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La Caraïbe solidaire : One nation, One love !

23 Sep 2017
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On n’en a pas fini de tirer les leçons de ces terribles ouragans qui ont sérieusement balayé notre Caraïbe. Tout le monde le sait désormais, l’État français s’est laissé surprendre et a fait la preuve de son imprévoyance. Mais est-ce vraiment surprenant ?

D’autres questions se posent. Pourquoi l’Etat français et ses représentants ont-ils ainsi délibérément tout mis en œuvre pour écarter de la gestion des crises pré et post-cycloniques, les présidents des deux collectivités guadeloupéennes ?

L’ État a-t-il voulu en « confisquant » la gestion démontrer qu’il était le seul et unique capable de tout faire et que les élus ne devaient être que des spectateurs passifs de leur histoire ?

Si telle a été sa volonté, on peut très largement affirmer que s’agissant de Saint-Martin, sa gestion a été plus que défaillante et 3 semaines après le passage d’Irma, les refugiés parqués et presque oubliés dans des « campements provisoires » en Guadeloupe, ont eux touchés du doigt toutes les insuffisances de cet État. Les réactions des deux  présidents de collectivité, obligeront désormais les représentants de l’ État francais à revoir le logiciel du COD. Merci Irma ?

Cette critique de la mauvaise gestion étatique de la période cyclonique est depuis quasiment devenue une porte que chacun peut enfoncer, d’autant que les grands  vents des ouragans l’avait déjà emportée. 

Mais il faut avec beaucoup de lucidité s’interroger aussi  sur l’attitude des Guadeloupéens. Nous qui sommes  des fils et des filles d’ouragans et de cyclones tropicaux habitués à ces grands vents destructeurs, étions-nous vraiment prêts ? Christian Antênor-Habazac, notre  spécialiste national des ouragans et autres cataclysmes, n’a cessé de nous le rappeler lors de ses fréquents passages sur les medias : nous avons beaucoup perdu  de notre culture  cyclonique. Ces habitudes de survie et de précautions souvent élémentaires héritées de nos grands parents depuis au moins le terrible Cyclone-28, sont  aujourd’hui  envolées et oubliées.

Mais il y a encore plus grave. Avez-vous vu tous ces Français jadis installés luxueusement à Saint-Martin et  qui ont pendant des années largement profité de leur séjour au soleil, subitement tous pressés de rentrer chez eux sans la moindre solidarité avec Saint-Martin en détresse, Saint-Martin dans la souffrance et à reconstruire ? Dans  quelques temps, quand tout sera rétabli, on les reverra  sans aucun  doute. Car il faut le savoir, au fil des années, les Saint-Martinois natifs sont devenus hélas  minoritaires chez eux, au détriment d’exogènes souvent franco-européens. On parlait jadis de génocide par substitution, Saint-Martin est l’exemple le plus visible et le plus réussi de la colonisation française.

Une semaine après Irma, alors que Saint-Martin, et un peu moins St Barth, était encore une plaie béante ouverte dans  la  mer des Caraïbes, Maria  a soufflé avec sa force 5. Cet ouragan est venu nous rappeler que nous nous   devons de maintenir,  développer ou de réaffirmer cette solidarité caribéenne  qui a su traverser les siècles et  que no frères caribéens anglophones traduisent depuis Bob Marley par  le  célèbre One love.

Chez les Caricréoles de la Martinique, de la Guadeloupe d’ Haïti de Sainte Lucie, de la Dominique voire de Trinidad,  la fraternité ancestrale pan-caribéenne se traduit par le « Nou rivé an menn bato la ». Ces ouragans nous obligent  donc à dépasser les clivages linguistiques ou politiques, car les Nations de la Caraïbe, toutes issues de la  colonisation européenne, ont un devoir de solidarité. Sé on men ka lavé lot ! 

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

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