Guadeloupe. Culture : Le dernier cri désespéré des personnels de l’Artchipel sera-t-il entendu ?

09 Avr 2018
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Basse-Terre-Capitale. Lundi 9 avril 2018. CCN. Depuis qu'en septembre dernier, l'ouragan Maria a sérieusemetn mis à mal l'Artchipel - Scène - Nationale de la Guadeloupe, cette structure pratiquement disparu de la scène culturelle et artistique. Au contraire des années précédentes, il n'y a pas eu de rentrée, donc pas de programmation. En dépit des alertes lancées par le personnel inquiet pour son avenir, rien n'a vraiment bougé depuis un an. Gérard Poumaroux, qui depuis mars 2016 a été nommé directeur de l'Artchipel, semble être en très grande difficulté. Il n'a pas en effet réussi à convaincre ses tutelles ni à mobiliser l'opinion pour accélérer une possible reprise. Le personnel de son côté ne baisse pas les bras, il a décidé de remuer ciel et terre pour tenter de " sauver " l'Artchipel du naufrage, comme le témoigne la " lettre ouverte " adressée aux médias, à la direction de l'Artchipel, et une autre en direction du C.A., aux élus, datée de mars 2017, et que CCN publie. 
L'Artchipel est-il à la dérive ?
 

Le cri des salariés de l’Artchipel

Il y a un an et quinze jours tout le personnel de L’Artchipel alertait le Conseil d’administration sur sa situation de travail désastreuse et s’exprimait en ces termes

Le personnel permanent était alors convié par le bureau du Conseil d’Administration à une série d’entretiens individuels pour tenter de sonder, sans réserve l’étendue du malaise.

A l’issue de ces entretiens, le bureau du Conseil d’Administration s’engageait à :

· Réviser les conditions de travail ; 


· Améliorer la communication interne ; 


· Embaucher un Secrétaire Général (ayant pour mission entre autre chose, les 
ressources humaines) ; 


· Etc... 


La situation a d’ailleurs empiré, tous les dysfonctionnements pointés perdurent et toutes les mesures annoncées n’ont pas été entièrement respectées. 


Aujourd’hui, le personnel sert de bouclier entre les artistes, les écoles de danse, les particuliers, les établissements scolaires et la Direction. Celle-ci laisse son personnel sans réponse quant aux décisions à prendre. 


Le personnel n’en peut plus ! Les missions liées au projet du Directeur n’ont pas été fixées ; les objectifs n’ont pu être atteints. Pas d’évaluation, pas d’entretiens professionnels, pas de fiche de mission ; Du personnel démotivé qui quitte la structure par dépit....... 


De sérieuses menaces planent sur l’avenir du Personnel et sur celui de la structure, allant jusqu’à risquer de perdre le Label de Scène Nationale.


NDLR : Le versement des subventions étant lié au label de scène nationale, le dit label étant attribué en fonction du respect du cahier des charges. 


Le personnel s’adresse à toute la population pour qu’elle soit au fait de ce qui se passe à L’Artchipel, conscient de ne malheureusement pas faire partie des urgences de l’actualité, La Culture restant le parent pauvre de la vie économique de la Guadeloupe. 


Le personnel veut signifier que le temps et les pseudos négociations, n’ont guère servi leurs causes.

Le personnel a pris la mesure des réseaux politiques et des enjeux qui se dessinent. Les cadres dirigeants semblent ne pas être touchés par les menaces qui pèsent sur la Scène Nationale. 


Le personnel de L’Artchipel n’étant pas lié à la fonction publique se retrouverait ainsi à la porte et sans emploi. 


Le personnel lance ce CRI pour alerter la population, les autorités, sur le devenir de L’Artchipel, Scène Nationale, outil de travail qui occupe une place importante pour le rayonnement culturel de la Guadeloupe !! 


Le Personnel de L’Artchipel

 

LETTRE OUVERTE

Aux Membres du Conseil administration,

Qui veut la peau de L'Artchipel ?

Qui veut la peau du Personnel de L'Artchipel ?

  

Chers membres du Conseil d’administration,

Nous les salariés de L'Artchipel, nous nous interrogeons sur le fonctionnement d'une structure, d'une institution telle que notre Scène Nationale de la Guadeloupe.

Nous en sommes au point où une lettre ouverte serait le meilleur moyen de communiquer sans réserve afin que vous compreniez tout ce qui se passe dans cette entreprise. Car nous avons toutes les raisons de croire que vous ignorez réellement ce qui s'y déroule

A chacun de nos questionnements nous sommes sommés d'attendre la décision du Président voire du bureau ou du conseil d'administration tout entier.

Visiblement, même une simple décision comme la diffusion a l'équipe, par le Directeur, de son propre projet pourtant approuve ne peut être prise sans passer par l'assentiment au moins du Président.

Nous en venons d'ailleurs à nous interroger sur le rôle de la Direction, son pouvoir, voire même la valeur de ses projets et décisions.

