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L’appel du peuple

07 Déc 2018
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Les éditorialistes, les politiques, les syndicats, les élus locaux…Tous semblent pris de court par l’ampleur et le déroulement des manifestations des gilets jaunes. Ça se déchire en permanence sur les plateaux télé, à l'image de la France.

Envolée l'euphorie nationale de la coupe du monde, oubliée la solidarité nationale après les attentats. Place à l'hystérie nationale! Vanité, tout n'est que vanité...Dans cette crise ouverte nous ne sommes plus dans une jacquerie fiscale. Nous sommes désormais dans une insurrection citoyenne lancée par les extrêmes droites et gauches qui dérive vers une tentative de putsch.

Il s'agit d'un mouvement autoritaire et anarchiste, individualiste et populiste dans sa conception et dans son action. Relayé goulûment par des médias en divorce du président, puis ensuite avec effarement, ce mouvement est une confrontation directe du président avec une partie (autoproclamée grâce aux sondages) représentative de la majorité du peuple.

Il faudrait que le président s’exprime car c’est après lui que les gilets jaunes en ont. Il doit ouvrir des perspectives conformes non pas à la bureaucratie de Bruxelles et de Bercy mais à l'appel du peuple (pas les gilets jaunes mais les 70% qui les soutiennent). Macron cristallise les mécontentements. On le voit sur les messages inscrits sur les gilets jaunes : « Gaulois réfractaire », « Macron, démission », « On t’oubliera pas »…

Les gilets jaunes perçoivent (comme le peuple) le caractère hautain, parfois le mépris, des déclarations inopportunes et répétées du président qui reste un chef d'Etat légitime et qui veut réformer son pays.

La représentation nationale actuelle au sein de l'assemblée nationale n'est plus conforme aux aspirations politiques de la majorité des français et plus représentative du tout (elle ne l'a jamais été en fait). Dès lors une dissolution malgré les risques sinistres qu'elle comporte est logique en l'Etat.

L'exécutif est quasiment en état de cohabitation ouverte...Et Marine Le Pen est aux portes du palais ! Le gouvernement a trop fait preuve de maladresse, voire d’amateurisme.

Pourquoi Édouard Philippe a-t-il annoncé le 28 novembre, alors que personne ne le lui demandait, qu’il n’y aurait pas de coup de pouce au SMIC ? : c’est quelque chose qui se fait dans le cadre du dialogue social.

Le gouvernement doit relever les bas salaires, ouvrir immédiatement une grande discussion avec les organisations syndicales représentatives et proposer une réforme constitutionnelle donnant plus de pouvoirs au parlement.

Et il est surtout impératif qu’il concilie justice sociale et transition écologique.

 

Didier DESTOUCH

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