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Guadeloupe. Législatives Sud-Basse-Terre : Sonia Petro - Sylvie Gustave-dit-Duflo, “Le” ticket gagnant ?

02 Mar 2017
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A droite Sonia Petro / a gauche Sylvie  Gustave dit Duflo A droite Sonia Petro / a gauche Sylvie Gustave dit Duflo

Basse-Terre-Capitale. Jeudi 02 mars 2017. CCN. Les élections législatives françaises dans la 4e circonscription de la Guadeloupe sont pour l’heure une vraie  bouteille d’encre. Personne ne semble y voir clair. 

À « gauche », le député sortant Victorin Lurel (PS) joue toujours la montre et fait durer le suspens avant de se prononcer, ce qui semble causer du stress et quelques inquiétudes à Hélène Vainqueur qui ne se « voit  » pas se présenter derrière Elie Califer, maire de Saint-Claude. Quant à Hughes Ramdini (ex-PS), il est toujours à recherche d’un(e) colistier(e) crédible. Au centre-droit, les ultimes fillonistes de circonstance et macronistes par obligation semblent vouloir faire un mano à mano puisque le maire de Vieux-Habitants, Aramis Arbau (filloniste) et le jeune conseiller régional de gauche tendance macroniste, Jean-Philippe Courtois sont sur le point d’officialiser leur accord. À droite, contrairement à une rumeur infondée émanant de Philippe Chaulet et reprise sans vérifier par un confrère, Eddy Claude-Maurice le dauphin mal-aimé de Joël Beaugendre, maire de Capesterre Belle-Eau, n’a pas pour l’heure confirmé une plausible alliance avec le maire de Bouillante.

À l’opposé de toutes ces alliances circonstanciées, deux femmes politiques émergent : la Républicaine Sonia Petro et l’ex-PS Sylvie Gustave-dit-Duflo qui revendique toujours son appartenance à la gauche. Pourquoi et comment ces deux jeunes femmes de tempérament peuvent-elles bousculer l'échiquier et déjouer toutes les prévisions politiques dans le sud-Basse-Terrien ?


La semaine dernière, après des mois et des mois d’hésitation, de tergiversation, d’allées et venues entre Paris et Basse-Terre, Sonia Petro, l’ultime passionaria sarkofilloniste a franchi le Galion en décidant de claquer la porte au nez de Marie-Luce Penchard (MLP), maire de la capitale dont elle était l’adjointe.

À vrai dire, cette démission est vécue comme un soulagement pour les deux parties. Depuis les dernières régionales quand MLP avait décidé de sauter dans la roue d’ Ary Chalus, sa 2e adjointe s’était sentie comme abandonnée voire trahie. Tout en ruminant et en mangeant son chapeau, elle a tenu bon, se sentant légitimée par l’ex-président français Nicolas Sarkozy dont elle était devenue jusqu'à son dernier souffle, le soutien indéfectible. Pour Sonia Petro, c’était Sarko ou rien ! Et puis les primaires de la droite française ont obligé Petro à avaler une couleuvre en devant se ranger du côté de François Fillon.

Hélas, le Pénélope gate et les inimitiés entre Dame Petro et ses « amis » du Sud-Basse-Terre ont eu raison de son désir de tenir jusqu’au bout. Outre les graves déboires de la Communauté d’agglo du sud-Basse-Terre (Casbt) sur lesquels elle ne verse pas des larmes de crocodile, Sonia Petro a dû choisir de sauter du navire municipal basse-terrien avant qu‘il n’échoue sur les rochers de mises en examen possibles à venir. D’autant que Sonia Petro, outre une participation aux législatives, ne rêve que d’une chose : prendre la mairie de Basse-Terre en déchouquant MLP et le chevrisme aux prochaines municipales. Toute sa stratégie est au service de cet objectif majeur. Peut-elle  gagner en 2020 ? Rien n'est encore joué. Il est trop tôt pour donner une réponse satisfaisante.

Sylvie Gustave dit Duflo (SG2D) n’est pas a priori une camarade politique de Sonia Petro. Mère de deux enfants, SG2D est à 44 ans une universitaire bardée de diplômes. Elle est d'ailleurs maître de conférences à Fouillole, titulaire d’un doctorat en sciences du cerveau et chef du département biologie de l’UFR Sciences exactes et naturelles de l’Université des Antilles.

Depuis décembre 2015, SG2D est conseillère régionale aux côtés d’Ary Chalus et de MLP. Pourtant, SG2D affirme toujours haut et fort qu’elle est  une « femme  de  gauche ». Quand on passe en revue son parcours politique, rien ne vient démentir cet ancrage  originel à gauche. Cette jeune femme qui a longtemps vécu du côté de Marseille, a eu à faire face au FN. Elle en parle parfois avec colère car elle sait ce que sont le racisme et la xénophobie que véhiculent les Le Pen.