Nous qui pensions que le projet artistique du Directeur devait être au cœur de nos métiers et de nos missions, nous avons un peu l'impression de naviguer à vue.

Qu'en est-il de la mise en place de ce projet artistique et culturel ? Des moyens humains, financiers, logistiques devant être mis en œuvre pour l'appliquer ; de l'organigramme lie a celui-ci ?

Nous constatons que rien ne bouge, nous notons même la régression dans certaines attitudes. Les faits sont là.

Le respect de la loi, quoi de plus légitime dans une institution telle qu'une Scène Nationale ?

En dépit de multiples interpellations et alertes, les droits des salariés sont ignorés, l'accord d'entreprise n'est qu'un bout de papier sans valeur, la délégation du personnel n'est ni consultée ni informée.

Les employés -enfin ce qu'il en reste- sont tenus de travailler, dans une ambiance déplorable. Et l'installation -a priori à grands frais- mais surtout en catimini de caméras de surveillance, d'une badgeuse dernier cri ne risquent pas de l'améliorer.

Alors que le bâtiment est en train de dépérir, mettant en danger la sécurité des biens, des personnes et de la programmation et que nous manquons cruellement de moyens pour répondre à nos missions.

En l'absence d'organigramme, aucune stratégie de développement n'a d'ailleurs été mise en place. Pour l'instant, ii s'agit de diffuser des spectacles en salle sans réelle adéquation avec le projet annonce, à grand renfort de Presse,

On aurait pu ainsi se rendre compte de la réduction des effectifs

L'Artchipel se vide, le personnel est réduit appelé par d'autres projets ? Ayant fait d'autres choix de vie ? Absent pour des raisons de santé ? Pousse a la porte ? En fin de carrière ? Ou simplement porte disparu ?

Qu'importe, les forces vives ne sont plus.

Plus d'hôtesse d'accueil standardiste, un régisseur maintenance « invisible », plus de charge de communication, un Régisseur général faisant aussi office de Directeur technique par intérim, plus de régie plateau, plus de D.E de danse...

L'accueil téléphonique est assuré par une machine où l'usager se perd. Plus de véritable accueil physique c'est aux billettistes qu'il revient de jongler entre les clients, les ventes à distance et les usagers présents pour les rendez-vous.

Les missions des absents semblent avoir été redistribuées de façon aléatoire. Et lorsqu'elles ne sont pas imposées a d'autres, elles sont laissées à l'abandon.

Ce qui dénote une certaine méconnaissance de nos différentes taches et surtout une forme de mépris a l'égard de salaries dont tout le monde s'accorde à reconnaitre l'engagement et le dévouement.

Vous n'avez rien compris... ! On vous rassure, nous même ne voyons la aucune stratégie de o ressources humaines » mais peut-être qu'en fait nous devrions y reconnaitre une politique de management tende sur la peur, le mépris et la division.

En tout cas cela n'a pas l'air d'inquiéter qui que ce soit, d'ailleurs on dirait même que cela arrange que le personnel de L'Artchipel soit réduit a de telles conditions de travail. 
Mais comment pensez-vous que cela se passe ? II ne suffit pas d'appuyer sur un bouton pour faire fonctionner cet outil.

Pensez-vous que sans une véritable synergie, sans moyens humains, et financiers et malgré des velléités de projet nous puissions accomplir nos missions de scène nationale ?

Ii ne s'agit pas juste du devenir de cet outil, mais celui de ceux qui œuvrent pour certains depuis

20 ans, pour que cette structure soit ce qu'elle est aujourd'hui.

Point de mines festives, le personneI est désabusé, épuisé de lutter pour son bon droit, las d'être instrumentalise et pris en otage d'une guerre larvée.

Vous comprendrez désormais le peu d'enthousiasme que manifeste l'équipe pour un certain « anniversaire ».

Célébrer un tel anniversaire nous impose de dresser sans compassion un bilan et étudier les perspectives dans un contexte en pleine mutation. Aller vers demain avec l'expérience du passé.

Assurez que vous ne pourrez rester insensibles à cette missive, nous vous demandons de prendre pleinement vos responsabilités dans l'avenir de L'Artchipel.

Prenez le temps de réfléchir à la situation dans laquelle vous Laissez les employés, a l'inquiétude qui ronge chacun face à cet avenir plus qu'incertain.

Est-ce votre façon de gérer une Institution Nationale ?

Est-ce une volonté d'en finir ?

Alors qui veut la peau de L'Artchipel ?

Qui veut la peau de ses salaries ? 
Qui ?

Fait a Basse Terre, Le 14/03/17

P/Le Personnel,                                                        P/Le Personnel,

S. BELAIR                                                                J. MARCEL

Déléguée Titulaire                                                      Délégué Suppléant

DELEGATION DU PERSONNELLE DE L'ARTCHIPEL BP 280 97105 BASSE TERRE Tel : 0590 99 29 23

 

 

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