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Saint Martin. Révélations CCN : Comment et pourquoi Daniel Gibbs et Ary Chalus veulent casser la Semsamar ?

01 Déc 2018
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Pointe-à-Pitre. Samedi 1er décembre 2018. CCN. Il y a de cela quelques) semaines, Caraibcreolenews.com (CCN) informait   des pressions exercées par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) Habitat (ex SNI) par l’intermédiaire de l’Etat colonial francais, pour récupérer la Semsamar dans son giron. L’investigation que CCN avait faite sur ce sujet a eu le mérite de contraindre très provisoirement à une marche arrière le plan machiavélique qui se dessinait. Mais la « trêve » n’aura été que de courte durée. Selon nos dernières informations. La feuille de route définie par l’État colonial français et se suppôts en Guadeloupe et à St Martin prévoit la prise de contrôle totale de la Semsamar avant le 31 décembre 2018.

La Collectivité de St-Martin s’apprêterait ainsi à modifier la gouvernance de la Semsamar afin de faciliter les plans de CDC Habitat. Des indiscrétions nous permettent d’affirmer que Yawo Nyuiadzi, actuel Président de la société d’économie mixte devrait lors du prochain Conseil d’Administration le 18 décembre 2018, devenir le PDG du groupe éclipsant ainsi la trop gênante Directrice Générale actuelle, Marie-Paule Bélénus-Romana (MPBR°) à laquelle il restait deux ans pour achever son mandat et la reconstruction du Parc. Appât du gain facile, faiblesse politique, vision opportuniste et court-termiste, enrichissement personnel ? il faut s’interroger sur ce « mauvais coup » porté à la Semsamar

Aux « commandes » pour les basses œuvres deux présidents sous le contrôle d’un autre Daniel Gibbs, ( Com St Martin ), Ary Chalus ( Région Guadeloupe ) et Jupiter-Emmanuel Macron ( France coloniale ).  Récit CCN d’un démantèlement… en marche !

Les élus de la majorité territoriale manipulés

A la suite de notre précédent papier d’alerte mais ô combien dérangeant, qui avait été comme un pavé dans le « Marigot » St-Martinois (côté Com) mais aussi dans celui de la Guadeloupe, (côté Région) le Président de la Semsamar Yawo Niyuadzi avait fini par affirmer, il y a un mois à peine que « la révocation de la DG n’était pas à l’ordre du jour » (Sic). En Guadeloupe, contre le déchoukaj de MPBR et le démantèlement de la Semsamar, les réactions avaient été très nombreuses. Mais curieusement, Ary Chalus le président de Région, avait longuement tardé avant de se manifester très timidement. Son « bigidi » a alors suscité de nombreuses interrogations y compris dans sa propre majorité. Ainsi son 1er V Président, Guy Losbar, par le biais du GUSR a d’ailleurs affirmé avec force son soutien à la Semsamar. On comprend parfaitement qu’aujourd’hui   pourquoi ‘entre les deux hommes, la hache de   guerre est déterrée. Ary Chalus a donc choisi son camp, celui de Macron, l’objectif étant de casser la Semsamar. A St-Martin, Daniel Gibbs, le président de la Com va dans le même sens que Chalus.   D’abord stigmatisé par Macron, le voilà lui aussi   aux ordres. ET c’est Yawo Niyuadzi, St Martinois de récente adoption qui est à la manœuvre.

Il est certain que ses allers retours rue de Varenne dans le 7e à Paris ces dernières semaines ont permis de mettre en œuvre le plan dont la dernière scène est prévue le 18 décembre. Un élu nous a confirmé que le prochain Conseil territorial de la Collectivité de Saint-Martin, le 13 décembre, devrait comprendre en son ordre du jour un point sur l’évolution de la gouvernance de la Semsamar

Celle-ci se traduit, juste, par la nomination précipitée, du Président de la Semsamar en tant que Président Directeur Général justifiant l’éviction d’une Directrice Générale à laquelle toutes les tentatives de reproches sérieux justifiant sa révocation sèche avant le terme de son mandat ont finalement avorté.

