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Lurel et Penchard peuvent-ils ressusciter ?

10 Mai 2017
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En décembre  2015, Ary Chalus, dans un registre pas trop éloigné du nouveau président de la République française « ni gauche ni droite », étrillait Victorin Lurel et s’emparait du fauteuil de président de La Région Guadeloupe. Woulo bravo ! Un coup d’essai mais un coup de maître pour cet homme politique que Lurel avait  totalement sousestimé en ne voyant pas poindre  à l’horizon  son  déclin politique . Oui, c’est bien d’un déclin qu’il s ‘agit pour celui qui fut, dit–on  le  grand metamannyok de 2003 à 2015.

À peine cette « présidentielle» version gwada achevée que nos hommes politiques se « mobilisaient » déjà  pour les prochaines consultations françaises. Nous étions qu’en début d’année 2016 que déjà certains comme Olivier Serva, Dominique Théophile, Sonia Petro, Hughes Ramdini, Justine Benin et Max  Mathiasin parmi les plus emblématiques, commençaient à regarder du côté des élections législatives. Curieusement, les députés en place mais en fin de cycle, Victorin Lurel, Eric Jalton,  Gabrielle Carabin et Ary Chalus, ne  donnaient  aucun signe, aucune consigne.

Ce vrai « faux  suspense » a duré pratiquement toute l’année 2016 mais cela  n’a en rien empêché les  grandes manœuvres pré-électorales.

Ainsi Ary Chalus s’est considérablement «  rapproché » de Guadeloupe Unie Socialisme et Réalités (GUSR) des Larifla-Losbar. Le GUSR  qui s’est  d’ailleurs  empressé  plus  tard  de sucrer le mot « socialisme » de son identité et de son ADN. Philippe  Ramdini lui, décide de lâcher le PS et Lurel. Dominique Théophile  annonce très tôt (trop ?) sa candidature future aux régionales. Il sera disqualifié. Olivier  Serva organise à tour de bras des « midi minuit » aux Abymes qu’il considère être comme sa terre  d’élection. A Basse Terre, Sonia Petro  commence à prendre ses distances vis à vis de Marie Luce Penchard (MLP). Elles se détestent mais du fait qu’elles sont  toujours théoriquement dans la même famille politique, elles  tentent en public de donner le change car les primaires de la droite et du  centre sont à l’horizon 2017. Au bout du compte, Sonia Petro s’en ira. Mauvais coup pour MLP.  Les municipales de 2020 se préparent déjà et  l’avenir s’assombrit pour MLP. En  aout 2016, Emmanuel Macron qu’on croyait  être le «  dauphin » de François Hollande quitte subitement  le navire  gouvernemental et se met en marche. Lurel est perdu, pris à contre-pied. Une fois de plus il n’avait prévu le coup, lui qui espérait une candidature Hollande pour se  refaire une santé en Guadeloupe.

Nos politiques qui ont toujours les yeux braqués sur leur « mère-patrie » ont eux compris que l’avenir c’est Macron. Ils ne vont pas tarder à le faire savoir. La machine électoraliste franco-guadeloupéenne se met en branle. Chalus roule désormais pour Macron. Les primaires de la droite et du centre consacrent l’échec de Juppé et Sarkozy. À contrecoeur, la droite  franco-guadeloupéenne des Penchard-Chaulet-Petro et Molinié est contrainte de « suivre » Fillon. Marie-Luce Penchard qui visait grâce à une victoire de Juppé aux primaires puis à la présidentielle un fauteuil ministériel, est comme Lurel mise hors course. Elle sera obligée en se pinçant le nez de « supporter » Fillon, quelques jours avant sa mise en examen. Même topo à gauche. Après les primaires citoyennes de la gauche, Lurel et ses amis du PS qui avaient à défaut tout misé sur Manuel Valls, sont obligés de bouffer leur chapeau et de soutenir mollement Benoit Hamon. C’est vraiment là, le début de la fin.

C’est donc dans ce paysage politique dévasté que les représentants en Guadeloupe des partis traditionnels de « gauche et de droite » françaises  vivent la campagne pour la présidentielle française. Les percées du colonialiste de gauche Mélenchon et de la nationalitaire de droite Marine Le Pen, bien que pas très présents sur le terrain, sont là pour prouver si besoin, que les rares électeurs (60% d’abstention !) veulent une autre offre politique.

Aussitôt le premier tour bouclé et l’annonce faite d’une possible victoire de Macron, on s’active à refaire le match ! Ceux qui n’avaient pas pris le bon wagon s’empressent d’embarquer dans le «  train Macron ».  Le 7 mai, il  entrera en Guadeloupe avec 75% des votants. Lurel et Penchard, les deux anciens ministres des dernières colonies sont cette fois sur la touche ou presque, politiquement morts. Une fois de plus, c’est Chalus qui mène le  bal et ramasse la mise. Il voudrait même être lui aussi ministre !

À peine cette présidentielle terminée qu’on entre de plein pied dans les législatives. C’est  donc parti pour deux mois de luttes intestines, de petits et gros coups bas, de chiraj, d’alliances et de mésalliances. Ils sont en moyenne plus d’une dizaine par circonscription à briguer un mandat à l’Assemblée nationale française. Ils partent tous à la chasse aux suffrages. Comme la mode est au Macron, tout le monde voudrait avoir l’étiquette et la marque déposée, déjà interdite à Manuel Valls et sans doute à bien d’autres demandeurs et peu d’élus ! Lurel et Penchard sont eux toujours sur le bord de la route. Ils  tenteront de faire du stop mais quel va être leur destinée ?

À peine les législatives terminées, ça repartira pour un tour. Prochain match électoral : les sénatoriales en septembre et certains préparent déjà les municipales de 2020 et les régionales de 2021. Les politiciens de la Guadeloupe ne font que cela, des combats de coq électoralistes. Pendant ce temps le pays coule mais ils s’en fichent. Drôles de politiciens.

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

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