Breaking News

Guadeloupe. Dépôt de bilan : L’Institut Régional de Pêche (IRPM) est anbadlo !

12 Jui 2018
1230 fois

Basse-Terre-Capitale. Mardi 12 juin 2018, complétement noyée sous une dette de 400 000 euros, et quasiment impossible à combler. l’IRPM dépose son bilan demain 13 juin

Lorsqu’en mars dernier, Bruno Marcel, 1er vice président du comité des pêches, est élu à la tête de l’Institut régional pêche et marine (IRPM), il ne se doute pas un instant de ce qui l’attend. La vérité, il la découvre en épluchant les comptes : 400 000 euros de déficit et plusieurs mois de salaires impayés pour les 4 CDI de la structure de formation aux métiers de la pêche.

Pourquoi ses prédécesseurs ont-ils laissé s’enliser cet outil au service des marins-pêcheurs ? Comment Marianne Pépin, présidente pendant deux mandats successifs et conseillère régionale sous la majorité de Victorin Lurel, n’a-t-elle rien vu venir ? Avant elle, et dès sa création en 1981, le poste de président était traditionnellement occupé par le président de la CCI de Basse-Terre.

Sur les cendres de l’institut

Aujourd’hui, l’IRPM va disparaître, probablement aussi discrètement qu’elle aura vécu, en emportant avec elle un déficit de plusieurs centaines de milliers d’euros. Certes, la région lui octroie chaque année une subvention de 150 000 euros, alors que l’Etat, l’Union Européenne et quelques institutions internationales rétribuent ses formations, mais sa situation financière est désormais trop critique pour trouver des réponses. La nouvelle équipe a donc décidé de déposer le bilan le 13 juin prochain. « Je n’ai pas voulu prendre la responsabilité de ces 400 000 euros de dette, explique l’actuel président, toutefois une structure de formation est indispensable pour la profession. A titre d’exemple, le comité des pêches doit assurer plus de 600 formations avant le 31 décembre 2020, pas question d’envoyer nos candidats en Martinique ou dans l’Hexagone ».

Autrefois, il suffisait de passer aux Affaires maritimes, de remplir quelques papiers, pour être enrôlé. Aujourd’hui, l’apprentissage de capitaine 200 est obligatoire et dure 6 mois. Pour être matelot c’est 2 mois et après 2020, sans ces diplômes en poche, il ne sera plus possible de partir en mer. En dehors de l’IRPM seul Luc Coquelin propose ce type de qualification en Guadeloupe, mais c’est une structure privée. « Et nous voulons aller plus loin en proposant des formations capitaine 500 pour conduire les navettes inter-iles, et capitaine 700. Il y a une demande et une offre mais actuellement, il faut obligatoirement partir en Martinique. Nous voulons aussi prolonger les apprentissages des jeunes mécaniciens qui sortent du LEP de Blanchet. Alors oui c’est vrai, la pêche ne va pas bien, il y a de moins en moins de pêcheurs. C’est notre rôle de leur redonner confiance et la possibilité de se former. »

La nouvelle équipe aura-t-elle les moyens de ses ambitions ? Pour le moment les partenaires de la première heure ne se prononcent pas et attendent de voir concrètement à quoi ressemblera l’IRPM version 2 qui devrait être opérationnelle avant la fin de l’année 2018.

 

MFGE

 

 

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires