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Présidentielles françaises : Qui ?

16 Mar 2017
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A chaque élection c’est la même rengaine. Pléthore de “petits” qui entendent mordicus participer  à la présidentielles ? Pour 2017, sur la ligne de départ près d’une centaine de candidats a manifesté son intention. Pourquoi cette inflation de candidatures alors qu’il n’y aura qu’un seul gagnant ?

Il est vrai, qu’aucune loi, même celle de la raison ou de la sagesse, ne peut empêcher un homme ou une femme dans notre République de déclarer  son souhait, (nous précisons son souhait),  de devenir président de la république. Et donc de réclamer un formulaire d’inscription pour  espérer voir son nom imprimé sur les bulletins de vote le 23 avril prochain.   Notons que c’est d’ailleurs pour freiner les appétits et décourager les farfelus, que le Général de Gaulle avait fait établir la règle des 100 signatures d’élus pour participer à l’élection. Mais le nombre de candidats ne cessant d’augmenter, une réforme a été votée en 1976 obligeant les prétendant à obtenir 500 signatures provenant d’au moins 30  départements différents sans dépasser 50 signatures par département. Ce système a été récemment modifié. Il ne faut désormais pas dépasser 1/10è des signatures par département. En outre, le candidat potentiel ne doit plus récupérer lui-même les signatures. C’est l’élu qui transmet sur un formulaire idoine, sa signature au Conseil Constitutionnel. Ce parrainage est désormais public.

Pourquoi diable, tous ces candidats insistent-ils donc en affichant publiquement leur intention, alors que nombre d’entre eux,  pour ne pas dire la plupart, savent pertinemment qu’ils n’obtiendront pas le sésame du Conseil  Constitutionnel à la date limite du 17 mars.

Si certains se sont engagés dans les primaires organisées par leur parti. D’autres sont passés outre et entendent juste goûter à un peu d’exposition médiatique. Ou mieux encore se faire une pub “gratuite” pour les législatives et se placer dans le microcosme politique pour les échéances futures.  D’autant que ceux qui auront la possibilité finale de se présenter sauront négocier leurs voix ou leur temps d’exposition. En outre, ils recevront automatiquement une avance de frais de 153.000€ de la part de l’Etat.

Parmi ces “petits” candidats — ceux qui n’ont pas derrière eux la machine du parti ­—  certains ont été ministres comme  Michèle Alliot-Marie,  Rama Yade, ou grand conseiller comme Guaino. Tandis que d’autres sont moins connus du grand public comme  Philippe Poutou, Jacques Cheminade, François Asselineau, Jean Lassalle,  Oscar Temaru, Antoine Waechter, Carl Lang. Ou ceux qui disposent de mouvement contre les partis traditionnels comme Stéphane Guyot (Parti du vote blanc), 47 ans, fleuriste, et Sébastien Nadot (Mouvement des progressistes).

Obtenir les indispensables 500 parrainages d’élus, c’est un parcours souvent solitaire de persévérance. D’autant que  les formations politiques entendent faire carrément un choix sélectif. Et font  barrage en intimant l’ordre à leurs élus de ne pas cautionner d’autres candidats que celui du parti sous peine de sanctions internes. La nouvelle réforme, qui rend public le nom des parrains renforce encore plus leur emprise.

Par ailleurs, le Conseil Constitutionnel qui reçoit directement les parrainages ne suspend pas l’arrivée des nouvelles signatures quand le décompte est atteint. Conséquence, certains candidats peuvent obtenir 2 ou 3000 signatures. Alors qu’auparavant, le candidat qui avait atteint le chiffre de 700 ou 800 signatures cessait d’en collecter. Or toutes celles qui ont été envoyées au Conseil ne peuvent plus bénéficier à quelqu’un d’autre et sont perdues pour les autres « petits » candidats.

Mais les esprits rebelles sont partout ! D’autres disent démocratiques car favorisant la pluralité des expressions dans le débat. C’est ainsi  que François Asselineau, Nicolas Dupont-Aignan  et Nathalie Arthaud ont dépassé le seuil des 500 parrainages. Pour les autres les choses se compliquent. Mais est-ce là, comme nous l’avions souligné leur seul objectif ?

Pour la liste officielle et définitive des candidats autorisés à la candidature, il faudra être patient. Et attendre le 17 mars pour connaître la liste des retenus. Le  Conseil devra en effet,  vérifier si les candidats remplissent tous les critères (notamment la répartition sur les départements) pour être éligibles. Sur les 42000 élus pouvant parrainer un candidat, environ 15000 seulement en moyenne envoient leur signature.

 Si les primaires ont montré que les chefs charismatiques n’avaient plus la main sur des militants, trop fidèles aux dogmes. Il n’en reste pas moins vrai que le rôle des partis et de leurs barons restent encore prépondérant. Ne serait-ce que pour aller faire campagne sur le terrain. Et pas seulement sur internet, devant un micro ou face à une caméra. 

Il n’est un mystère pour personne  qu’après le verdict des urnes, les partis traditionnels vont connaître de grands bouleversements en interne. On le voit bien avec ceux qui de droite du centre ou de gauche prennent le train Macron. Et le font savoir, comme l’ex-maire de Paris, du ministre Baylet, et le président de l’Assemblée nationale. Ceux qui au PS ne pardonneront jamais aux frondeurs du PS devenus comme par enchantement si discrets. Comme l’ex premier ministre Walls qui a renié son engagement des primaires. Est-ce là, l’adhésion de certains “Hollandais” à la campagne de Hamon. Car ils n’entendent pas laisser le parti aux seuls sociaux-démocrates, les “frondeurs”  qui ont mené une vie si dure, aux différents gouvernements de Hollande.

Il est vrai, que gouverner c’est maîtriser l’art de l’écartèlement, du poignard, du poison et du baiser de judas. En un mot c’est l’art du compromis.

Quitte à donner le tournis à ceux qui ont mis trop de cœur, de naïveté. Et  pas assez de discernement et de réalisme dans la politique.

JCR

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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