Guadeloupe. Albioma-Marie Galante : coup de chaud entre Maryse Etzol et Camille Pélage !

08 Fév 2017
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De gauche à droite: Maryse Etzol, Présidente CCMG, Camille Pélage, 5ème Vice-Président de Région Guadeloupe De gauche à droite: Maryse Etzol, Présidente CCMG, Camille Pélage, 5ème Vice-Président de Région Guadeloupe

Grand Bourg. Mercredi 8 février 2017. CCN. Visiblement le projet Albioma contribue à polluer très sérieusement et peut être durablement le climat socio-politique à Marie Galante. Quand en 2012, le projet initial est présenté, il semblait faire la quasi-unanimité des élus… Mais avaient-ils tous bien lu le dossier ?

Une convention avait alors été signée... 

5 ans après, les industriels d’Albioma ont redimensionné leur projet pour le rentabiliser et se proposent même de vendre de l’électricité en Guadeloupe. Ce projet est mécaniquement « adossé » à l’usine de Marie-Galante, déjà condamnée pour pollution. Les planteurs, à tort ou à raison, pensent que le refus de signer la convention avec Albioma met en danger leur avenir d’où un sentiment de colère et l’impossibilité de démarrer la campagne. De son côté, le représentant de l’État colonial francais joue aussi la montre pour verser la subvention nécessaire au démarrage de la campagne sucrière.

Maryse Etzol, la présidente de la Communauté des Communes de Marie-Galante (CCMG), est depuis quelques semaines vent debout contre le « nouveau » projet qui dit-elle utiliserait pour son fonctionnement du bois importé de l’étranger. Ce que refuse la présidente de la CCMG qui mène une vigoureuse campagne contre Albioma et les risques de pollution. Ainsi, invitée le week-end dernier au colloque du CIPN, Maryse Etzol s’est montrée très virulente à l’égard de Camille Pélage, conseiller régional et communautaire dans une intervention dont CCN reproduit de larges extraits.

Ce dernier, complétement abasourdi par la soudaineté de l’attaque de « sa présidente », publie une longue lettre ouverte dans laquelle il soutient objectivement le projet Albioma et souhaite surtout dans la foulée qu'elle reconsidère sa position. Il y aurait, selon Camile Pelage, un risque financier important à vouloir écarter Albioma. Le refus de la présidente de la CCMG de signer la convention pourrait aussi contribuer à « décrédibiliser » la collectivité. Comment sortir de cette impasse sans casse tout en garantissant l’avenir des planteurs ? C’est la question qui se pose avec acuité. Faudra-t-il une médiation des deux collectivités ? 

De son coté, Henry Joseph s’est exprimé sur les réseaux sociaux et propose autre chose pour Marie-Galante. Il s’agit du groupe Num Smo Technologies (NST), une entreprise guadeloupéenne de  « green tech » soutenue par le Conseil Départemental pour le traitement thermo-solaire des déchets. Mais pour l’heure, il s’agit avant tout de sortir par le haut dans ce complexe dossier Albioma. On est encore très loin…

 

 1. L’intervention de Maryse Etzol au colloque du CIPN (extraits)

 

«Je suis maire de Grand-Bourg depuis 2014, présidente de la communauté de communes depuis maintenant 1 an et demi. Et bien sûr, comme tout élu en responsabilité, en arrivant dans ces collectivités on fait le point pour savoir quels sont les moyens qui nous sont alloués, de quoi on dispose et quels sont les projets en cours... Arrivée à la communauté de commune, bien sûr, les comptes sont exsangues, quatre budgets en déficit et malgré tout une population qui compte sur vous. Ce qui m’a amené à me dire et  il faut que tu te secoues avec tous les conseillers communautaires pou ba fès aw twa tap pou ay chèché lagen la la y yé mé an tou ka ou pé pé di populasion la éternèlmen pa ni, pa ni é an pa ni ayen pou mwen fè baw paskè pa ni lagen. Partant de là, que ce soit à la commune de Grand-Bourg, que ce soit à la communauté de communes, nous avons répondu à des appels à projet...

Nous avons été retenus au titre du démonstrateur industriel pour la ville durable… Soixante quatre villes ont répondu et la seule pour l’Outre-mer qui ait été retenue est la communauté de communes de Marie-Galante. L’appel à projet est construit comme ça, il fallait y répondre avec des entreprises pour faire de Marie-Galante le terrain de jeu de ces entreprises qui devaient mettre en valeur l’excellence française. Bien sûr pas parce qu’ils nous aiment particulièrement mais simplement pour s’ouvrir au marché américain. Donc voilà en fait, ce sur qui nous a donné l’espoir et ce sur quoi on s’appuie toujours par ce démonstrateur industriel de la ville durable et pour cela nous sommes accompagnés par différentes entreprises françaises qui auront le plaisir de montrer leur excellence à Marie-Galante.

