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Un système en faillite de lobbies coloniaux et un pays exsangue et à la dérive

18 Mai 2017
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Rompre avec l’ancien. Avec ces élections et leurs aspects inédits appelant à un renouveau, une  frontière a été dépassée. Ce changement de paradigme initié par le nouveau président, autorise des mobilisations, des réflexions, un engagement  de la société civile  afin de rompre avec des pratiques d’une classe politique obsolète, devenue autiste aux problèmes du pays.

La fin des illusions partisanes et cette incapacité des partis de gouvernement à mettre la France et les outre-mers en marche, incitent à une nouvelle espérance. C’est le  message que porte Macron soutenu par de nombreux citoyens, des pans entiers de la société française, fatigués, éreintés par la politique clanique, les petits jeux politiciens, les arrière-pensées électorales et les combines en tout genre. 

Errare humanum est, perseverare diaboli- cum. Quand un  système est à bout de souffle, il est à réinventer. Il s’agit d’extirper  le citoyen des prisons idéologiques, et de rompre l’influence maléfique de gourous narcissiques et vaniteux, de professionnels de la politique. C’est dire l’urgence qu’il y a de  proclamer l’état de verticalité. Et  rentrer sans tarder  en résistance ouverte contre l’inefficacité de nos parlementaires.

Et des parlementaires, nous en avions eu. Légitimus, Boisneuf, Candace,  Valentino, Dain… pour ne citer que ceux qui ont laissé dans la mémoire collective qu’un nom à nos rues ou à des écoles. Quant aux modernes, sous De Gaulle à Hollande,  ils ont persisté et cautionné ces politiques faisant de nous des citoyens de deuxième zone. Des « résidents » de la France d’en bas en bas et de l’abject assistanat. Il faut ici lire l’article de J. Durizot , «la République des nègres » dans notre numéro  N° 3123.

Quand on regarde l’état l’indigence de notre économie, c’est à se demander où étaient leur priorité. Etait-ce de soutenir benoitement un parti au pouvoir en France, en contrepartie de quelques postes ministériels ou d’une investiture. Tous nos parlementaires, ont-ils été uniquement des commanditaires dociles à la botte d’un système en faillite de lobbies coloniaux, archaïques ? Ont-ils manœuvré  dans les tractations électorales, captant nos passions et notre naïveté, uniquement pour devenir des professionnels de la politique. Confortant ainsi un revenu, évitant une période chômage ?  Pourquoi  ont-ils  été aussi déconnectés des problématiques endogènes ?

Quid du slogan Guadeloupe d’abord, quand des partis en France se réclament des travailleurs, du libéralisme, de l’identité nationale. Tandis que chez nous nous sommes ouverts à toutes les obédiences idéologiques ! Et maintenant lepéniste.  Mais quel intérêt direct pour notre peuple qu’un leader indigène puisse donner chez nous, le plus grand nombre de voix à un leader hexagonal ?  Et puisse ensuite  s’en s’enorgueillir ! Et surtout sans contrepartie pour rattraper  les retards abyssaux dans tous les domaines avec l’hexagone. Oui il faut cesser de s’inviter au carnaval des autres, quand le pays exsangue est à la dérive. Une dérive sans précédent sur le plan sociétal, économique et moral.

On ne construit pas dans le vide et encore moins dans la dénonciation, sans pouvoir énoncer. Des députés cependant, il en faut. Mais avant qu’ils ne soient Hamon compatible, Le Pen compatible, Mélenchon compatible, Fillon compatible, Macron compatible,  exigeons, qu’ils soient d’abord Guadeloupe compatible pour qu’ils puissent entrer  dans notre panthéon.

Alors qu’il fallait plaider pour un plan Marshall et cela depuis 1946, qu’ont-ils fait,  sinon de  contenir nos hontes, canaliser et édulcorer nos légitimes colères. La question est de savoir s’ils vont encore se comporter en géreur de plantation. En courtisan, en dirigonflis. Plus soucieux de l’attention du maître à leur égard avec de petits privilèges comme l’impunité pénale pour eux et leur clan,  plutôt que tout tenter pour sortir de la misère et la désespérance ceux,  dont ils étaient censés être les meilleurs représentants. Combien de lois qui portent leur nom, attestant d’un acquis pour nos pays. Alors que nous sommes en état d’urgence, de putréfaction, on nous demande d’attendre encore 10 ans, sans rire. Une patience infinie sinon coupable, pour que la loi sur l’égalité réelle portée par Victorin LUREL, deviennent effective dans les faits. Les farceurs !

C’est vrai, les politiques et pas uniquement chez nous, passent leur temps à recourir aux conseils d’experts, de grands cabinets, recrutés par eux, qui leur donnent une parole qu’ils ont envie d’entendre. Et payés généreusement avec nos deniers. Ils ont ainsi pris l’habitude de ne pas être contestés. Et on leur a laissé faire ! 

Au nom des jeunes générations. A celui de nos pères, et à nos valeureux martyrs  du mois de mai,  nous disons stop à ces politiques qui nous ont interdit l’excellence et la dignité.  Etre toujours les derniers de la classe. Citoyens de deuxième zone. Ce n’est pas acceptable. Ce n’est pas un destin.

Pa ni volè san soutirè. La responsabilité est ici collective.  Après avoir trop  fermé les yeux les oreilles, la bouche, l’odeur  du mal vivre, et des complices silences,  deviennent pestilentielles. Stop ! Il faut une autre respiration !

Le peuple de la Guadeloupe est un peuple de géants. Exigeons donc  davantage de nos élus. Exigeons non pas de belles promesses  mais des résultats. Du palpable, du concret !

Il n’y a pas de fatalité. Le débat  chez nous, ne peut se résumer  à une  cette question sempiternelle. Vaut-t-il encore la peine de mettre un bulletin dans l’urne ?  Oui. Voter  utile,  c’est voter Guadeloupe d’abord !

RJC

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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