En 2006, Sylvie Gustave dit Duflo revient en Guadeloupe, elle se réinstalle à Baillif, sa commune natale et c'est là qu’elle fait ses premières armes. Elle est d’abord conseillère  municipale d’opposition avant de rejoindre les rangs de la fédération du Parti socialiste-version Lurel. C’est sous cette étiquette qu’elle affrontera en 2014 le maire  sortant, L ’umpiste Marie-Lucile Breslau (MLB). Le combat est partagé puisque sa camarade responsable de la section locale du PS, Marie-Yveline Pontchâteau, est aussi dans la course à la mairie. C’est une sorte de primaires. Au final, Pontchâteau devance SG2D qui recueille à peine 800 voix. Très disciplinée, elle accepte de jouer le jeu du report des voix et c’est son apport qui permettra à Pontchâteau de sortir MLB de son  fauteuil de maire. Auparavant, les deux femmes ont établi un deal. Sous la férule de Victorin Lurel, promesse est faite à SG2D d'être la candidate du PS aux prochaines départementales. Promesse non tenue.  L’universitaire démissionne alors avec fracas du PS et décide, déjà à l’époque, de faire campagne avec le maire de droite de Bouillante, Thiery Abelli.

Mais c’est en décembre 2015 que Sylvie Gustave dit Duflo participe activement avec Ary Chalus à la défaite de Victorin Lurel. La vengeance n’est sûrement pas un plat qui se mange froid. De plus, la “Marseillaise” attend aussi avec la plus grande impatience les prochaines municipales de 2020 pour affronter le maire en pace. Il y a là comme un air de revanche.

Ces deux femmes au parcours politique très différents sont aujourd’hui dans une situation presque identique. Sonia Petro qui a été très proche de Lucette Michaux-Chevry (LMC) puis de sa fille, vient de rompre ses attaches avec une grande partie de sa famille politique originelle. Elle garde, cependant, son ancrage ultime dans une droite en total  désarroi en soutenant par défaut François Fillon, elle qui demeure une sarkoziste pure et dure. Sauf qu’avec les derniers événements en France et sa rupture avec son groupe à la Mairie de Basse-Terre, Sonia Petro est pour le moins isolée et politiquement affaiblie. Elle sait qu’elle ne devra attendre aucun soutien des LMC, MLP, Chaulet et autres. Son plus proche soutien n’est nul autre que Laurent Bernier qui lui-même est en difficulté dans sa circonscription, son destin étant très lié à celui de Gabrielle Carabin, la député sortante qui elle aussi joue la montre.

Sylvie Gustave dit Duflo souhaite se présenter aux législatives dans la 4e circonscription; mais avec qui ? Hughes Ramdini l’a approché mais la négociation n’a pas abouti. Géopolitiquement, elle ne peut plus faire campagne avec Thierry Abelli. Sonia Petro qui est dans uns situation similaire pourrait être une colistière idéale et à défaut, sauf que les deux femmes ont le même désir d’être tête de liste. Mais sur le terrain, Sylvie Duflo qui bénéficie encore (pour combien de temps ?) du soutien et de la dynamique Chalus et qui ne se dit pas pro-Macron, peut sans doute être plus porteuse de suffrages qu’une Sonia  Petro en très grosse difficulté à droite.


C’est la réalité du terrain qui peut décider de cette option et de cette alchimie. Rien n’est joué, rien n'est décidé. Tout est à faire. Les deux femmes ont-elles une chance de gagner ? Un possible et éventuel ticket des deux « rebelles » peut être sur les plans politique et médiatique un évènement, un buzz mais est-ce suffisant pour remporter une élection ? 

 

 

Guadeloupe. Chiraj à Basse-Terre. Sonia Petro à MLP : "le contrat de confiance est rompu !"

Basse-Terre Capitale. Jeudi 2 mars 2017. CCN. La semaine dernière, Marie-Luce Penchard (MLP), maire de Basse-Terre, s'en est prise sur Guadeloupe 1ère La Radio à sa deuxième adjointe, Sonia Petro, en des termes qui laissent à penser que la guerre sourde et froide entre les deux femmes est désormais une guerre ouverte. 48 heures après, Sonia Petro se fendait d'une lettre ouverte que CCN publie afin que nul n'ignore. Mais d'autres épisodes sont attendus.

 

Lettre ouverte à la population de la Guadeloupe en général et de Basse-Terre en particulier

 

Ce sont les Basse-Terriens, Basse-Terre, les Guadeloupéens et la Guadeloupe qui nourrissent ma force de progrès, d’équité, et qui me donnent la force d’être la femme politique que je suis.

