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Guadeloupe. France- Antilles, la fin … ou la fin du suspense ?

08 Jui 2017
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Fabrice M'Toumo, représentant des salariés, devant les locaux de France-Antilles Guadeloupe Fabrice M'Toumo, représentant des salariés, devant les locaux de France-Antilles Guadeloupe Alexandra Giraud

Jarry. France-Antilles. Jeudi 8 juin. CCN. She Three, la société de Marc Laufer, se désengage dans la course au repêchage du groupe France-Antilles. Face à elle, AJR Participation, menée par Aude Jacques-Ruettard et Philippe Labi, a pris l’avantage mardi lors de l’audience au Tribunal de Commerce Fort-de-France. Une audience malgré tout renvoyée en délibération au 13 juin prochain. Au sein de l’entreprise, les positions semblent diverger. La Société des Journalistes et les délégués syndicaux représentants du personnel ne tiennent pas tout à fait le même discours.


Depuis 2 mois rappelons-le, le groupe France-Antilles est en procédure de liquidation judiciaire avec poursuite d’activité. L’audience a eu lieu au Tribunal de Commerce de Fort-de-France, à la Martinique, mardi 6 juin  Audience durant laquelle le Tribunal avait pour mission d’étudier deux offres de reprise : celle de She Three, menée par Marc Laufer, et celle d’AJR Participation, portée par Aude Jacques-Ruettard et Philippe Labi. Selon Fabrice M’Toumo, représentant des salariés affilié au syndicat et présent lors de l’audience, beaucoup de zones d’ombres subsistent dans les deux dossiers.

 

Un tapage médiatique orchestré par la Société des Journalistes ?

Pour Fabrice M’Toumo (représentant des salariés),  la Société des Journalistes aurait dès le début du processus orchestré un véritable tapage médiatique autour des potentiels licenciements prévus par l’offre de reprise de Marc Laufer. Résultat des courses : Laufer – représenté par son avocat - se désengage après sa rencontre avec les salariés, sans négociation préalable ni étude sérieuse du dossier de reprise de la part des journalistes.

Supprimer une offre, fait remarquer Fabrice M’Toumo, encourage l’autre partie à rester sur ses positions. L’élimination de l’offre de reprise de Marc Laufer a créé une vraie tension au sein du personnel. Les salariés en ont-ils bien mesuré les conséquences ?  

De plus, au commencement, rappelle le délégué syndical, l’offre de Laufer était complète, alors que celle d’AJR Participation était à minima. Une offre qu’Aude Jacques-Ruettard et Philippe Labi ont décidé de détailler en début de semaine dernière, pour arriver à « plus ou moins » d’équivalence avec celle de Laufer. Seule différence notable  : la question des licenciements.

Malgré tout, Fabrice M’Toumo ne tranchera pas :

 

« En tant que représentant des salariés de France-Antilles, j’ai dit au Tribunal que je n’étais ni pour l’un, ni pour l’autre, et que je laisse le soin au Tribunal de donner son appréciation »

 

La désinvolture de Marc Laufer pousse les journalistes dans l’autre camp

Annick Fabrice, porte-parole de la Société des Journalistes, n’était pas elle au Tribunal de Commerce à la Martinique ce jour là. Cependant, lors de la rencontre de Marc Laufer, qui « ne s’est pas déplacé et a envoyé son avocat » avec le personnel, la porte-parole a relevé une certaine désinvolture, d’autant que ce dernier n’aurait pas répondu aux questions des salariés. 

Du côté de la Société des Journalistes, on pense qu’AJR Participation est une offre beaucoup plus sérieuse. Restent malgré tout des questions toujours sans réponses pour l’heure : les congés payés ? Le droit d’acquis ou encore les biens immobiliers dans l’entreprise. Annick Fabrice n’est pas confiante face au délibéré de la semaine prochaine : « ce n’est pas sûr que le Tribunal tranche ». Pour autant, les journalistes penchent davantage pour AJR Participation plutôt que pour She Three, et ce, pour 2 raisons : avec AJR Participation, pas de licenciement économique avant deux ans, et des choix éditoriaux séduisants, ce qui selon elle, garantit une indépendance de la redaction. 

 

« Nous sommes optimistes nous les journalistes, car on se dit que peut-être si on nous donne les moyens de travailler, on retrouvera de la vigueur, de la motivation, l’envie de se dépasser, c’est un challenge intéressant » 

 

La Société des Journalistes est sur une nouvelle ligne de départ, elle ne peut pas déjà condamner le nouveau repreneur. « Pas béats, mais plutôt optimistes », martèle la porte-parole, en rappelant que les journalistes « ne sont pas idiots ».

Mais « il faut rester vigilant », conclut, méfiante, Annick Fabrice, « et veiller à ce que les engagements pris soient respectés ».

 

Deux dossiers de reprise, plusieurs zones d’ombre, selon Fabrice M’Toumo

Marc Laufer :

-       89 licenciements prévus

-       Outil industriel : y aura-t-il une imprimerie sur les 3 sites du groupe ?

-       Volet social : 2,7 millions pour les départs, mais est-ce bien mesuré par rapport aux closes de cession pour les journalistes ?

AJR Participation :

-       Pourquoi Aude Jacques-Ruettard n’a pas, lorsqu’elle en avait l’occasion, décidé de récupérer l’entreprise pour 1 euro symbolique ?

-       Immobilier : les offres de reprises sont trop basses (pour exemple : le bâtiment de France Antilles Guadeloupe est estimé à plus de 3 millions d’euros. Son offre : 36 000 euros).

-       Outils industriel : quel type de machines et quel personnel ?

-       Baisse de la masse salariale : 6 à 12 embauches malgré tout.

-       Social : récupération des congés payés et du 13ème mois. Rappel : les journalistes de France-Antilles Martinique ont plus de 200 heures de récupération. 

 

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Alexandra Giraud

Journaliste CCN

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