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Être blanfwans dans la Guadeloupe d’aujourd’hui !

05 Juil 2017
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By Danik Ibrahim Zandwonis

C’est sûr que c’est le genre de sujet qu’on évite d’aborder parce que dès que dans la colonie on traite des rapportes entre les blanfwans et les Guadeloupéens natifs, on est irrémédiablement taxé de « raciste », de xénophobe, etc. Qu’importe ! Il n’y a pas pour nous de sujet tabou. La réalité de la Guadeloupe est bien celle que nous vivions au quotidien et qui se comprend par notre histoire tragique ou par le tragique de notre histoire.

Bref rappel

Notre pays a été jadis peuplé par les kalinas-améridiens. Les européens qui « débarquent » pour coloniser l’île au début du 16e siècle, commencent par massacrer les premiers habitants. C’est un génocide et il reste impuni. Puis ces européens organisent à leur profit la traite négrière et l’esclavage. Cela va durer près de 3 siècles.

Après la soit-disant « abolition » de l’esclavage en 1848, ces franco-européens qui ont toujours besoin d’une main d’oeuvre, sinon servile mais à bon marché, importent du continent indien des « coolies ». En 1854, l’Aurélie débarque en Guadeloupe, le premier contingent d’indiens. Ils seront tout aussi maltraités que les anciens nègres arrachés en Afrique.

Pendant la période de colonisation sauvage, les premiers blanfwans, qu’on désignait par le terme « engagés » ou « 36 mois » débarquent aux Antilles. Ils sont pour certains des « mauvais sujets », parfois des délinquants, des repris de justice, des prostituées ramassées sur les ports français pour venir « s’installer » dans ces terres fraîchement colonisées. Ils n’ont pas à l’époque de noms à particules ou pas encore et encore moins de sang bleu et pour cause ! En 1656, une vingtaine d’années après le début de la colonisation française, on dénombre près de 12 000 blanfwans en Guadeloupe contre à peine 3 000 nègres. Vers 1848, selon les historiens de l’époque, les chiffres s’inversent. On recense plus de 87 000 nègres contre à peine 9 700 colons blanfwans.

Aujourd’hui qu’est ce qui a changé ?

La Guadeloupe a déjà connu toutes les appellations contrôlées : colonie, DOM, Région, RUP, DROM mais dans le fond et dans la forme, cette île est encore et toujours une colonie française. Sur le plan politique, c’est toujours à Paris que se prennent les décisions majeures souvent totalement inadaptées à notre réalité.

Au plan économique, en dépit de la naissance depuis peu d’une petite et moyenne bourgeoisie guadeloupéenne, ce sont les descendants des colons et leur concurrents les néo-blanfwans qui ont la mainmise sur toute l’économie du pays.

Dans les administrations, les diplômés guadeloupéens doivent se battre pour arracher un poste et parfois, ironie de l’histoire, aliénation ou auto-flagellation, on trouve des Guadeloupéens natifs ayant un peu de pouvoir et qui se plaisent à « couper et hacher » en pratiquant le « fannkyou », les coups bas à l’égard de leurs compatriotes, oublieux de leurs propres origines.

Sur le plan du peuplement, une grande majorité des blanfwans installés ici, ont choisi le communautarisme. Ils vivent souvent reclus dans des « résidences » où il ne fait pas toujours bon d’être guadeloupéen natif. Ces blanfwans ne participent en rien à la vie du pays, sinon, pour profiter des avantages fiscaux ou salariaux. Et même après des années de présence, ils se refusent à parler créole, à écouter la musique du pays.

Qui a déjà vu un couple de blanfwans dans un zouk ?

Participer à une fetkomin (fête patronale), à un lewoz (veillée de gwoka) ou à un sanblanni (cérémonie religieuse hindoue) ? Les blanfwans sont aux abonnés absents dans ces lieux festifs où peuvent se nouer aisément des rapports non conflictuels. Ils sont étrangers au pays et font tout pour demeurer étrangers à notre culture. Ils ne veulent donc pas se « mélanger » à la vie des « neg Gwadloup ».

Cette « distance » est-elle une forme suprême du mépris , une volonté de marquer leur différence tout en affichant des airs « supérieurs » ?

Certains sociologues nous disent qu’il y a en permanence entre colonisé et blanfwans, une sorte de « choc culturel » dans la colonie. Ne faut-il pas le transcender ? D’autres de façon plus prosaïque vous diront que c’est le « complexe normal » de supériorité du Français dans son rapport avec les indigènes qui (re)surgit dès que le Français vit dans la colonie. Le blanfwans vivant en Guadeloupe, tout en refusant de s’impliquer dans la vie du pays, se considère comme chez lui. Il ne faut surtout pas, au risque de le vexer durablement, dire de lui qu’il est un Français ; non, il est LE « métropolitain », et nous sommes donc ses indigènes, comme au bon temps de la colonisation sauvage !

