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Aérien. Toute la Caraïbe avec un seul billet ? Oui, ce sera possible avec Caribsky*

19 Nov 2018
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Willemstad (Curaçao). Lundi 19 novembre 2018. CCN. En février 2017, Air Antilles inaugurait sa première ligne régulière entre la Guadeloupe et la Barbade. Depuis, inlassablement, Serge Tsygalnitzky, Eric Koury parcourent la Caraïbe pour tenter d’élargir l’horizon du transport aérien. Il s’agit pour eux de convaincre les responsables politiques et économiques de « Notre Caraïbe », qu’il est plus que temps que le 6è continent soit enfin accessible à tous les Caribéens. Jeudi dernier, c’est à Curaçao, sur l’aéroport de Hato, que le nouvel ATR72-600 a atterri pour le 1er vol inaugural d’Air Antilles vers Curaçao.

Il faut un peu plus de 2h30, en quittant Pôle Caraibes-Mariz Condé, l’aéroport de la Guadeloupe, pour se rendre à Curaçao. Jusqu’ici, cette île n’était qu’une destination pour les croisiéristes. Désormais, avec le projet Caribsky*, initié par Air-Antilles, la Winair, auquel est venu s’adjoindre la LIAT, Guadeloupéens et Martiniquais pourront se rendre aisément à Curaçao.

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De gauche à droite, Eric Koury, Michael Cleaver et Serge Tsygalnitzky

Pour autant, la bataille du ciel caribéen est loin d’être gagnée. L’un des obstacles, et pas le moindre, est quoi qu’on dise, politique. Des 35 destinations possibles dans la Caraibe, il n’y a guère plus que la Guadeloupe et la Martinique à être à 100% sous une tutelle européenne, c’est-à-dire que les décisions majeures de ces deux îles-pays ne sont prises ni à Fort-de-France, ni à Basse-Terre.

Ouvrir de nouvelles destinations aux Cari-Guadeloupéens et aux Cari-Martiniquais, peut sembler, dans le sens Caraïbe francophone vers les autres îles de la Caraïbe presqu’une « formalité administrative » au regard de la somme de obstacles que doivent surmonter les initiateurs du projet Caribsky que sont Serge Tsygalnitzky et Eric Koury. Mais ils sont loin de se décourager, car ils y croient et ils ont raison.

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Sitôt arrivé à Willemstad, la capitale de Curaçao, comme ce fut le cas pour Bridgetown à Barbade l’an dernier, c’est aussi un ministre, en l’occurrence celui du tourisme de Curaçao, Steven Martina, qui a accueilli, dans les salons de l’hôtel Renaissance, très chaleureusement et très protocolairement la délégation guadeloupéano-martiniquaise composée de journalistes des deux îles-pays, des représentants de la BNP mais aussi les « patrons » des aéroports de la Guadeloupe (Alain Bièvre) et de la Martinique (Frantz Thodiard).

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Côté politique, c’est Sonia Taillepierre, Vice-présidente de la Région Guadeloupe, en charge du tourisme qui s’est très clairement exprimée lors de la conférence de presse, en affirmant, dans son intervention qu’« Il est plus facile pour nous d’aller en France Hexagonale, en Angleterre que d’aller à Sainte Lucie ou à Curaçao. L’histoire explique cela. Certes, il convient aujourd’hui de changer la donne, de parier sur les bienfaits d’une ouverture à l’autre, sur les bénéfices d’une coopération respectueuse de nos intérêts réciproques. Notre développement en dépend.

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Il n’existe pas de réseau de transport aérien structuré à l’échelle de la Caraïbe.

Le projet Caribsky vise à répondre à ce défi en ayant comme chef de file Air Antilles Express, comme partenaires la LIAT, la Winair, la Discover Dominica et, comme partenaire observateur, l’organisation des Etats de la Caraïbe orientale. Coût : près de 5 millions d’euros essentiellement financés par les Fonds européens (FEDER) ». Il s’agit de lier les compagnies aériennes qui œuvrent dans la Caraïbe, de connecter les Etats afin d’optimiser le transport aérien régional ».