Lors de ma dernière interview sur RCI, on me demandait si j’avais trouvé des dossiers dans les tiroirs et j’ai dit effectivement que j’assume les dossiers trouvés dans les tiroirs puisque j’étais à l’époque moi-même conseiller communautaire. Cela ne veut pas dire que étant maintenant aux commandes, j’allais nécessairement poursuivre tous ces dossiers. Démonstrateur industriel pour la ville durable, l’option est résolument le développement durable du territoire. Ce démonstrateur industriel est basé sur quatre axes : la préservation de notre environnement et la mise en valeur, l’autonomie énergétique, l’autonomie alimentaire et l’agriculture durable et bien sûr au centre de tout cela l’Homme marie-galantais…

Vous savez que Marie-Galante, son identité même c’est l’identité agricole, c’est le côté rural de Marie-Galante auquel nous tenons. Marie-Galante vit de la canne et de son agriculture car je vous le rappelle Marie-Galante est le seul territoire de Guadeloupe sans chlordécone tout ceci fait que nous nous sommes dit que nous avons une carte à jouer dans ce domaine d’agriculture à Marie-Galante. Partant de là, nous voyons que les sucriers donc les propriétaires, la communauté de commune est propriétaire des murs de l’usine, ceux qui en ont l’exploitation c’est la SRMG le groupe Cofem de la Martiniquaise.

Ce sont ceux qui possèdent toutes les sucreries des DOM-TOM, il faut le savoir. C’est la famille Cayard. Cette famille exploite la sucrerie de Marie-Galante et a décidé d’externaliser la partie thermique car ça lui coûte trop cher.»

De là, savoir qui s’occuperait de cette centrale thermique mais surtout comment sera-t-elle alimentée est devenu une question cruciale. Maryse Etzol rappelle que cette même question avait déjà opposé en son temps M. Selbonne à la Séchilienne-Sidec. Aujourd’hui devenue Albioma. la compagnie continue de vouloir imposer ses règles.  

« À l’époque, ils (les dirigeants de la Séchilienne) nous proposaient bagasse/charbon. Vous avez suivi le combat du Président Selbonne et de ses équipes à l’époque pour refuser le charbon à Marie-Galante, ce que l’Etat voulait nous imposer avec les promoteurs. Nous avons tenu bon et à ce moment-là, ils nous ont dit « On ne s’appelle plus Séchilienne-Sidec, on s’appelle désormais Albioma et on se lance dans la biomasse. Donc on vous propose de prendre le bois du Brésil et de vous proposer une centrale thermique bagasse/biomasse venant du Brésil ». Vous savez les liens faits entre la déforestation du Brésil et l’invasion des sargasses. Donc maintenant, ils nous disent « Non, on ne va plus le prendre au Brésil mais on va le prendre aux Etats-Unis et au Canada » Nous, dans notre projet démonstrateur où on prône l’autonomie énergétique, vous comprenez bien que cette dépendance au bois venant de l’extérieur nous pose un problème. Et c’est là que commencent à se corser les choses, j’ai dit ce n’est pas possible nous refusons ce projet en l’état. Il faut que vous revoyiez la copie car c’est contraire à notre projet de développement qui prône l’autonomie énergétique.»

Lors de son exposé, pendant lequel retentissait régulièrement des applaudissements appuyés, elle a poursuivi en indiquant que ces promoteurs voulaient surtout produire de l’électricité pour la revendre en Guadeloupe. Mais ce projet est très polluant donc elle répond : « Nous disons non, nous ne vendrons pas notre île, nous ne vendrons pas notre âme pour le bon plaisir de ces messieurs… La population nous suit, elle comprend. Bien sûr, il y a toujours de la désinformation. Quelques élus s’arc-boutent en disant même si tu as raison et en l’écrivant, notamment Camille Pelage, vice-président de la Région et mon troisième vice-président à la communauté de commune qui me dit « Présidente, tu as complètement raison mais n’oublie pas qu’il y a les élections en 2020. » Vous comprenez bien que je ne peux pas entendre ça. Je préfère perdre les élections en 2020. »

Maryse Etzol a également relevé le fait que Jacques Bangou avait considéré son projet « fort intéressant d’un point de vue écologique mais économiquement pas viable ». Elle répond qu’elle pas de leçon à recevoir des élus de Guadeloupe. « Ils me font doucement sourire. Quand on investit 100 millions et qu’on sait que dans 20 ans ce sera sous l’eau, j’ai mal pour mon pays. (référence au MACTe) Quand on voit l’état de Pointe-à-Pitre quand on a connu Pointe-à-Pitre, moi qui ait maintenant 55 ans, on a envie de pleurer. Je dis très franchement que je n’ai pas de leçon à recevoir en aménagement du territoire de ces élus là... »

Elle admet que ce doit être plus par méconnaissance que de méchanceté que ces élus prennent ces positions. Seuls Jalton et Serva ont ouvertement affiché leur soutien. Maryse Etzol se réjouit de voir qu’elle a pu susciter l’unité abymienne.

