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Nèg/Zendyen : Il faut vraiment en finir avec le communautarisme et ces bad buzz !

06 Aoû 2020
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L’année culturelle Sidambarrom, qui a débuté en janvier, devrait permettre à la majorité de notre peuple de (re) découvrir l’action de cet indo-guadeloupéen qui s’est battu sans relâche de 1884 à 1923 contre la justice coloniale française. Henry Sidambarrom voulait en effet que les travailleurs indiens arrivés en Guadeloupe à partir de 1854 soient considérés comme des hommes, comme des citoyens, au même titre que ceux qui vivaient dans la colonie.

Ce combat de Sidambarom ne peut que nous inspirer du respect, car il s’inscrit dans la lutte multiforme et historique des Guadeloupéens de toutes origines ethniques (Des kalinas, des Afros descendants et des Indos Guadeloupéens) contre le colonialisme français.

On ne le dit pas assez Sidambarrom est d’abord un humaniste qui déjà à son époque dénonce le racisme anti indien des autorités coloniales…

Mais la stigmatisation des indo-guadeloupéens à encore une certaine actualité et ouvre parfois la porte souvent à des dérives.

Faut-il encore dire, écrire, répéter que la société guadeloupéenne, née dans la colonisation française est multi-ethnique.

Les descendants des Africains réduits en esclavage, sont pour l’heure majoritaires en Guadeloupe, mais les indo-guadeloupéens arrivés après le pseudo abolition de l’esclavage ont eux aussi contribué à la construction de notre pays.
Sait-on que les indo-Guadeloupéens du seul fait, qu'ils ne pouvaient pas à leur arrivée dans la colonie, s'exprimer que dans leur langue native, ont dû utiliser pour communiquer le « créole nègre",  ils sont de facto devenus le conservatoire de notre langue nationale, car les indo-guadeloupéens ont été souvent monolingue.

L'apport des indo-guadeloupéens à notre patrimoine culinaire est si importante que le plat national guadeloupéen n'est pas la soupakongo ou le bébélé mais bien le kolonbo ! c’est dire comment la cuisine indo-guadeloupéenne a fortement marqué notre palais !

Mais on ne peut pas non plus nier, que jusqu’à très récemment encore, les indo-guadeloupéens ont été souvent ostracisés, stigmatisés par les guadeloupéens afro-descendants et ces blessures souvent très profondes ne sont pas encore tout à fait cicatrisées.... Kouli malaba, zendyen pa ni rat etc…

Tous ces quolibets dont ont été victimes les Guadeloupéens d’origine indienne, sont encore même en 2020 dans tous les esprits. Mais progressivement, la société guadeloupéenne, a semblé s’apaiser et s’est « migannée ». Il n’est même plus étonnant de trouver des Guadeloupéens phénotypés afro-descendants portant des patronymes d’origine indienne : Sidambarom, Hatchi, Moutoussamy, Ramassamy… etc… C’est dire comment en moins d’un siècle, les clivages ethniques ont été dépassés par l’amour. Pourtant, il est curieux de noter que dans la société guadeloupéenne, les enfants nés de parents indo-guadeloupéens et afro-descendants sont curieusement toujours appelés " bata zendyen, jamais bata nég !!

Mais, la quête identitaire génère aussi que dans notre Guadeloupe de 2020, des tendances afro-centristes que certains qualifient de « noirisme ». En fait, les Guadeloupéens afro-descendants depuis quelques années, souhaitent réaffirmer leur africanitude et prennent parfois des postures excessives.

Il en est de même pour certains indo-guadeloupéens, qui se montrent extrêmement chatouilleux lorsqu’une remarque critique est faite à l’égard d’un des leurs. Cela devient à leurs yeux du racisme.

Ces comportements sont la preuve que certains pataugent dans une forme d’intégrisme qui ne dit pas son nom, il convient de rappeler que le peuple guadeloupéen comme disait Mandéla pour le sien est aux couleurs de l’arc-en-ciel.

PS. Oups ! Je suis bien obligé de parler de 2 vaines polémiques, qui viennent une fois de plus agiter le microcosme des réseaux sociaux.

1 / Dans un post qu'on peut qualifier de maladroit ou de mal informé, Xavier Cordoval s’est indigné que la 2ème Édition du « festival du kolonbo » - notre plat national - organisée dans le cadre de l'année Sidambarom se tienne sur l’esplanade à l’extérieur du MACTE.

Notre ami Xavier semble confondre allégrement, un Festival et un midi minuit ; il n’a sans doute pas compris que ce Festival hors des murs du Macte n'a rien à voir avec la programmation officielle. Mais, qu’il s’agit là d’une occasion de plus pour permettre aux Guadeloupéens de toutes origines ethniques en dégustant un bon kolonbo, de se retrouver pour célébrer Sidambarrom. C’est, d’ailleurs son arrière-petit-fils l’universitaire Cheddi Sidambarrom qui a tout mis en place : il n'y aura donc pas que du kolonbo Xavier rassure toi !
Je n'ose pas croire que Xavier ait un problème avec cet élément gustatif de notre gastronomie ! Car en 2020, Kolonbo la a pa anki on biten a zendyen, sé ta tout gwadloupéyen !
Sur cet espace du Macte, il y a eu déjà un nombre incalculable de manifestations afro-descendantes ! Tu ne peux pas l’ignorer, Xavier !

2/ Autre dérive : celle du patron du Gopio Michel Narayaninsammy ; ce dernier s’indigne à son tour que le JT de la chaîne publique utilise en arrière-plan l’image du bâtiment le plus emblématique de notre pays le Macte !

« En effet, depuis cinq ans, en ouverture du journal de 19 h 30, Guadeloupe la 1ère nous offre en fonds d'écran une image symbolique du Mémorial Acte. Si au début, cela n’a choqué personne, car chacun estimait que la promotion de cette structure symbolisant le drame de la traite négrière et de l’esclavage allait de soi.  En imposant de manière permanente cette seule image à toute la population, elle agit de manière consciente ou inconsciente sur nos pensées et actions. C'est ce qu’on appelle dans le jargon de la communication « la contamination mentale » par effet d'optique ».

En fait, le boss du Gopio le suggère implicitement ; il eut été préférable de mettre une image du Temple Hindou de Changy pour faire bonne mesure ! Comprendre par-là, que Michel Narayaninssamy revendique son indianitude et donc exige pour cela une visibilité pour sa « communauté ». Ça rime à quoi ?

Quand donc déciderons nous d’être juste Guadeloupéen et de cesser autant chez les Afro-descendants, les « blan-matinyon que chez les indo-guadeloupéens » d’agiter ces formes sournoises de communautarisme qui ont déjà fait tant de mal à Trinidad, au Guyana et au Surimam ? 

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

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