Mon engagement pour ma ville, mes concitoyens, ma Guadeloupe et mon pays, trouvent leurs racines dans la terre, les femmes et les hommes,  l’histoire et la culture de la Guadeloupe.

Depuis mon « entrée » officielle en politique en 2008, avec Lucette Michaux-Chevry en 2008, sur la liste « Expérience en action », j’ai beaucoup appris : d’abord 7ème adjointe au maire en charge des finances, puis 2è adjointe au maire, toujours en charge des finances, après la victoire de la liste « Expérience et Solidarité » en 2014, j’ai ensuite pris la délégation à l’urbanisme. Par-delà les postes et les délégations, c’est surtout le pays Guadeloupe, les Basse-Terriens et la Basse-Terre qui ont construit la femme politique que je suis.

C’est avec l’esprit de responsabilité que j’agis, que je choisis et que je décide au quotidien, en ayant toujours à cœur le progrès de la Guadeloupe et des Guadeloupéens.
C’est dans cet esprit que j’ai pris la décision, le 15 février 2017, de remettre au conseil municipal de Basse-Terre la délégation qui m’avait été confiée. Comme la procédure le veut, j’ai transmis au préalable ma décision au préfet de région afin qu’acte soit pris.

Quand le contrat de confiance est rompu, quand l’intérêt des Guadeloupéens et singulièrement des Basse-Terriens n’est plus considéré comme une priorité, quand on pactise avec la roublardise, la mesquinerie, la duplicité, alors la politique, telle que les Guadeloupéens l’aiment, perd tout son sens.

C’est un acte mûrement et librement réfléchi, volontaire, et qui intervient dans un contexte où la ligne de démarcation entre Mme Penchard et moi est de plus en plus nette quant à la façon de gérer les affaires de Basse-Terre.

  Climat délétère, management d’équipe par la terreur, volonté d’humiliation de ceux qui veulent apporter une voix démocratique aux débats, décisions unilatérales, équipe muselée, méthodes questionnables, manque de vision claire pour le développement de Basse-Terre, déconnexion avec les besoins les plus élémentaires des Basse-Terriens, sont autant de facteurs qui font qu’aujourd’hui je ne peux plus cautionner une politicienne de carrière installée et qui ne manifeste  aucun amour ni aucune ambition pour Basse-Terre et ses citoyens.

Les récents épisodes du conseil municipal sous surveillance policière, la récupération de l’espace et du temps du conseil de notre collectivité à des fins stratégico-médiatiques pour défendre l’indéfendable et mettre une pression sur nos médias et le système judiciaire, sont intolérables dans une démocratie. Cela, je ne peux le cautionner ni même m’y associer.

L’idée que j’ai de la politique est celle de femmes et d’hommes animés par l’intérêt général, l’intérêt suprême de l’ensemble de leurs administrés et de leurs populations, et non pas celles de politiciens qui prennent en otage leurs concitoyens à des fins personnelles parfois peu avouables.

L’idée que j’ai de la politique est celle qui remet le respect du citoyen au centre de tout.

L’idée que j’ai de la politique est celle qui cherche à encourager le dialogue grâce à la raison, et non par une flatterie des instincts les plus bas. Je refuse de m’associer à toute forme de démagogie qui réduit les Guadeloupéens et les Basse-Terriens à des sujets que l’on manipule par le ventre.

 Je crois au sens de la justice et de l’équité, mais aussi du progrès social et d’une volonté de vivre-ensemble des Guadeloupéens et des Basse-Terriens.

Comme moi, beaucoup ne se reconnaissent plus dans cette façon de gérer les affaires de notre ville, et craignent, avec raison, pour l’avenir.

A ceux-là qui osent s’élever, mais aussi à ceux-là qui subissent pressions et intimidations, je leur dis que je veux porter leur voix pour faire entendre ce qu’ils ont à dire.

  Il est plus que temps que nous nous remettions en question : que voulons-nous pour Basse-Terre ? Quelle est la part de responsabilité de tout un chacun de nous – moi y comprise – dans la déliquescence de notre ville et de sa gouvernance ? Nous ne pouvons plus laisser faire en toute impunité.

Aujourd’hui, je veux rendre audible la voix de tous les Basse-Terriens qui n’en peuvent plus de la gouvernance du maire installée.

Je compte sur toutes celles et tous ceux qui croient en une politique plus respectueuse et plus respectable, tout simplement en la noblesse des affaires publiques et des gens.

Je reste, chers amis, plus que jamais, engagée pour vous et avec vous.

 

Sonia PETRO

Conseillère municipale de Basse-Terre

Présidente des Républicains

 

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