Réunion. Les policiers municipaux vont porter la caméra

19 Mai 2017
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Saint-André. Vendredi 19 mai 2017. Clicanoo/CCN. D'ici quelques mois les policers municipaux de Saint-André seront les premiers à expérimenter les caméras-piétons dans l'île. Chaque intervention sera filmée.

Un conseil, si vous deviez être contrôlé par des policiers municipaux à Saint-André, souriez ! Dans quelques mois, probablement d'ici septembre - dans l'attente de la subvention accordée par l'État - vous aurez de bonnes chances d'être filmé. La mairie a obtenu en avril le feu vert de la préfecture pour "l'enregistrement audiovisuel" des interventions des agents.

La première déclinaison locale d'un décret national datant de décembre 2016 ouvrant aux policiers municipaux et agents de sécurité de la SNCF et de la RATP la possibilité de s'équiper à titre expérimental, jusqu'en juin 2018, de caméras-piétons. Loin d'être un gadget ou un outil seulement réservé aux banlieux sensibles juge le chef de la police municipale, Wilson Savignan, à l'origine de la demande. Principal intérêt à ses yeux : "Le fait de filmer permet de sécuriser les interventions et de prévenir les incidents aussi bien pour la personne contrôlée que pour le policier". L'agent devra prévenir la personne qu'elle est filmée. La caméra sera également bien visible, de par sa taille et par son positionnement sur la poitrine. La caméra aurait donc un effet modérateur. Se sachant filmée, la personne contrôlée réfléchirait à deux fois avant de hausser le ton ou d'avoir un geste déplacé. Même chose pour le policier.

Le dispositif aura également pour mission de constater des infractions et de poursuivre les auteurs par la collecte de preuve dans le cadre d'une procédure judiciaire. La gestion des caméras et des images répond à une procédure "rigoureusement encadrée" assure le responsable. Le décret précise notamment que les données peuvent être conservées pendant une durée de six mois maximum à compter du jour de leur enregistrement.

Les images ne peuvent être consultées ou modifiées sur l'appareil par l'agent. Une fois de retour au poste, le policier transmet au chef de service la caméra ensuite branchée sur une station d'enregistrement destinée au transfert des images. Et seules des personnes habilitées et munies d'un code personnel seront autorisées à visionner les images détaille le chef de service. La personne filmée pourra demander à avoir accès aux images assure-t-il en faisant une demande écrite au maire ou au chef de service.

La ville doit par ailleurs informer la population, en mairie ou sur son site web, du déploiement. "C'est une sécurité en cas de litige aussi bien pour le policier que pour la personne filmée", juge le policier. Pour l'instant, l'autorisation porte sur le déploiement de six caméras. Au moins un agent par patrouille sera équipé. Pas de déclenchement automatique, c'est l'agent qui aura l'obligation de mettre en route l'enregistrement "à chaque intervention". Le responsable voit dans les caméras un outil "pour moderniser et professionnaliser le service" complémentaire à la vidéo-protection, déjà déployée sur le centre-ville et appelée à se renforcer dans le courant de l'année. Coût de l'équipement : un peu moins de 5 000 euros pris en charge pour moitié par l'Etat. D'autres communes devraient suivre. Saint-Louis serait également intéressée...

 

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