent le terrain savaient qu’avec ou sans sondage « commandé », Serva était en pôle position et Rauzduel n’est pas encore un poids lourd.

On savait aussi qu’Hélène Vainqueur, bien soutenu par Lurel, a su profiter de la cacophonie capesterienne et de l’improbable et pas du tout crédible attelage Courtois-Arbau.

Mais au-delà de cette élection, un autre problème se pose. Souvenons-nous, il y a de cela à peine 18 mois, Ary Chalus remportait l’élection régionale. Autour de lui, des hommes et des femmes avaient tous promis et juré de changer l’avenir de notre pays (sic). Or, qu’avons nous constaté ? Olivier Serva, Diana Perran, Jean-Philippe Courtois, Sylvie Gustave dit Duflo, tous et pas des moindres vice-présidents de La Région, ont décidé d’oublier pour un temps leurs promesses au peuple guadeloupéen pour tenter de conquérir un mandat de député français.

Faut-il alors penser que tous les problèmes dont ils ont la charge à la Région, ont été tous résolus en moins de temps qu’il ne faut pour le dire ? Faut-il plutôt croire que ces VP veulent déjà quitter le navire ?

Autre hypothèse : est-ce que l’absence de perspectives à la Région est à ce point si grave que les vice-présidents ont voulu ainsi aller voir ailleurs ce qui s’y passe plutôt que s’emmerder dans un Région en totale stop over ? Et Chalus, lui-même, n’était-il pas prêt à « voyager » si Emmanuel Macron avait pensé à lui pour un maroquin ?

Ce qui est sûr, c’est que La Région d’Ary Chalus n’a toujours pas trouvé sa vraie vitesse de croisière.

Oui, on a souvent vu le président au bord des routes de Guadeloupe inaugurant sous l’oeil des médias des bretelles que son prédécesseur avait négligé .

 

On a aussi vu le président Chalus à mobylette ou en coupeur de noix de cocos. Mais est-ce suffisant pour faire avancer le pays ?

On a aussi chamboulé tout l’organigramme des chefs de service à la Région au point qu’on ne sait plus vraiment qui fait quoi, où, quand et comment. La machine est passablement en panne. Les décisions tardent. 

Certains conseillers régionaux ne cachent pus leur désarroi tant ils ont le sentiment que rien n’avance vraiment et qu’ils sont là pour être là … mais qu’ils n’ont pas le pouvoir.

Ary Chalus  serait- il déjà   entrain de perdre  la main ? La question se pose même dans le 1er  cercle des intimes.  2020 ce n’est  plus si loin. Et on sent bien que dans l’ombre certains se préparent déjà au cas ou...

 Car  à vrai dire, politiquement,  ces législatives, ont  déjà semé une belle confusion aussi bien dans les communautés d’agglos qu’à l’intérieur même de la Région. C’est peu  dire que d’annoncer que  des inimitiés vont se développer ou  que l’ambiance après le 18 juin sera morose au sein même de la  majorité Chalussienne. Il faudra gérer.

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Si Perran et Arbau ne gagnent pas samedi prochain, Chalus sera  très mal. Car il s'est engagé au second tour.

 

Si Olivier Serva confirme son avance et l’emporte, qui pourra freiner son « balan » ? Certains commentateurs l'annoncent déjà comme un possible challenger de Chalus. Qui peut aujourd’hui prédire l’avenir de Serva ? Pas même Qualistat !

Les deux mois à venir seront  très « studieux »  car en  septembre, on  remet ça pour les sénatoriales : tractations, petites enveloppes et peaux de bananes seront au menu.

Au fait qui a le plus profité de ces élections ? Sans nul doute, les imprimeurs. Ils n’ont pas eu à se plaindre … mais que de papier gâché ! Et tout ça pour ça ? 

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

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