À bien regarder et à bien des égards, cette situation s’apparente à un « apartheid » silencieux et qui ne dit pas son nom, car pour des raisons de commodité, au nom d’un « pseudo-bien-vivre-ensemble », on préfère de part et d’autres, faire l’autruche.

Alors, quand au hasard d’un mouvement social, d’un fait banal dans la rue ou au bureau, toutes les frustrations et les rancoeurs générées par la vie dans la colonie remontent à la surface d’un seul coup, tout s’enflamme ! Le blanfwans devient « l’ennemi » et le Guadeloupéen le « sale nègre » ingrat qui doit « tant à la France ».

Il y eut en mai 1967 ce qui s’apparenta à une chasse aux blanfwans dans les rues de Basse-Terre mais bien avant, nos parents et grand-parents nous ont conté l’affaire Dietrich, ce Français raciste qui s’est fait lyncher par un peuple en colère.

En juillet 1985, l’affaire Faisans est aussi le résultat d’un acte raciste. Le coup de pied d’un prof blanfwans à l’endroit d’un jeune élève guadeloupéen enflamma la Guadeloupe après que Georges Faisans, militant nationaliste eut décidé de venger le geste infâme de l’enseignant blanfwans.

Une simple étincelle peut mettre le feu car dans la colonie, la tension est latente. On sait pourquoi et à cause de qui… Et pourtant, dès les premiers temps de la colonisation, à la Guadeloupe, à la Martinique, nègres et blancs prennent l’habitude de se côtoyer, certes souvent dans un rapport dominant/dominé mais ils se connaissent.

Pourquoi alors les blanfwans continuent-ils près de 4 siècles après, de se croire en position d’être supérieurs ? N’ont-ils pas compris que c’est cette attitude qui est source de conflits et qui peut encore allumer des incendies ? Le peuple guadeloupéen, n’est-il pas déjà dans sa diversité le résultat de tous les mélanges possibles et même inimaginables entre amérindiens, africains, indiens et européens occidentaux ? N’est-ce pas cela l’avenir ? Et puis, il faut le dire, tous les blanfwans et c’est heureux, ne sont pas colonialistes. C’est peut-être ce qui nous autorise à garder espoir... 

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

2 Commentaires

  • tartarin
    tartarin jeudi, 03 août 2017 07:08 Lien vers le commentaire

    bonjour
    pour être juste je vous invite à vous porter sur l'attitude de ces
    afro-descendants guadeloupéens de professions libérales , entrepreneurs ( il y en a) fonctionnaires qui se bunkerisent dans des lotissements ou sur un terrain familiale qui pratiquent l'entre soi pour les barbecues , soirées , voyages etc …. Ces filles ou filles de prolos qui ont acquis une position sociale grâce à leur travail , ont des comportements très ségrégationnistes sur le plan social envers les moins bien armés sur le plan social qui sont aussi des natifs natals , condescendance exploitation ex : on les emploie les dimanche ou jour feriés pour faire le jardin , et autres bricoles .
    le racisme social en Guadeloupe intra-familial domine tous les rapports sociaux ceux qui ont les moyens fuient les plus faibles d'où l'éclatement des réseaux familiaux les 40% de fonctionnaires parmi les salariés de l'île crédit facile grâce au 40% de prime même le crédit agricole banque privée la réclame ,les syndicats et d'autres sont les véritables fossoyeurs de l'économie de ce pays où les injustices sont criantes sous couvert de democratie de liberté et l'impossibilité de créer un secteur industriel ou agricole competitif rendez vous dans 10 ans avec un tel status qui est en bout de course
    ces « natifs natals » choisissent avec des critères très sociaux les établissements scolaires de leurs rejetons ou alors ils les délocalisent dans l’hexagone ( notamment ceux qui crachent sur BABYLONE , le frigidaire , le ventre de la bête , ces messieurs et dames roulent dans de grosses berlines vitres teintées , la climatisation à fond sur des chemins bien balisés . vous savez que ce sont des réseaux bien structurés qui permettent à ces natifs natals et AUTRES de passer d’une collectivité u structure à une autre vous le savez quant au niveau de salaire qui y est pratiqué c’est abracadabrantesque de quoi laisser rêveur des chefs d’entreprises qui prennent des risques .
    soyez moins clivant si vous voulez être crédible tant soi t peu on est en 2017 et non en 1950 faites un petit effort sinon vous resterez le GUGUS , le BOUFON de la politique vous méritez mieux je le pense .
    profitez des vacances pour changer votre logiciel et revenir l’esprit frais la GUADELOUPE et NON GWADADA a besoin de gens qui pensent differemment .ceux qui ont toujours raison me font peur ceux qui doutent me rassurent

