Réunion. 250 millions d'euros pour sécuriser le chantier de la NRL

18 Mai 2017
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Saint-Denis. Jeudi 18 mai 2017. Clicanoo/CCN. Le Conseil Economique Social et Environnemental Régional (CESER) a été destinataire, hier, des éléments d'informations relatifs à la prochaine assemblée plénière du Conseil Régional, sur lesquels il lui faudra rendre un avis consultatif. Au programme des réjouissances, le projet de Budget Supplémentaire 2017 et la décision Modificative n°1, dont un paragraphe devrait titiller tous les amateurs de NRL, qu'ils soient "pour" ou "contre" la réalisation de ce chantier.

Des rumeurs circulaient depuis quelque temps sur d'éventuels surcoûts, rumeurs d'autant plus sensibles que les législatives approchent. Il se trouve qu'en fait de "dérapages" de type Route des Tamarins, il s'agit de mettre en place une autorisation de programme supplémentaire d'un montant de 250 M€ pour mettre en phase l'avancement des travaux, l'évolution des procédures d'autorisation administratives et les financement réévalués à lumière de ce qui précède. Le chantier progresse de façon satisfaisante, et évidente pour tous ceux qui l'observent depuis leur véhicule, en témoignent la livraison en 2016 de l'échangeur de La Possession et celle du viaduc de la Grande Chaloupe à la mi-2017 ; l'avancement des digues à la Grande Chaloupe (600m) et à Saint-Denis (1400m) et les travaux du grand viaduc, (usines de préfabrication, appuis du premier viaduc réalisés, et trois fléaux du tablier en mai 2017). Mais la poursuite des travaux dans l'optique d'une livraison en 2020-2021 impose de prendre en compte les coûts supplémentaires induits par l'absence d'ouverture d'une carrière pour l'exploitation de roches massives adaptées. Dans les faits, "une demande de modification du schéma des carrières a été lancée depuis 2013". Mais les projets de carrières présentés après 4 années de procédures ont été ralentis par des recours en cascades dont la finalité première était de retarder l’ouverture des carrières en général, celle de Bois Blanc en particulier. Pour pallier la carence en roches massives issues de carrières à venir, les entreprises adjudicataires des chantiers relatifs aux digues ont, dès 2014, exploité des ressources de substitution, en utilisant les andains, l'épierrage, voire des importations ponctuelles. Cet approvisionnement étant plus coûteux que prévu, il fallait le prendre en considération.

Loin du dérapage pharaonique de la route des Tamarins

Par ailleurs, la réalisation des viaducs a entraîné la révision des quantités de matériaux utilisés, voire celle des volumes dragués, sans oublier les adaptations incontournables à la géologie des fonds.  Ce champ d'évolution avait été anticipé par le maître d'œuvre, "200 M€ étant d'ores et déjà provisionnés dans le budget de l'opération, conformément aux hypothèses budgétaires d'origine qui avaient été exposées par la Chambre Régionale des Comptes à l'occasion du contrôle de gestion réalisé en 2014 sur les exercices 2006 et suivants,tel que présenté en assemblée plénière d’avril 2014…" Mais en matière d'environnement, des prescriptions complémentaires ont été prises en compte qui procédaient d'arrêtés préfectoraux, ainsi de la dépose des filets anti-sous-marins accrochés au relief, la démolition de la route actuelle… Ces arrêtés étaient liés à l'aboutissement des procédures destinées à obtenir les autorisations au titre de la réglementation des milieux aquatiques et des espèces protégées, et donc soumises à décision du Conseil national de la protection de la Nature (CNPN). Ont été intégrées les mesures de réduction des impacts mis en place par les Entreprises pendant les travaux et leur contrôle (environ 15 millions), la compensation des impacts sur les milieux naturels terrestres (25 millions) et Maritime (10 millions), soit 35 millions au total. S'y sont ajoutées la préservation et l'amélioration du cadre de vie avec des mesures paysagères (15 millions) et d'autres en faveur de la réduction des nuisances routières (5 millions de protection acoustiques), soit 20 millions au total. Dans les faits, le poste Environnement s'élève à 70 millions d'euros dont 20 ont été programmés en 2013. En conséquence de quoi la poursuite sécurisée de l'opération Nouvelle Route du littoral - TCSP compris - nécessitait 50 millions d'euros supplémentaires. Au final, l'évolution du coût de la NRL excéderait de peu les 12,5% envisagés par la Région, moyennant quoi on resterait bien loin du dérapage pharaonique de la route des Tamarins qui culminait à 72% du coût initial. Mais si d'aventure, le chantier était volontairement ralenti, du fait de conflits sociaux à répétition, ou à cause d'un retard chronique d'ouverture des carrières, faute d'une décision de l'Etat, les capacités financières de la collectivité en seraient impactées, et le maître d’ouvrage serait dans l’impossibilité matérielle de respecter le calendrier prévu de livraison de l’ouvrage ; sans parler de la prise en charge des surcoûts extraordinaires que cela impliquerait. Comme quoi la notion d'utilité publique recouvre étroitement celle d'intérêt général.

Philippe Le Claire

 

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