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Guadeloupe. Medias : ATV et plus de 400.000 euros pour un enterrement de seconde classe !

31 Mai 2018
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Pointe-à-Pitre. Vendredi 01 Juin 2018. CCN. Le cimetière des médias audiovisuels de la Guadeloupe, s’apprête d’ici quelques jours à accueillir un nouveau cadavre. Aux côtés des tombes de TCI, d’Archipel 4–KTV, de l’A1 Guadeloupe, de GTV, on trouvera donc ATV et ce ne sera surement pas le dernier. Ainsi donc la petite chaine martiniquaise qui s’était installée dans le Paysage Audiovisuel Guadeloupéen, il y a de cela moins de 3 ans, n’a pas réussi à se faire une place. Le nouvel actionnaire, le groupe franco–français, VIA a déjà annoncé la couleur : Fin de clap pour les 3 ATV : Martinique-Guadeloupe-Guyane. A la rentrée de septembre sur les petits écrans, ce sera donc VIA. Un modèle importé et 100% made in France qui sera proposé aux ex téléspectateurs de ATV et ils devront s’en contenter : circulez il n’y a plus rien à voir !

Enfin, Il faut rappeler que le 19 mars dernier le tribunal de commerce mixte de Fort-de-France a autorisé la cession des parts sociales de la société Média H Antilles Guyane qui édite les chaînes ATV, à un pool de repreneurs regroupant la société Smart consulting et le groupe Bruno Ledoux (Média du Sud). Il faudra toutefois attendre le 19 juin prochain pour être sûr que l’offre de reprise soit bien acceptée par cette juridiction compétente.

Tout semble se passer pour le mieux en plateau mais dans les coulisses c’est une autre scène qui se joue.

Car si dans un premier temps les repreneurs s’étaient engagés à maintenir les trois structures en activité, il y a quelques jours l’administrateur judiciaire, dans son compte-rendu, précisait que si en Martinique devraient être préservées la structure et la rédaction avec des « coupes franches », du côté de la Guadeloupe, elles pourraient être liquidées, comme en Guyane. Une version à laquelle les salariés ne s’attendaient pas. D’autant moins que l’appel lancé récemment sous forme de crowdfunding, par la Martinique et la Guadeloupe, a permis de réunir plus de 400 000 euros (750 000 chiffres officieux !)). L’objet de cet appel était fondé sur la préservation de l’outil et des salariés dans les trois rédactions. Interrogé, Xavier Magin, l’un des nouveaux actionnaires de la chaîne, à hauteur de 14%, mais aussi patron de la société de nettoyage Net Eclair Propreté en Martinique a déclaré que garder tous les salariés serait mission impossible car la chaîne perd trop d’argent. « Pour présenter au tribunal un modèle économiquement viable il nous faudra licencier. » Certes, le repreneur principal est le multi- millionnaire Bruno Ledoux, propriétaire d’un hôtel de luxe, qui a sauvé Libération de la faillite en 2014. Pour le conseiller, il a choisi Gilles Camouilly, ex-patron de France O, ex N°2 de TF1, devenu consultant indépendant des médias audiovisuels.

Quid des centaines de milliers d’euros de dons ?

C’était inespéré. En quelques jours, au travers de l’association « Medias des Iles » (dont le président est aujourd’hui passablement contesté) les Martiniquais et dans une moindre mesure les Guadeloupéens se sont mobilisés pour tenter de sauver leur télévision. Cet élan de générosité aura même incité de nouveaux investisseurs privés locaux, à se manifester. Seulement voilà, ce don populaire de plusieurs centaines de milliers d’euros, devait en priorité sauver les emplois et garder les trois antennes en activité. Aussi les salariés de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Martinique ont du mal aujourd’hui, à accepter l’idée qu’une bonne partie d’entre eux sera, malgré tout, licenciée.

Jocelyn Vautor est consultant international, spécialiste des médias, et est surtout l’un des fondateurs d’ATV en 1993. Il quittera ATV en 2001. Les ennuis commencent dès 2003. C’est le premier dépôt de bilan, quatre autres suivront. « La seule façon de sauver ATV aujourd’hui, est d’une part de réunir ces 750 000 euros dans un fonds d’investissement, d’autre part de préserver les trois stations car le modèle économique n’est viable que dans ces conditions, et enfin mettre à la tête de la structure des professionnels de l’audiovisuel ». On peut effectivement s’interroger si l’on se réfère aux profils des dirigeants successifs d’ATV depuis 2003 : patron de la société Server, propriétaire de cinéma, politicien et publiciste. Il ne faudrait pas qu’ATV retombe à nouveau dans de tels travers. De plus , les nouveaux actionnaires ont sans doute les moyens financiers de relancer l’entreprise, mais au vu du nombre de télés–cadavres , on peut se demander si les patrons de Médias du sud ( Via Occitanie, Via Grand Paris , de très petites télé locales françaises !!.) Auront la connaissance de notre paysage audiovisuel et l’expertise nécessaires pour réussir là ou beaucoup d’autres se sont déjà plantés.

En d’autres termes : le modèle VIA est-il VIAble aux Antilles-Guyane ? C’est à suivre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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