  • tartarin
    tartarin samedi, 29 juillet 2017 09:00 Lien vers le commentaire

    Bref rappel
    Le passé c’est le passé on n’y peut rien parc contre l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ou qui s’en donnent les moyens .
    L’auto-flagellation que vous décrivez l’élite locale est elle responsable de ses dérives locales ?.
    les cadres "natifs natals" endogènes très chers à Mme TROBLO qui ont les renumerations que la presse révèlent au fil des scandales qui roulent dans les grosses berlines allemandes ou coréennes , la clim à fond , les vitres teintées remontées mêmes les indepedantistes: avocats enseignants qui habitent sur mornes loin de tout avec des chiens de 40 kilos ceux là vont ils au soirée lew rose ? le malien de montreuil va t il à l'opéra ou au theatre écoutent ils eric satie .
    condeliça RICE etait une bonne concertiste doit t on lui reprocher de ne pas faire du RAP
    dr JEKILL ? MR HYDE vous êtes aveuglé par l'ideologie racialiste sans jamais prendre en compte la dimension sociale des rapports humains de ce fait vos arguments ne tiennent pas la route face aux réalités
    Chacun est libre d’habiter là où il veut où habitez vous monsieur le censeur ? à vieux bourg abymes ou carénage c’est un raisonnement de petit polpot .
    LES BOURGEOIS COMMUNISTES QUI SONT à la tête de la municipalité de PAP ville en faillite depuis 50 ans où habitent ils et vous où habitez vous ?
    Goyage trop humide côte sous le vent trop sec tout comme le N/GT à vous de choisir suivant que vous ayez ou non des rhumatismes ou de la famille .
    Vous êtes bien silencieux sur le cas du venuzuela , vous ne mentionnez pas les emplois crées lors de ces constructions ce qui montrent votre manque d’objectivité ou du moins vous vendez de l’idéologie , c’est tout
    J’habite un lotissement avec des « blanfwans » des antillais de toutes les couleurs pour la plupart « fonctionnaires » , aux reunions le taux d’absence est supérieure à celui des elections en gpe , pour un meilleur suivi et surtout pour faire des economies au niveau de la station d’épuration un »blanfwans » a accepté d’être pdt ;constat beaucoup de mauvais payeurs arrogants ,pour mettre à niveau les installations ce blanfwans , un italien et moi-même avons travaillé pendant plus 700 heurs bénévollement en utilisant nos outils et voitures perso ,sans aucun remerciement .
    Qui a déjà vu un couple de NATIFS NATALS LORS DES OPRATIONS DE NETTOYAGE DES PLAGES ?

    Qui a déjà vu un couple de blanfwans dans un zouk ?
    J’ai un ami « blanfwans » qui s’est installé pour des raisons professionnelles en gpe déjà passionné de musiques regionales il s’est aussitôt rapproché des milieux du gwo ka de sa commune constat manque de rigueur de la part de celui qu’il payait pour un enseignement etc ….
    Dans chaque pays il y a la musique de la rue et celle de salon bourrée auvergnate et eric satie , lekazatchock et le club des 5 etc , des titres de compas qui durent plus de 15 mn c’est fatigant, les gouts et les couleurs ne se discutent pas ras la casquettes des inquisiteurs au fait les jeunes ils écoutent quoi comme musique ?
    Pourquoi pdt de l’association « nasyon negs marrons » a-t-il demissionné après 15 ans ? pourquoi sa réponse était dans la presse
    Les africains disent qu’un femmes qui danse un zouk avec un antillais est enceinte à la fin de la danse . savez veos pour quelle raison le gestionnaire de LAKAZA a menacé de fermer son établissement ? l’antillais du 93 va-t-il à l’opera ou théatre ? tout comme l’auvergnat de base monté paris vos exemples sont ridicules ou alors destinés à un public ciblé .
    A-t-on la même architecture à l’ouest et à l’est de paris , à l’est de londres et à kensington ?
    Petite anecdocte sur la « KILTI » une guadeloupéenne jeune bien dans sa tête et dans son corps diplomée dans le medical pratiquait le « gwo ka « à paris où elle a fait la connaissance d’un menbre de ma famille je lui pose la question suivante «  maintenant en gpe vous pourrez vous adonnez sans limite à votre passion ;
    Réponse de cette jeune personne dans l’assos on voulait m’imposer des opinions formatées sur tous les sujets DONC J AI ARRETE LE GWO KA .
    Ou habite le fils du président de guinée equatoriale à paris ? combien de berline de plus de 100 000 euros possede t il il y a t il une piscine dans son 1000 m2 .
    C’est votre droit de dire ce que vous pensez mais en gpe il y a trop de pretentieux qui veulent faire la morale au petit peuple on n’est plus en 1950 l’information circule sur la toile tant pis pour celui qui ne s’informe pas , en gpe il n’y a pas que le CSM et CARENE.
    COMBIEN SONT ILS CEUX QUI SQUATTENT DANS LES BEAUX QUARTIERS LOIN DE LA PORTE DE LA CHAPELLE

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