Il faudra désormais passer en force et par la ruse. La stratégie consisterait à obtenir une majorité au Conseil Territorial pour se prémunir de toute défaillance des administrateurs de la SEM. Le Président Gibbs a ainsi souhaité se garder d’une fronde de ses propres élus tenus éloignés pour la plus part des manigances en cours. Des dissensions étaient déjà apparues chez les élus de la majorité et le risque de scission était latent car fatigués du style nombriliste de leur chef de file plus intéressé aux courbettes à l’extérieur que par sa population et ses élus. Or, les administrateurs de la Semsamar sont tenus de se conformer au vote du Conseil territorial une fois au Conseil d’Administration de la société d’économie mixte, lequel aura lieu le 18 décembre soit 4 jours après la grande messe territoriale.

Nyuiadzi-Romana.jpg

 

 

Selon nos informations, la semaine dernière une équipe de cadres de la SEM a ainsi été convoquée en catastrophe à une mascarade de Conseil Territorial à huis clos pour dresser en une demie heure un bilan et les perspectives de la société.

Des questions provenant des membres même du Conseil d’Administration de la Semsamar ont eu de quoi surprendre. Le Président Yawo Nyuiadzi par exemple a faussement interrogé les cadres sur la capacité de l’outil à être indépendant de ses financeurs ou encore à supporter son propre développement, semblant méconnaître le modèle économique d’une société d’économie mixte. A se demander même s’il n’a jamais vraiment été expert-comptable, c’est dire Président de la Semsamar depuis plus d’un an ! Il faut dire que Pascal Hoffman, Directeur régional de CDC Habitat et donc administrateur de la SEM, avait bien tenté de faire la leçon et de préparer les administrateurs de la SEM, issus de la majorité territoriale, à répéter que la Semsamar aurait bientôt des difficultés de trésorerie. A sa demande une énième évaluation de la Sem a récemment été lancée et les contrats de travail de tous les cadres avaient été réclamés. Une mise à mal de la trésorerie de la Sem qui aurait été « demandée » par CDC Habitat, elle même, à la fois banquier et actionnaire de la Semsamar, très intéressée à reprendre la société. Le risque de conflit d’intérêt semble réel. Entre autres choses, les cadres présents à ce Conseil Territorial « secret » se seraient fait invectiver par une élue de l’opposition, dans le silence assassin d’une assemblée acquise à ses propos, au prétexte qu’aucun d’entres eux ne seraient St-Martinois. « Yo pa enmé ayisyen mè yo enmé mizik ay » pour reprendre le tube d’Admiral T, déclinable à l’infini en remplaçant haïtiens par dominicains, guadeloupéens, martiniquais, guyanais etc…

Il est aussi vrai que les « Fucking White », « Fucking Gwada » gangrènent une société St-Martinoise qui semble renier sa « diversité » en fonction du vent et de ses besoins versatiles. Il avait déjà été rapporté les propos du Président Gibbs affirmant qu’il n’avait pas besoin des guadeloupéens

Yawo-Dzifa Nyuiadzi, un PDG bien St-Martinois ?!

Il semble y avoir désormais urgence à faire porter la Direction Générale par un St-Martinois « pur jus ». Yawo Nyuiadzi semble remplir toutes les conditions pour devenir PDG de la structure afin d’être le garant de la représentation de l’identité St-Martinoise à la tête de la Société d’économie mixte. Et vu ses compétences techniques, le futur Directeur des services opérationnels devrait, prenons les paris, aussi répondre aux exigences identitaires. Les élus de la COM ont décidément un sens de l’humour décapant. Expert-comptable à l’origine, Yawo Nyuiadzi serait parfaitement disponible, une mauvaise affaire lui aurait depuis peu libéré beaucoup de temps libre.

Certains observateurs se sont émus au gré de l’immatriculation, très récemment, de sociétés de gestion patrimoniale par ses proches ou directement par lui. Le futur PDG de la Semsamar serait un homme très prévoyant !

Daniel Gibbs très naïf croit faire l’affaire du siècle en réglant plusieurs problèmes d’un coup. CDC Habitat le débarrasse du logement social qu’il exècre profondément. Ce n’est pas un secret, il préférerait ne pas en avoir sur son territoire et rêve plutôt de programmes d’accession à la propriété. Quelles sont les garanties dont bénéficieront cette fois les St-Martinois car la défiscalisation n’a attiré que des chercheurs de filons vite repartis ? Pas de logement social, pas de pauvres, pas d’étrangers dirait-on pour résumer la pensée plutôt simpliste du Président Gibbs. En effet, le retour des ghettos à St Martin sera pour bientôt comme avant l’Ouragan Luis où les logements sociaux avaient endigué le phénomène et assainit l’habitat.

