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Gardons nous d’être malade en ce moment !

06 Déc 2017
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Qu’une partie du CHU brûle, et c’est tout notre système de santé qui est à nu. Il a fallu ce grave incendie pour se rendre compte des erreurs commises au cours des dernières années. Pourquoi avoir tant tarder à reconstruire le CHU ? Pourquoi avoir voulu tout centraliser dans un CHU bien mal en point en déshabillant les autres hôpitaux, et en particulier le CHBT ? Au point que nous soyons à la merci de la moindre catastrophe accidentelle, naturelle, humaine ou industrielle. Oui gardons-nous d’être malade en ce moment ou d’être en urgence médicale a déclaré Gaby Clavier, l’infatigable syndicaliste, spécialiste des problématiques de santé chez nous. Et malheureusement, ces propos certes caricaturaux, n’ont rien d’excessifs comme le pensent certains. Les vérités ont aussi leur brutalité.

Et gênent d’autant qu’elles renvoient à des responsabilités, qui mettent en question le bien-fondé des choix davantage imposés que concertés, d’administrateurs, de ministres et de politiciens locaux. Les conséquences désastreuses de la gestion de nos biens publics essentiels, comme l’eau, la santé, les déchets, celles dont les populations sont les premières à en pâtir, sortent les nombreux cadavres planqués dans le placard.

Tous ces ratés, montrent l’étendue des conséquences de cette mal gouvernance chez nous. Et comme semble le dénoncer la cour des comptes à l’encontre de nos élus, le tintamarre des casseroles en ce moment, fait un bruit encore plus insoutenable que les vents de Maria. Quand il y a tant à faire dans le secteur public (hôpitaux, écoles, sécurités, équipements sportifs…prisons), l’argent qui ne coule pas à flot, surtout en temps de crise, doit être dépensé à bon escient. Nous ne reviendrons pas sur la dénonciation d’une gestion uniquement comptable, d’autres disent uniquement libérale, de la santé au détriment de l’humain. S’il est vrai que les seuls moyens financiers ne garantissent pas toujours un résultat probant, il en faut cependant pour rentabiliser les objectifs et optimiser les  missions.

Rappelons que s’il fallait appliquer les mêmes taux de couverture médicale en Guadeloupe que dans l’Hexagone, il ne faudrait pas moins de 400 médecins supplémentaires chez nous. C’est dire à quel point nous sommes toujours  sous-équipés, hors normes, voire discriminés dans tous les domaines. La vétusté du CHU et sa non-conformité aux normes parasismiques sont connues de longue date. Et pourtant rien n’a été fait pour reconstruire au plus vite un CHU aux normes et sécurisé. Bien au contraire. Si tout va bien, le nouvel hôpital ne sera opérationnel qu’en 2022. Inch Allah ! Pourtant, tous ces dysfonctionnements que ce soit au Progrès Social, dans la rue ou dans les grandes messes, ont été dénoncés en tout temps par les consommateurs, les contribuables ou les  syndicats.

La question est de savoir pourquoi persistent-ils ? Quand on sait qu’il suffit de changer un administrateur, un préfet ou un ministre pour que les engagements ne soient plus tenus et reportés aux calendes grecques. Je me rappelle, par exemple, de la visite de la prison de Basse-Terre en 1986 par le Garde des Sceaux de l’époque Albin Chalandon .

Extrêmement bouleversé par ce qu’il avait vu, il avait aussitôt déclaré urgente la construction d’une nouvelle maison d’arrêt à Basse-Terre. Une quinzaine de ministres de la justice dont Christiane Taubira, et 31 ans plus tard, nous en sommes toujours au même point. Cet immobilisme coupable, ce foutaj de gèl,se retrouve aussi malheureusement chez nous lorsque des responsables de collectivités passent leur temps à rejeter la faute sur la gestion de leur prédécesseur au lieu de prendre le taureau par les cornes pour résoudre les problèmes du quotidien tout en traçant les grandeslignes de notre futur. Combien de temps allons-nous encore attendre que nos élus se décident sur le type de gouvernance pour que l’eau coule enfin dans les robinets ?

La réunion de mardi soir à la CASBT entre les parlementaires et LMC est éclairante sur ce point : 3 heures pour… convenir d’une autre réunion. Encore une grande messe. Sommes-nous donc condamnés perpétuellement, tel l’âne de Buridan, à regarder passer le temps de l’inaction, voire de la régression, incapables que nous sommes de prendre des décisions et des mesures concrètes pour l’avenir du pays. Ki tan sa ké fini ?
JCR

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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