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Guadeloupe. Politique. La Droite est en totale déconfiture, oui mais à qui la faute ?

05 Jan 2018
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Amédée Adélaïde Amédée Adélaïde

Pointe à Pitre. Vendredi 05 janvier 2018. CCN.Toutes les dernières consultations électorales en (municipales et cantonales en 2014, Régionales en 2015, Législatives et sénatoriales en 2017, ont définitivement consacrés l’‘irrésistible décadence de la Droite en Guadeloupe. Ces échecs répétés ne sont pas étrangers à la crise profonde qui touche la Droite française, elle même victime des nombreux scandales politico-financiers (Balkany, Béthencourt, Bygmalion, Sarkozy Kadhafi, Fillon etc.) qui ont suivi la non élection de Sarkozy aux présidentielles francaises de 2010. Au plan Guadeloupéen, outre les « kalot » électorales successives, la récente démission de Lucien Bernier des LR, vient confirmer l’isolement d’une Sonia Petro, désormais présidente d’un groupuscule de Droite sans avenir ni perspective. Amédée Adelaïde, qui fut lui, des années durant l’une des éminences crises de cette Droite analyse avec une grande lucidité, les causes profondes de la situation actuelle, de ce qui subsiste encore de sa famille politique…

Le Cadeau de Noël

C’est fait ! La Droite en Guadeloupe n’a plus un seul grand élu. Depuis l’arrivée du nouveau Président à l’Elysée, ils ont tous préféré jeter l’éponge ou …. Le rallier ! C’est plus facile !

Depuis la décolonisation et son accession au statut de département, la Guadeloupe n’a cessé de passer d’une gauche dure vers une droite modérée. Ce mouvement, largement impulsé par le Général de Gaulle à son retour au pouvoir en 1958, sera renforcé par le basculement de grands élus de la gauche vers la droite, (tel Lucien BERNIER qui démissionnera du parti socialiste en 1974, après que celui-ci ait inscrit l’Outre mer au chapitre des affaires étrangères de son « Programme commun de la gauche »). Ce mouvement, trouvera son apogée en 1978 avec l’élection de trois députés gaullistes.

Lucette Michaux Chevry 578L’arrivée de Lucette Michaux Chevry aux affaires du département en 1982, signera l’inversion de la tendance et le début du déclin de la droite. Transfuge du parti communiste via le PS, elle s’empressa de fomenter un complot pour prendre la place de Lucien BERNIER, celui là même qui avait permis son ascension dans la droite.

Ainsi  retiendra-t-on que toute son action fut tournée vers un seul but : se maintenir au pouvoir coûte que coûte quitte à écraser ses propres amis politiques au besoin en faisant alliance avec ses pires adversaires.

Ainsi, plus jamais la droite n’obtiendra-t-elle plus la majorité des voix lors d’élections nationales.

Sa descente aux enfers fut  consacrée par le référendum de 2003 qui fut une vraie trahison des électeurs de droite. Ils ne l’oublieront plus jamais. Voulue par elle et arrachée au Président de la République, la réforme constitutionnelle qui permit une consultation de notre population sur la mise en œuvre d’un statut spécifique, hors du droit commun, bien que soutenue par la très grande majorité des élus locaux de gauche et de droite groupée autour de Michaux Chevry fut un camouflet pour celle-ci. Les Guadeloupéens rejetèrent cette proposition à plus de 74% des suffrages exprimés. Et dès lors les électeurs de droite (mais pas seulement eux) n’hésiteront plus à offrir leurs suffrages à celui ou ceux qui leur paraissaient être le mieux placé pour défendre le statut de droit commun.

Enfin, c’est du Moule que nous viendra le coup de grâce. Sentant venir L’échec de Sarkozy, la députée élue sous l’étiquette UMP fit tout pour torpiller la reconstruction de ce mouvement politique local pour, finalement, après l’élection de Hollande, tomber dans les bras (politiques) de Victorin

 

115910 g louis carabin 1 bis 001De sorte que l’on peut dire que,« Michaux Chevry tua la droite et Carabin l’enterra ».

Alors, quand à la démission des élus de droite de seconde zone, les électeurs de droite n’en ont cure.

Et l’on pourrait même dire que c’est un « cadeau de Noël ».

La vrai question est: la droite s’aura-t-elle se relever après être descendue si bas ?

Cette question se pose aussi bien dans l’Hexagone.

Quand on se réfère à la déclaration de Laurent WAUQUIEZ, on y lit ceci :

« Je suis convaincu que les valeurs de la droite sont celles d'une majorité de Français : le travail, la liberté, la transmission, le respect, l'autorité et l'amour de la France.»

D’une part, ce langage là n’est plus audible par les électeurs. Ensuite, de gauche ou de droite, qui donc ne peut souscrire à la défense du travail, de la liberté, de la transmission, du respect, de l’autorité, de l’amour de la France. Chacun à sa manière !

Les Français (et les électeurs français en particulier) savent, aujourd’hui, dans leur grande majorité qu’un pays doit défendre ses entreprises. Ce sont elles qui créent la valeur ajoutée. Celle-ci permet de payer salaires et impôts. Lesquels permettent d’organiser les services publics et d’assurer les prestations sociales. Et c’est là que réside la vraie différence entre la gauche et la droite.

La droite pense que la priorité des pouvoirs publics est de défendre la santé de son économie et donc de créer les conditions de viabilité de ses entreprises afin d’avoir suffisamment de ressource pour organiser les pouvoirs publics et l’action sociale.

La gauche pense que c’est en distribuant des prestations sociales (et donc en ponctionnant au maximum les entreprises) qu’elle favorise la consommation et donc les débouchés commerciaux pour les entreprises.

Le débat est ouvert et il est sans fin.

Mais la fin nous la devinons.

Amédée Adelaide

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