CDC Habitat est partisan de la vente des logements sociaux en vue de récupérer les plus value-latentes pour financer des programmes de logements intermédiaires. Gibbs pense à tort qu’il pourra ainsi récupérer une partie, mais visiblement il se trompe lourdement.

En contrepartie du versement de l’aide de 6 Millions d’euros en faveur de la reconstruction des bailleurs sociaux la COM doit s’engager à renoncer à ses dividendes perçus de la SEM pendant 3 ans. Un chantage digne du fameux test du Marshmallow dans son étude sur la gratification différée. Aussi, même en cas de vente d’une partie du patrimoine de la SEM, la COM n’aura jamais de cash de l’Etat qui n’a aucune confiance en sa technostructure et encore moins en son Président et son entourage.

Le froid glacial des relations avec Le Préfet Philippe Gustin en témoigne. Il y a encore plus intéressant. Le projet de loi Elan qui préconise la vente des HLM prévoyait un amendement, finalement retiré, proposant d’ouvrir le capital des sociétés de vente HLM aux investisseurs[1].

Des opportunités pour les copains de l’immobilier L’article 74 est mort : le néo colonialisme s’installe

Mais, il ne faut pas douter que des opportunités locales liées à la gestion patrimoniale sauront naître et permettre aux plus prévoyants de tirer leur épingle du jeu. Les accointances de la majorité Gibbsienne en place avec le monde de l’immobilier ne sont plus à démontrer. Epoux, épouse, amis… D’ailleurs le Président de la Collectivité faut-il le rappeler se prédestinait à devenir Notaire et connaîtrait bien l’activité de marchand de biens.

Autre bizarrerie observée ces dernières semaines à la Collectivité de St-Martin, des ressources vives de l’Agence Française de Développement (AFD), déjà au nombre de 3 bientôt renforcées par 3 nouvelles recrues « prêtées » par l’État français, pour la plus grande joie de Gibbs.

Le Président a refusé de se faire assister par l’ingénierie de la Semsamar préférant celle de l’AFD pour ne pas risquer de revenir aux coutumes de la commune a-t-il argumenté. Avant de se fendre d’une explication pas vraiment convaincante sur l’époque où les délibérations du conseil municipal étaient rédigées par le Directeur général de la Semsamar présidée par Victor Gibbs, père de l’actuel Président, toujours actionnaire de la SEM. Daniel Gibbs préfère ainsi la main mise de l’Etat qui annonce le retour clair et net de l’Etat colonial ni plus ni moins avec l’approbation des représentants du peuple qui ont pourtant souhaité une évolution institutionnelle dont ils n’ont pas les moyens. St-Martin une néo colonie caribéenne !

A défaut de courage et d’idées, la seule option selon Gibbs serait bien de dilapider les bijoux de famille conforté certainement par les murmures à ses oreilles attentives d’un Nicolas Sarkozy, un de ses modèles, dont il revendique être resté très proche. Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, était destinataire de notes blanches émises par André Yché, actuel Président de CDC Habitat l’encourageant à entreprendre des réformes décriées du logement social reprises à son compte par Macron.

Emmanuel Macron, on s’en rappelle, la larme de crocodile à l’œil feignait de s’émouvoir de la détresse des sinistrés d’Irma. En réalité et nous l’aurons bien compris, il tendait un piège à la Semsamar qui a transcendé l’injonction présidentielle de réparer les logements au 31 décembre 2018. La SEM à grand renfort de moyens est en passe de remporter le Challenge. Dans le même temps, la SIG propriété de CDC Habitat n’avait pas commencé les siens avant novembre.

La COM a-t-elle les moyens du « St-Martin first » ?

