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Covid-19 et politique : Le Gouvernement français contraint de déclarer un « état d’urgence sanitaire »

22 Mar 2020
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Lundi 22 mars 2010. CCN. Exclusif. On sait maintenant que dès le début du mois de Janvier 2020 au moment où la Chine était encore en pleine crise du COVID-19, que le gouvernement français pourtant bien informé de la situation, a refusé de prendre toutes les mesures préventives nécessaires. Près de deux mois après, on mesure déjà l’inconséquence, l’amateurisme, l’absence totale de réactivité et les résultats au plan humain et économique de ce retard décisionnel.  Pour tenter de sauver ce qui peut l’être, les 2 chambres françaises : le Sénat et l’Assemblée après une session en commission mixte ont publié une loi Covid-19, sur « état d’urgence sanitaire » conférant ainsi à Macron, à Édouard Philippe, des pouvoirs exceptionnels au moins jusqu’au mois de mai.

En Guadeloupe surtout et dans toutes les dernières colonies françaises à cause de l’impréparation sanitaire, l’absence de la logistique nécessaire, l’incroyable immobilisme des services de l’État colonial français (ARS, Préfecture…), ce sont hélas des vies humaines qui seront le lourd tribut à payer, à ce qui s’apparente à un « crime d’état ».

Politique :  Le second tour municipales en juin 2020 ou à refaire.

Le projet de loi d’urgence sortira sans doute dans les prochaines heures. Il s’intéresse dans son premier article à la question, qui semble essentielle au pouvoir français : le second tour des élections municipales.  « Le second tour du renouvellement des conseillers municipaux et communautaires, des conseillers de Paris et des conseillers métropolitains de Lyon initialement fixé au dimanche 22 mars 2020 par le décret n° 2019-928 du 4 septembre 2019 fixant la date du renouvellement des conseillers municipaux et communautaires, des conseillers de Paris et des conseillers métropolitains de Lyon, est reporté au plus tard au mois de juin 2020.  »  

Cela signifie en clair que les maires qui ne sont pas réélus et/ou en situation de ballotage restent en place : bonjour l’ambiance !  Car le projet de loi, stipule que : Au plus tard le 10 mai 2020 est remis au Parlement un rapport du Gouvernement relatif à l’état de l’épidémie de covid-19, aux risques sanitaires. »  Après le 10 mai et selon les rapports des scientifiques. Et aussi au vu de situation sanitaire on saura si oui ou non le 21 juin , ce second tour sera organisé. Le cas échéant, le 1erer tour pourrait. Être annulé et refait ! 

Épidémie : L’État d’urgence sanitaire et ses conséquences.

Face à une situation qui commençait au plan sanitaire à devenir ingérable, voire à s’italianiser, Macron et son gouvernement ont dû enfin se décider à se « donner des moyens politiques » pour essayer de freiner la marche mortelle du virus. Les 2 chambres, après d’âpres discussions (les parlementaires guadeloupéens, étant tous confinés en Guadeloupe, n’ont guère pu participer activement aux débats. On sait Dominique Théophile avait proposé un amendement, qui avait été rejeté, puis revisité !)se sont accordées pour confier au gouvernement toutes les prérogatives  de l’état d’urgence. : « La déclaration de l’état d’urgence sanitaire donne au ministre chargé de la santé le pouvoir de prescrire par arrêté motivé toutes les autres mesures générales et les mesures individuelles restreignant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion, visant à mettre fin à la catastrophe mentionnée à l’article L. 3131-20. Ces mesures sont proportionnées aux risques encourus et appropriées aux circonstances de temps et de lieu »

Cet Etat d’urgence sanitaire va renforcer en Guadeloupe et dans les autres colonies françaises, les pouvoir des « gouverneurs ». Lorsque le Premier ministre ou le ministre de la santé prennent des mesures mentionnées. ils peuvent habiliter le représentant de l’État territorialement compétent à prendre toutes les mesures d’application de ces dispositions, y compris des mesures individuelles. Ces dernières mesures font l’objet d’une information du procureur de la République.

Le non-respect des mesures de confinement qui vont être renforcées après la publication de la loi seront, on s’en doute plus restrictives. Ce ne sera plus 135 euros mais 6 mois d’emprisonnement ou 10.000 euros d’amende.

A qui la faute :  Le néo gouverneur ou les croisiéristes ?

Il est clair que cette loi arrive très tardivement. Car si le néo gouverneur de la Guadeloupe avait pu disposer de ces moyens, peut-être aurait-il pu interdire dès le mois de janvier le trafic des paquebots italiens et le débarquement de touristes étrangers dans notre pays.

On est à la politique fiction. Car si la ministre de la santé, le 1er Ministre, la porte-parole du gouvernement (cf. la vidéo sur notre site) et même certaines sommités scientifiques n’avaient pas médiatiquement, pour rassurer l’opinion, sous-estimés ce qui se passait en Chine. Que de vies auraient été épargnées.

Car les allées venues des croisiéristes guadeloupéens, sans contrôle, sans suivi, sans tests, ont largement facilité la propagation du virus. La tenue des élections le 16 mars, en pleine crise, du covid, en dépit de quelques précautions très sommaires, n’ont pas permis de freiner l’avancée du virus. Il est à craindre que de nombreux électeurs en participant joyeusement sans barrières aux libations d’après les résultats peuvent être contaminés. Nous ne sommes pas encore au pic de la pandémie, la cinquantaine de cas. D’aujourd’hui, ne pourrait n'être qu’un début.

On ne souhaite pas que les choses empirent mais à écouter les responsables de la santé Guadeloupe, on sait bien que nous manquons cruellement de tout : masques, lits de réanimations, respirateurs, gels hydro-alcooliques cela pourrait (personne ne le souhaite) être préjudiciable à ces guadeloupéens infectés qui auraient du mal à être pris en charge.

La faute à un gouvernement imprévoyant qu’une loi votée tardivement, ne peut pas totalement l’exonérer de sa responsabilité.

 La Solution Cubaine ?

Sinon la solution possible est cubaine. Mais elle risque d’être rejetée d’emblée par l’ARS et les responsables de l’URPS médecins des Antilles-Guyane. Pourtant d’autres pays comme la Jamaïque, l’Italie, ou le Surinam, ont fait appel à à des médecins cubains. Ceux-ci toujours disponibles, efficaces et bien rodés pour combattre ce virus. Le sénateur Dominique Théophile, en contact avec Cuba depuis tantôt souhaite, prendre l’initiative mais sera-t-il écouté ?

Danik Zandwonis

 

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

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