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Pas question que la Guadeloupe reste en dehors du mouvement…

09 Nov 2017
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Si je suis élu j’appliquerai le programme que j’ai défendu”.  Il l’a dit et il le fait, quoi qu’on en pense ! Car pour le président Macron pour “révolutionner” la France, un pays conservateur et hostile à tous changements, il faut assumer le risque d’être impopulaire. Il était urgent et nécessaire que ces réformes soient menées, par les ordonnances, la pédagogie ou la concertation positive.  By any mean necessary, dirait Malcom X. Contrairement à ses prédécesseurs qui ont renoncé à appliquer le programme sur lequel ils avaient fait campagne, le président Macron, reste fidèle à la ligne annoncée, faisant face à l’immobilisme, aux corporatismes et aux manifestations de rue.

En effet malgré les foudres annoncées par une opposition ki pa ka tann mach, conduite par Mélenchon et les syndicats non réformateurs, sur les sujets les plus minés comme la réforme du code du travail, le projet de loi de finance, le logement, l’université, le changement tambouriné, est bien en marche. Avec une nouvelle stratégie, consistant pour les membres de gouvernement, le premier ministre ou même le président, à venir au contact, sur le terrain, sous le feu des médias, pour expliquer une démarche qui peut poser problème, Il s’agit d’expliciter pour faire adhérer.

La Guadeloupe dans cette approche du terrain, n’a pas été écartée. Comme le témoigne chez nous ce week-end,  la visite du premier ministre et dans la foulée celle du président de l’assemblée. Après l’Assemblée des RUP en Guyane, ces visites successives semblent montrer l’urgence qu’il y a pour le gouvernement de s’intéresser enfin, à nos régions discriminées.

Mais dans toute action, même gouvernementale, il faut faire la part des choses entre les intentions mêmes bonnes, leur perspicacité d’une part et les résultats concrets et leur évaluation d’autre part. C’est dire qu’il faut distinguer entre vitesse et précipitation. Entre les vraies priorités des régions qui devraient être signifiées par nos forces vives (élus, chambre consulaires, syndicats, corps intermédiaires) et non laissées au jacobinisme parisien qui s’est souvent planté, tant dans les politiques imposées que par la non application des revendications exprimées lors des “grandes messes”.

Les absents ont toujours tort, ne serait-ce que par le fait de laisser aux  autres le soin de penser et décider pour vous, san ou mété grenn sèl a’w pour corriger et infléchir l’inacceptable !

Nous nous sommes déjà exprimés largement tant dans ces colonnes et dans d’autres médias sur l’inefficacité de la chaise vide. C’est dire qu’il faudra donc entendre à travers les Assises de l’outremer, ce que propose le gouvernement. Faire le tri entre le bon grain et l’ivraie. Pourquoi en effet refuser ce qui prend compte les besoins spécifiques de notre archipel ? Mais il faut aussi questionner les thématiques qui répondent à nos vraies urgences comme celles de la mutualisation dans certains secteurs avec nos voisins. L’océan indien n’est pas l’atlantique encore moins la mer des Caraïbes. L’archipel guadeloupéen n’est pas la Martinique ni la Guyane et encore moins Mayotte et la Réunion.

Il n’est pas question que la Guadeloupe reste en dehors du mouvement de réforme.  Ce serait tuer encore le mort une deuxième fois, tant il y a chez nous, maldonne dans la donne. En effet il existe de trop nombreux dysfonctionnements chez nous que la population paie au prix fort.

Nos urgences tout le monde les connaît. Le gouvernement, les élus, le patronat et les partenaires sociaux et surtout les citoyens qui ne savent comment se protéger contre les oukases et les pwofitasyon, de l’Etat des élus, et des barèd la wout ! Notre urgence même un sourd pourrait l’entendre, même un aveugle pourrait le voir, même nos compatriotes de l’hexagone s’offusqueraient du traitement infligé injustement à leurs compatriotes.

Pour créer une indispensable espérance, oui il faut sortir de l’immobilisme et des pratiques calamiteuses d’une classe politique toute tournée vers ses propres intérêts. Oui il faut moraliser pa sèlman an bouch la vie politique. Oui il faut appeler au civisme, à la responsabilité de tous et de distinguer désormais entre le progressistes et les conservateurs. Parce que les belles paroles, on en a assez.  L’emploi, le développement, la sécurité, la santé, la réussite scolaire, le rayonnement dans notre région de la proximité, c’est ce qu’attendent les Guadeloupéens.

 Cela a un coût. Cela exige non pas du courage mais de la lucidité. Cela relève non pas de la solidarité ou de la mendicité, mais de la justice et de la fierté. Et ce d’autant que les partis de gouvernement gauche / droite et leurs terribles relais locaux dont il y aurait trop à dire, n’ont jamais pu en 71 ans rattraper complètement nos colossaux et indignes retards. Départementalisation, Décentralisation, Egalité sociale, Egalité( réélue ?), et pourtant tous les indicateurs sont toujours dans le rouge. Et l’on nous demande d’être patients. D’attendre encore dix ans. Donnez des responsabilités sans les moyens relève en effet, du cynisme et pour d’autres du sadisme !  La vraie solidarité c’est de donner davantage à ceux qui ont moins. Pas de replâtrage ni de rustine. Mais une vraie égalité des chances !

Si le nez des politiques, comme celui de Pinocchio s’allongeait à chaque mensonge, ce serait le meilleur moyen de rallier nos régions à l’hexagone ! Mais on y est presque !

RJC

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Jean-Claude Rodes

Directeur de la Rédaction du Progrès Social

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