« St-Martin first » pourrait bien correspondre au nouvel état d’esprit de la Collectivité de St Martin, prête à lâcher toutes les autres collectivités partenaires telles que la CTM en Martinique et la CTG en Guyane. Ces deux collectivités vont apprécier. La Guyane qui souhaite depuis plusieurs années intégrer le capital pourrait purement et simplement renoncer à faire assurer son développement par la Semsamar. Quant à la Région Guadeloupe, le Président Chalus est dans la confidence des Dieux et s’emploie à encourager le Président Gibbs à se débarrasser de la mission Semsamar. La société d’économie mixte vaut ce qu’elle vaut aujourd’hui grâce à ce pacte Antillo-Guyanais que le Président de St-Martin s’apprête à balancer aux orties sans autre formalité. Sans les autres régions et la multidisciplinarité du groupe, c’est une coquille vide que Gibbs va récolter en faisant preuve d’un abus de majorité préjudiciable à tous. Il ignore en effet que même le prétendu soutien d’Ary Chalus s’avérera un coup tordu. Par cette opération le Président de la Région Guadeloupe semble faire d’une pierre deux coups. D’abord, il tente de neutraliser Guy Losbar (adversaire probable aux Régionales ?) Dont le charisme tranquille et l’air réfléchi tranche avec le style agité du Président de la Région. Guy Losbar sait fonctionner avec l’outil Semsamar et le mettre à profit du développement de sa commune Petit-Bourg. La trêve entre les deux hommes est donc rompue et l’entente n’est que façade. L’affaire Semsamar   et leur différence d’appréciation sur cette question a mis à mal leur relation. Mais 2021 c’est encore à la fois loin et proche. Pour l’heure Chalus souhaite éclipser la Semsamar dans laquelle il n’est pas majoritaire au profit de la SEM Patrimoniale et de la SEMAG à condition d’en être aussi l’actionnaire majoritaire. Gibbs lui, à défaut d’une droite à laquelle se raccrocher n’a d’autre choix que de marcher avec Chalus en direction de Macron et de se conformer à ses attentes. Au cours de ses pérégrinations en Guadeloupe, de plus en plus fréquentes, Gibbs devrait se rappeler que les Guadeloupéens ne risquent pas d’apprécier longtemps la néo-xénophobie St-Martinoise qui se développe...

Ce que, nous mijote Ary Chalus

Ainsi, le Président de la Région Guadeloupe se prépare à soumettre au vote de la plénière du Conseil Régional du mardi 4 décembre l’augmentation de capital de la SEMAG et renforcer ainsi la position de la Région Guadeloupe au détriment du Conseil départemental. Josette Borel-Lincertin qui avait esquivé de peu le coup de poignard affuté qui allait lui être porté par son Directeur général Laurent Boussin, s’y oppose fermement. Elle bénéficie du soutien de Victorin Lurel qui lui demande de résister aux assauts intéressés d’un Chalus soucieux de rapporter le trophée Semsamar à Macron. Chalus escompte emporter dans son « larel » toutes les communes actionnaires de la SEMAG à moins qu’il ne compte encore mieux se passer d’elles aidé par la CDC Habitat, actionnaire également de la SEMAG. Autre point qui sera débattu : décider de la contribution de la Région à la Fondation contre l’esclavage qui prendrait place au Mémorial Acte. Mise en place par l’Etat, cette fondation aurait comme actionnaire privé, pour 50 % des parts, CDC Habitat. ! Qui l’eut cru ?

CDC Habitat ou le bras armé de l’Etat pour replonger en colonie française.

Si CDC habitat avec l’aide efficiente de Gibbs et de Chalus, réussit sa manoeuvre, ce sera la fin du rêve d’autonomie et pratiquement le retour au temps du joug institutionnel et l’échec cuisant de l’article 74 à St- Martin, ce qui risque d’emporter dans sa chute la CTM et la CTG.

C’est aussi le recul d’un partenariat inter-régional de 30 ans, susceptible de dégager des économies d’échelles et une synergie entre les territoires au profit de la libre détermination des collectivités à décider pour elles-mêmes.

Dans l’intervalle, la seule question qui vaille soit de s’assurer de la fin de la reconstruction des logements à Saint-Martin. En plus du « déchoukaj » de MPBR, Les cadres « étrangers » de la Semsamar (Guadeloupéens, Martiniquais, Guyanais) seront-ils maintenus et surtout accepteront-ils de rester pour faire le sale boulot avant le « nettoyage » général ? Qu’adviendra-t-il des salariés ?

Mais cela CDC Habitat et la COM, et Chalus ne semblent pas vraiment s’en soucier leurs. C’est cela le vrai visage du Macronisme que soutient Chalus et quelques autres Y aura-t-il de la part des élus guadeloupéens, de la société civile un ultime sursaut ? Peut-on encore sauver la Semsamar ? pas sûr.

 

 

 

 

 

 

 

 


[1] https://www.liberation.fr/france/2018/05/30/les-fonds-prives-a-l-affut-du-logement-social_1655504

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