Michel Koury et Serge Tzygalinsky ont, une fois de plus, expliqué tous les enjeux de cette ouverture du ciel caribéen pour les compagnies qui se sont fédérées pour la réussir. Tout en se montrant relativement optimistes, les responsables d’Air Antilles, de la Winair et de Liat ont tous insisté sur le fait que ce challenge était non seulement « jouable », mais quasiment indispensable pour le développement de ces compagnies aériennes. Il faut rappeler que la Caraïbe, dans son ensemble, ce sont 35 destinations qui ne sont pas toutes desservies à partir des Antilles francophones.

 

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Au départ de la Guadeloupe et de la Martinique, Air Antilles est déjà présente sur 6 destinations : Ste Lucie, Dominique, la République Dominicaine, Porto-Rico, Saint Martin et la Barbade. L’ouverture prochaine de la ligne vers Curaçao consacre bien la volonté d’ouvrir toutes les portes du ciel caribéen. Il en reste encore un bon nombre : Trinidad, St Croix, St Vincent, Grenade. Des destinations qui sont déjà couvertes par la LIAT.

On comprend alors que le lyannaj entre ces 3 compagnies devrait, dans un proche avenir, permettre aux Cari-Guadeloupéens et aux Cari-Martiniquais d’aller pratiquement partout dans la Caraïbe et cela pour un prix qui pourrait, a minima, être dans une fourchette comprise entre 350 et 400 euros.

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L’autre question qui reste à résoudre est celle d’une équité dans les voyages. Nos cousins de la Caraïbe sont, pour la plupart, contraints d'obtenir un visa pour séjourner en Guadeloupe ou en Martinique avec tout ce que cela comporte comme tracasseries administratives franco françaises. Et c’est là que la politique reprend ses droits. La Guadeloupe et la Martinique qui sont encore soumises aux contraintes fixées par le ministère français des affaire étrangères peuvent-elles obtenir un assouplissement de règles pour faciliter les échanges dans les deux sens ?

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Eric Koury et Serge Tzigalnitsy ont voulu se montrer optimistes. C'est vrai le problème ne se posera pas pour les Curaçaolais. Cette île de 450 km2 et de 160. 000 habitants est, statutairement, un état autonome au sein des Pays-Bas, donc est considérée comme « européenne ». La question du visa ne se posera pas. Mais pour les autres ?

 

 

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CARIBSKY : Un lyannaj aérien intercaraïbe devenu indispensable

Le projet Caribsky , d’un montant total de 4,6 millions d’euros, est cofinancé par le programme Interreg Caraïbes, parmi lesquels 1,8 millions proviennent du Feder (Fonds européen de développement régional) et 417 500 euros du Fed (Fonds européen de développement). Le solde étant financé par les compagnies aériennes qui se sont accordées sur ce projet : Winair, Liat, Air Antilles et Discover Dominica Authority, Les îles des Caraïbes sont distantes en moyenne de 200 à 300 km, mais il existe peu de connexions transversales. Nous allons donc mettre en connexion nos réseaux, mais aussi effectuer des rapprochements concernant l’exploitation, les réservations et la finance. Les passagers pourront ainsi aller d’un bout à l’autre de la Caraïbe avec un seul billet. L’alliance de ces trois compagnies aériennes permettra, à l’avenir, de proposer une bonne trentaine de destinations caribéennes, ce sont donc les différentes cultures caribéennes qui vont se rapprocher, qu’elles soient anglophones, hispanophones ou francophones. 

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CCN

Webzine cari-guadeloupéen créé en 2008. Notre premier objectif est d'établir par ce biais un véritable lien entre les caribéens, qu'ils soient francophones, créolophones, anglophones, hispanophones. L'information est donc pour CCN une matière première d'importance capitale.

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