Et de conclure « Bwa pé ké rentré Marie-Galante ! »

 

2. La lettre ouverte de Camille  Pélage Projet de centrale bagasse/biomasse,

 

Madame la présidente

 

Le 23 janvier je  vous avisais par SMS de mon étonnement sur les méthodes que vous aviez utilisées pour informer les élus communautaires des évolutions du dossier de centrale de cogénération Je m’étonnais par la même occasion du manque de concertation, entre élus, avant la programmation de rencontres publiques et vous prévenais de mes réserves sur votre position (et celle des Maires de Marie-Galante).

En l’absence de réponse de votre part, le 24 janvier, je vous précisais par courriel mon avis, en l’état des informations dont je disposais, sur la question de la centrale biomasse. Ayant rappelé les réticences que je partage avec vous (même avant vous - 2012, journal de la FAPS) sur le projet ALBIOMA, je vous signalais la nécessité de ne pas tomber dans des travers qui ont affaiblis l’efficacité et détériorer l’image de la CCMG, à savoir l’absence de dialogue et le goût prononcé pour les disputes vaines.

Par ailleurs, j’attirais votre attention sur des questions de fonds qui m’apparaissaient essentielles d’approcher pour ne pas compromettre l’avenir des planteurs, à savoir, l’impossibilité juridique de non renouvellement de la convention signée avec ALBIOMA en 2012, les risques financiers qui pourraient en découler, ainsi que les risques de compromettre l’avenir de la SRMG, et se faisant, des récoltes en cours et à venir. Je renouvelais par la même occasion mon souhait de la tenue de réunions de concertation avec tous les signataires de la convention afin de convenir d’une solution concertée. Je regrette que là non plus, je n’ai pas obtenu de réponse. Face à votre silence, je n’ai eu de cesse, depuis 2 semaines, de glaner des informations pour bien comprendre les enjeux du projet de modernisation de la Sucrerie Rhumerie de Marie-Galante.

Il me plait de rappeler qu'un rapport diligenté en 2011 par le Conseil Général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des espaces ruraux, « Rapport Ménard », a déterminé 1 avec précision les enjeux de la filière canne à sucre à Marie-Galante et examiné les conditions nécessaires au renouvellement de la convention Etat-Région-Planteurs. Conseil Général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des espace ruraux, Rapport provisoire relatif aux enjeux de la 1 filière canne à sucre à Marie-Galante établit par Jean-Noël Ménard, Ingénieur Général des ponts, des eaux et des forêts. L’étude des scénarios conclut que « l’avenir de la sucrerie de Marie-Galante doit s’envisager avec un adossement à une unité énergétique valorisant la bagasse.

L’étude effectuée suggère en outre une externalisation de l’activité distillerie et un recentrage de l’unité industrielle sur la fabrication du sucre, sa valorisation et accessoirement le vieillissement du rhum pour le marché local. Ce recentrage doit favoriser le développement de la valorisation du sucre en visant, en sus d’une part du marché local, des marchés de niche (sucre spéciaux, emballage à forte valeur ajoutée…). L’image positive pré-existante de Marie-Galante pourrait justifier le dépôt par les planteurs d’un dossier de création d’un IGP, direction paraissant plus réaliste que la conversion à l’agriculture biologique préconisée par certains acteurs. Il s’agit toutefois de projets à moyen terme, dont la faisabilité dépend au préalable d’une modernisation de la transformation industrielle de la canne en sucre ».

Force est de constater que le projet de modernisation soutenu par la SRMG et les planteurs, à travers la SICAMA, s’inscrit parfaitement dans ce schéma. Aussi, fort des documents en ma possession et des entretiens réalisés, il m’apparait que :

1 - Le risque juridique lié à une éventuelle dénonciation de la convention signée par la CCMG, les collectivités majeures, l’Etat, la SICAMA et les industriels en juillet 2012 est bien réel. Ce risque m’a été confirmé par 2 amis avocats, spécialistes de droit public, consultés séparément.

