Guadeloupe. Débat : Où en est la danse Caribéenne ?

18 Mai 2017
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De gauche à Droite  Pascale Bravo, Christiane Emmanuel (Martinique), Jean Nanga « Monk » (Guadeloupe), Léna Blou (Guadeloupe), Jeanguy Saintus (Haïti). De gauche à Droite Pascale Bravo, Christiane Emmanuel (Martinique), Jean Nanga « Monk » (Guadeloupe), Léna Blou (Guadeloupe), Jeanguy Saintus (Haïti).

Basse-Terre, Capitale. Jeudi 18 Mai 2017. CCN /CFN. L’Artchipel-Scéne Nationale a recemment organisé une conférence sur « la Création Chorégraphique Caribéenne Contemporaine, de ses origines à aujourd’hui ». Pascale Bravo, animatrice TV (Guadeloupe 1ère) dirigeait les débats Quatre chorégraphes caribéens ont participé à cette rencontre : Christiane Emmanuel (Martinique), Jean Nanga « Monk » (Guadeloupe), Léna Blou (Guadeloupe), Jeanguy Saintus (Haïti). Le public : Une vingtaine de personnes en majorité des chorégraphes et des responsables culture.


Pour retracer historiquement la danse dans la Caraïbe, Lena Blou cite un précurseur : Katherine Dunham, danseuse et chorégraphe afro-américaine, elle est venue dans la Caraïbe (1930-1940) et s’est inspirée de la danse traditionnelle  antillaises, subsahariennes, sud-américaines et afro-américaines pour créer la Technique Dunham.

Puis dans les années 70, les danseurs-chorégraphes qui veulent devenir professionnels partent de la Caraïbe pour se former. Les cubains en Espagne, les guadeloupéens et martiniquais en France, les jamaïcains en Angleterre...  Monk : « Nous avons toujours eu de bons interprètes mais il y avait toujours un vide chez nous ». Dans les années 80, en Guadeloupe, le monde artistique et culturel affirme avec vigueur son identité.

Dans tout ce bouillonnement, certains artistes choisissent de partir d’un socle traditionnel (Gwo Ka, Bèlè, Rara, Jazz, Classique, danses traditionnelles cubaines, haïtienne, Indienne, etc...) pour aller vers une création que l’on qualifie aujourd’hui de contemporaine. Et c‘est vraiment dans les années 90-2000, que certains danseurs-chorégraphes font le choix de rester dans la Caraïbe. Un choix  déterminant qui nécessite de s’interroger  sur sa propre histoire et non celle de l’autre (le pays où le chorégraphe s’est formé). Christiane Emmanuel le souligne : « Quand on dansait ailleurs on enrichissait le chorégraphe et au même moment on se demandait ce qui se passait au pays ».

Deux exceptions existent aujourd’hui pour la formation des danseurs chorégraphes dans la Caraïbe, ce sont Cuba et la Jamaïque. Les quatre chorégraphes ont le même avis, il y a un déficit de structures que ce soit pour former ou diffuser la danse contemporaine caribéenne. Il faut aussi penser à éduquer le public à regarder cette danse avec des outils des lectures, des formations. Lena Blou déclare : « Rester au pays, c’est tenter d’y répondre ».

Pour Jeanguy Saintus la volonté du pays est primordiale «  Quelle politique culturelle le pays met en place pour faire vivre ses artistes ? Il y a des tentatives et ça peut exister». Pour conclure cet état des lieux de la danse qui n’a pas beaucoup porté sur la création de la danse et la chorégraphie on peut dores et déjà dire que  Christiane Emmanuel (Martinique), Jean Nanga « Monk » (Guadeloupe), Léna Blou (Guadeloupe), Jeanguy Saintus (Haïti) ainsi que d’autres chorégraphes ; avec leurs travaux respectifs et leurs transmissions ont déjà fait évoluer la danse dans leurs pays.

Christiane Emmanuel : « Fort de son identité et de sa culture on peut s’ouvrir au monde ». Pour Lena Blou « les lignes bougent, maintenant des danseurs viennent se former dans la Caraïbe ».

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CCN

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