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Guadeloupe. Concert : Dominik Coco… dans la calebasse de sa kako Mizik

07 Aoû 2018
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Dominik Coco et ses choristes Dominik Coco et ses choristes

Pointe-à-Pitre. Mercredi 08 août 2018. CCN. Le concert unique donné le week-end dernier par Dominik Coco peut déjà être considéré comme historique. L’artiste-musicien qui s’est produit pendant près de 3 heures au Hall des Sports P. Chonchon de Pointe-à-Pitre, a fait la totale démonstration de toute l’étendue de son talent et de sa créativité. Le concept musical qu’il a créé et initié « Kako Mizik », n’a vocation à remplacer ni le zouk, ni le gwo-ka, ni la biguine, ou le reggae, parce que « Kako Mizik », c’est un peu de « chak », mais pas vraiment une synthèse. « Kako mizik » (est-il trop tôt pour le dire ?) est-ce une nouvelle voie de la musique nationale guadeloupéenne ? Les très nombreux spectateurs du concert, tous conquis ont apprécié : nous aussi.

Après des années d’une riche itinérance musicale : Volt Face avec Georges Decimus, Dominique Panol, Jeff Joseph, plus tard avec Soft, Fred Deshayes, Fuckly mais avec toujours en écho le gwo-ka, Dominik Coco a atteint la maturité.

Ce jeune cinquantenaire est au sommet de son art. Sa contribution à notre musique nationale est indéniable. L’autre soir en concert, Dominik Coco a tout donné et son public, qui a grandi avec lui, a été plus que comblé, car ce concert avait tout d’une vraie fête. Il suffisait de voir sur la scène, l’enthousiasme et l’entrain des trois choristes, pour se rendre compte que ce show était d’une grande qualité. Lydia Barlagne, Jenna Legros et surtout Meeme Nelzy n’ont pas été avares dans leur prestation.

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Photo : Memee Nelsy @DZ

Et puis il y eut aussi de grands moments avec des « guest stars », plus stars que guest, tels que Misyé Sadik, (saint-annais comme Dominik Coco), Easy Kenenga, Loïc Emboulé (dont le prochain CD est déjà attendu), venus, chacun dans leur style, contribuer au succès du concert. Mais la grosse et surprenante innovation pour ce show, ce fut non seulement des danseuses, mais pour la première fois, Dominik Coco a fait appel à une section cuivre, et pas n’importe laquelle : Christian Zora, (trombone), Richard Descieux (trompette), Eddy Latour (trompette) et Jean Luc Gering ont fait, pour l’occasion, de la « Kako Mizik » et ont donné cette touche parfois un peu zouk, d’autres fois plus salsa.

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Photo : Loic Emboulé @DZ

Car, en fait, cette « Kako Mizik » que Coco traîne et entraîne avec lui, est une savante alchimie très Caribbean qui fait que cette musique peut être jouée et appréciée aussi bien à Porto-Rico, à la Dominique ou Aruba. D’ailleurs, en Martinique, Dominik Coco est autant apprécié qu’en Guadeloupe.

L’artiste musicien a donc trouvé ses voix et sa voie, son « chimen an mwen », chante-t-il. « Kako Mizik » résulte d’un travail de réflexion. Ce n’est donc pas le fruit du hasard mais d’une démarche originale qui fait de Dominik Coco, plus qu’un auteur-compositeur, le créateur d’un genre nouveau.

Il y a de cela quelques années, alors que Kassav était déjà le porte étendard du Zouk, Pierre Edouard Decimus, l’un de fondateurs du groupe, jamais à court d'idées, a lui aussi souhaité créer autre chose. Ce fut « Koombeat West Indies », dont l’acronyme donne « KWI », un mot qui parle aux Cari-Gwadloupéyens. En effet, le kwi n’est autre que ce récipient usuel et traditionnel (définitivement écologique) fabriqué avec la calebasse, que les premiers habitants de notre pays, les Kalinas, utilisaient déjà… Hélas pour Décimus, son Kwi n’a pas prospéré, car dit-on chez nous, dans une calebasse, il n’y a jamais que deux kwi. Dominik Coco - fruit du hasard ou référence - a sorti en 2016 un CD au titre un peu énigmatique et qui, lui aussi, faisait référence aux kwi : « Dans la calebasse de mon île ».

Samedi dernier, les spectateurs de ce merveilleux concert ont tous fait le voyage dans la « Kako Mizik ». On peut cependant regretter la médiocre qualité acoustique du Hall des Sports, mais en attendant l’ouverture toujours retardée du Centre  des  Arts, les artistes musiciens de la Guadeloupe, n’ont guère le choix des salles. Alors ils font avec.

Les Martiniquais, qui adorent Dominik Coco, attendent déjà ce concert. Verra-t-on Coco et sa « Kako Mizik » à L’Atrium de Fort-de-France ?

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Photo : Dominik Coco @DZ

Jean Claude Bajazet, le producteur du concert en Guadeloupe, ne devrait même pas hésiter, sauf si, avant de donner à voir Coco à Fort de France, il décide de produire un autre grand de l’époque Coco : Jacques D’arbaud qui, semble-t-il, se prépare déjà : ni bon bwa dèyè !!!

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

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