Il faut considérer le compte rendu en date du 22 juin 2016 du comité de suivi de la convention qui impute les retards dans l’exécution des obligations relevant de ALBIOMA à la mise à disposition tardive du foncier par la CCMG ; d’autant plus que ce fait est attesté par les propres courriers émis par la CCMG en octobre et novembre 2013. Je note d’ailleurs, qu’à ce jour, nous n’avons toujours pas statué sur les modalités financières et juridiques y afférent.

2 - Par conséquent, le risque financier s’avère bien réel. En plus de 2,5 millions d’études engagés par le porteur de projet, il peut se prévaloir d’un engagement de la CRE sur 30 ans , soit un chiffre d’affaire estimé grossièrement à près de 420 millions d’euros. Si l’on 2 rajoute à cela le montant de l’investissement de 80 millions prévus, nous pouvons évaluer les montants en jeu à près de 500 millions d’euros.

Tout dépendra alors de la base de calcul retenue par le juge. Mais, chacun des deux juristes consultés s’accorde pour dire qu’il n’est pas improbable que les indemnités pour préjudice soient très importantes. Par ailleurs, les signataires, particulièrement l’Etat, peuvent être appelés à partager le préjudice, in solidum, avec la CCMG. A ce propos, j’ai pu constater lors de mes recherches que ALBIOMA Marie-Galante pouvait se prévaloir d’un arrêté datant de décembre 2015 du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie l’autorisant à exploiter une installation de production d’électricité à Marie-Galante ; d’un 3 arrêté préfectoral datant d’avril 2016 portant autorisation d’exploiter une centrale électrique bagasse/granulés de bois sur le territoire de la commune de Grand-Bourg à l’issue du Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques et d’un permis de construire signé par le préfet. En clair, à ce jour, hormis les retards pris dans la réalisation des travaux de construction de la centrale (imputables largement à la CCMG), ALBIOMA a respecté tous ces engagements.

Délibération de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) en date du 26 juillet 2011 2 journal officiel de la république française en date du 22 décembre 2015 3 3 - Au delà du risque de procès avec ALBIOMA, l’alternative industrielle proposée par la CNR est peu crédible. Je n’ai en effet trouvé aucun document qui atteste d’une expérience de la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) en matière de couplage d’une unité de production de vapeur et d’électricité à une usine à sucre, au contraire de ALBIOMA !

En 4 dehors de la recherche de profit résultant de la production d’électricité qui caractérise ces 2 multinationales, il me semble que l’essentiel réside dans la compatibilité de l’offre avec les besoins de la SRMG et des planteurs notamment en matière de rémunération de la bagasse livrée. Si le site internet de la CNR annonce qu’ils sont les premiers producteurs 5 français en matière d’énergie renouvelable, il précise que leurs champs d’intervention s’arrête à l’hydroélectrique, au solaire et à l’éolien. Le patrimoine présenté par la CNR sur leur site internet et même les informations que l’on peut consulter sur les sites généralistes , ne mentionne aucune unité de production de bagasse/biomasse à leur actif. 6 Qui plus est, le Cabinet De Smet Empra dépêché par la CNR déclare que son analyse « se réfère à des valeurs pratiquées au Brésil, spécialement pour le génie civil et les références de montage.

Les équipements proposés ne sont pas conformes aux normes françaises et/ou européennes ». Dès lors, le projet de la CNR apparaît comme beaucoup 7 moins séduisant ; d’autant plus que les valeurs annoncées en vapeur ne peuvent pas satisfaire les besoins de la SRMG ou des planteurs en matière de tonnage de cannes broyées par jour (1200t au lieu des 1800t/jour nécessaires). 4 - Les reproches formulés sur les impacts négatifs que pourrait avoir le projet défendu par les planteurs et les usiniers sur notre environnement, s’ils sont audibles, ne peuvent pas constituer des arguments recevables.

D’autant plus que la controverse est tout aussi valable pour les projets éoliens ou solaires avancés comme énergie propre. Est-il besoin de rappeler la pétition signée par des centaines de Marie-Galantais contre le projet d’installation d’éoliennes à Saint-Louis ou la pollution représentée par le site solaire de Capesterre ou encore les reportages sur les conséquences environnementales et humaines dramatiques du « recyclage » des panneaux solaires ?

Aussi, de manière très factuelle, je me suis inquiété de savoir ce que le tribunal de Fort-de-France avait pu retenir en septembre 2016 pour motiver la suspension du permis d’exploitation de la centrale GALION 2. En fait seul l’argument du ‘stress hydrique’ a été validé ». Par contre, tous les 8 arguments liés à la pollution ont été rejetés. 

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