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Réunion. Au sommet pour les espèces endémiques

20 Mar 2017
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Le Tampon. Lundi 20 mars 2017. Clicanoo/CCN. La réunion sur le sort des espèces endémiques de l'île d'hier, au Tampon, était l'occasion de remettre en lumière les problématiques principales de la biodiversité locale. Deux axes ont été développés, la pollution lumineuse et la re-implantation de nos végétaux endémiques.

Il y avait du beau monde hier au Tampon pour s'informer et réfléchir sur l'état des espèces endémiques de la Réunion. Pas moins de sept maires étaient présents ou représentés, en compagnie entre autres des directeurs du parc national, de l'IRT, de l'ONF et de la Seor, sous le regard d'un membre de la Deal, représentant l'Etat.
Une partie de la réflexion concernait les plantes endémiques de la Réunion et leur re-implantation. D'après Stéphanie Dafreville, du parc national de la Réunion, «70% des habitats indigènes ont été détruits». A peu près toute la frange littorale est concernée, que ce soit par le braconnage ou l'introduction d'espèces envahissantes.
On recense aujourd'hui une centaine de plantes problématiques. En particulier les lianes invasives, qui peuvent aller jusqu'à recouvrir tout le versant d'une falaise. Si la problématique n'est pas nouvelle, il s'avère que les actions entreprises par le passé ne se sont pas toujours révélées très efficaces. «Lorsque l'on enlevait une plante néfaste, nous n'avons pas pensé à comment la remplacer», analyse François Payet, membre de l'association des amis des plantes et de la nature.
Le message est clair, il faut agir pour protéger nos espèces endémiques. Toujours d'après François Payet, 300 d'entre elles seraient en danger d'extinction, dont 91 en danger critique.

«Du tout éclairé au mieux éclairé»
L'autre point sensible abordé concerne les conséquences de la pollution lumineuse sur les espèces endémiques d'oiseaux locaux. «Ce sont des éclairages inutiles ou mal orientés, vers le ciel typiquement, qui entrainent de multiples nuisances sur la biodiversité, l'humain, l'environnement», explique François-Xavier Couzi, directeur de la Seor. Deux espèces d'oiseaux endémiques risquent aujourd'hui l'extinction à cause de cette forme de pollution: le pétrel de Barau et le pétrel noir.
Ce dernier est même en situation critique. Des solutions simples d'aménagement de l'éclairage public, visant à réduire la lumière émise vers le ciel en particulier, devraient réduire ces chutes de pétrels. Pour François-Xavier Couzi, «il s'agit de passer du tout éclairé au mieux éclairé». On comprend bien le raisonnement lorsque sont comparées les cartes d'échouages de pétrels et de luminosité de l'île. Elles se superposent presque parfaitement.  Cependant, tout n'est pas si simple, puisque certains revêtements peuvent renvoyer une partie de l'éclairage vers le ciel, notamment en cas de pluie.
Un autre problème de taille se pose pour les scientifiques, les infrastructures sportives et leurs spots géants. Une telle puissance se justifierait pour pouvoir filmer les matchs. «A l'heure des caméras haute définition, les minimums de luminosité exigés pourraient être revus à la baisse» estime un membre de l'Observatoire astronomique des Makes.

Thomas Subervie

  • Une réflexion profonde mais pas d'engagement concret

La réunion d'information et de concertation autour des espèces endémiques a réuni de nombreux acteurs importants de la biodiversité réunionnaise. Cependant, aucune décision officielle n'a été prise par les maires présents hier.
Deux sentiments à la sortie de la réunion exceptionnelle d'hier autour des espèces endémiques de la faune et la flore réunionnaise. Tout d'abord la sensation que ces problématiques environnementales préoccupent réellement les élus qui ont fait le déplacement «un dimanche matin», comme l'a souligné à plusieurs reprises André Thién Ah Koon, à l'origine de l'évènement. Le maire du Tampon était accompagné de ses homologues de Saint-Louis, Petite-Ile, Le Port, L'Etang Salé, Sainte-Suzanne, et Salazie, présents physiquement ou représentés.
Des acteurs de la biodiversité locale ont pu délivrer des explications très détaillées sur la situation actuelle et les réflexions et propositions qui ont suivi étaient nombreuses.
Mais c'est finalement un goût d'inachevé, de pas assez qui reste un peu en bouche.
Aucune trace écrite ne restera de ce rendez-vous avec l'avenir de la biodiversité locale, mis à part un compte rendu des discussions. Aucun engagement concret n'a donc été pris par les responsables politiques. Cependant, il est toujours permis d'espérer, dans la mesure où les solutions avancées seraient, pour la plupart, également bénéfiques d'un point de vue économique. Que ce soit l'optimisation de l'éclairage public, afin de réduire la pollution lumineuse qui menace des d'oiseaux protégés, ou bien la préservation et la reimplantation des plantes endémiques dans le cœur des communes. Ces espèces, uniques au monde, «constituent une carte de visite exceptionnelle pour le tourisme» pour Stéphane Fouassin, président de l'IRT et maire de Salazie. Une chose est sure en tous cas, ce type de rassemblement devrait dorénavant avoir lieu une à deux fois par an.

Les nuisances de la pollution lumineuse
A première vue, on pourrait penser que la pollution lumineuse n'est pas un réel problème, à part pour l'astronomie. La réalité est toute autre puisqu'elle peut affecter notre santé, en particulier celle des enfants. La lumière bleutée des ampoules LED est en fait très dangereuse pour la rétine, par exemple. En plus de constituer un gaspillage d'énergie et d'argent, l'éclairage public participe également au réchauffement climatique. Cette nuisance a surtout un impact très négatif sur la faune: chez nous, elle entraine la mort de nombreux oiseaux chaque année, et dérègle les éco-systèmes nocturnes. Même la reproduction des tortues marines en serait affectée. Les nouveaux nés, attirés par les lumières, se dirigeraient certaines fois vers l'intérieur des terres, plutôt qu'en direction de la mer.

Les chats sauvages inquiètent toujours
«Cela ne sert à rien de se préoccuper des éclairages si on laisse les chats éradiquer l'espèce à eux seuls», réagit une des personnes assistant à la réunion d'information d'hier matin. Le débat actuel sur l'arrêté préfectoral du 6 février dernier, autorisant la capture et la mise à mort de chats, a évidemment fait l'objet de discussions. D'après une étude, menée en analysant les excréments de félins présents autour des terriers de pétrels, en un seul cycle de reproduction (soit une année), un chat pourrait tuer 90 oiseaux. Or, seuls cinquante pétrels noir de Bourbon, espèce endémique, sont recensés sur toute l'île. On comprend alors mieux ce qui a pu pousser à une décision aussi drastique des autorités. Contesté devant le Conseil d'Etat par une association de défense des animaux métropolitaine, l'arrêté ne viserait en réalité que six chats sauvages clairement identifiés, présents autour des nids.

 

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