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« Construire sereinement la Guadeloupe »

06 Déc 2017
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Ary Chalus, Président de la Région Guadeloupe Ary Chalus, Président de la Région Guadeloupe

Par Ary Chalus, Pdt de la Région Guadeloupe 

Basse-Terre, Capitale. Mercredi 06 2017. CCN. Alors que depuis le début de la semaine, la météo du social est plutôt mauvaise et que les conflits se multiplient ( pétroliers, Pôle emploi, transport, Hôtellerie...) Ary Chalus le président de Région nous a adressé cette "Tribune libre » où il décline des propositions, lance un véritable appel à l’apaisement et au dialogue : Sera t-il entendu ?

De Paris où je me trouve -pour le lancement de la 11e édition - de cette formidable course transatlantique qu’est la Route du Rhum, un événement qui va braquer sur notre archipel les caméras du monde entier- me parviennent les échos d’une certaine turbulence sociale qui touche des secteurs clés de notre pays.

 Ces divers mouvements sociaux interviennent à l’heure où de nombreuses compagnies aériennes investissent notre ciel favorisant ainsi une meilleure connexion au départ et à destination de notre archipel ; à l’heure même où la presse, dont le prestigieux New York Times ne tarit pas d’éloges sur notre destination la plaçant 11e sur 52 destinations incontournables. Je veux saisir cet exceptionnel alignement des planètes pour appeler tous les Guadeloupéens à un apaisement constructif. Nous bénéficions d’un contexte mondial, d’une conjoncture géopolitique pour asseoir notre stratégie de développement.

 J’ai eu l’occasion, en d’autres circonstances, de l’affirmer celle-ci repose sur des piliers sains et sur une ambition toute aussi saine qui est de contribuer à l’émergence d’une croissante verte et bleue. Dans ce modèle de développement, le secteur touristique revêt une importance déterminante car c’est un levier de croissance pour les autres secteurs économiques. Notre projet est aussi vertueux car il entend préserver notre environnement et notre biodiversité. Le 7 novembre dernier à l’hôtel Salako, nous  fixions des objectifs clairs pour 2020 : 1000 000 de touristes, 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et 1000 emplois nouveaux

 

 1. Une collectivité fortement impliquée dans le développement touristique.  

Le choix de l’hôtel Salako (mis en redressement judiciaire par le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre) pour annoncer notre plan ne relevait nullement du hasard. Nous entendions, par ce geste fort, rassurer le personnel sur l’implication durable de la collectivité régionale pour maintenir et pérenniser les emplois. Par ailleurs, il s’agit, dorénavant, de nouer un nouveau type de partenariat, basé sur un ticket gagnant-gagnant, avec les entreprises qui investissent dans le secteur hôtelier. Il n’est plus question pour nous –comme cela a pu se faire par le passé- d’accompagner aucun porteur de projet qui ne s’inscrit pas dans une dynamique de développement économique durable et citoyenne.

 

Pour nous, le tourisme durable n’est pas uniquement l’affaire des grands groupes hôteliers. C’est un tourisme qui profite à tous. Cela signifie qu’une attention particulière doit être portée sur les initiatives des petits porteurs de projet de gîtes, de petite hôtellerie, d’animation touristique, notamment dans le Sud et le nord Basse-Terre ainsi que dans le Nord Grande-Terre. Un nouveau modèle économique contribuant à la croissance de nos entreprises et respectueux des droits et obligations des salariés.

 

Le nouveau modèle économique que nous voulons est pensé comme vecteur de prospérité pour la Guadeloupe au-delà de nos frontières. Et cette prospérité, on ne peut l’atteindre qu’en rendant nos territoires attractifs : l’amélioration du réseau routier par la poursuite des investissements, le désenclavement numérique, la résolution des grandes problématiques de l’eau, du traitement des déchets. Les grands projets structurants doivent doper l’attractivité de notre territoire, dessiner l’avenir de notre région et garantir sa compétitivité au niveau régional, national et international. La relance de l’activité passe essentiellement par la capacité de tous à prendre leur part dans un effort collectif nécessaire. Un effort et un investissement de chacun. Mais aussi par notre capacité à faire preuve d’abnégation. Notre capacité à mettre l’intérêt général avant l’intérêt individuel afin de construire le “pays Guadeloupe“.

 

2. Renforcer le dialogue social 

Nous sommes bien conscients des inégalités qui gangrènent nos territoires et qui ont tendance à ronger la confiance de nos compatriotes. Nous pensons notamment au pouvoir d’achat, à la continuité territoriale. Sur ces points, nous saisirons les plus hautes instances nationales pour veiller à l’avancement de ces questions et aux engagements de l’Etat. Chacun doit faire sa part. S’il importe à l’Etat de prendre ses dispositions pour contribuer à l’amélioration des conditions de vie des Guadeloupéens, les syndicats patronaux doivent également porter leur pierre à l’édifice. Cela passe notamment par une révision des prix, en particulier des produits de première nécessité, dont les coûts sont encore trop élevés par rapport à ceux appliqués en France Hexagonale. Nous avons encore tous en mémoire le mouvement social et populaire dénonçant la Pwofitasyon de 2009 ainsi que les graves conflits sociaux traversés ces dernières années dont certains étaient justifiés.

 

C’est la raison pour laquelle nous croyons qu’en tant que chef de file de l’activité économique, la stabilité des entreprises et des institutions de notre territoire ne peuvent être pérennes que par le biais du dialogue social.

 

Nous apprécions, et nous encourageons toutes les initiatives qui visent à faire en sorte que les Guadeloupéens d’origines diverses, d’horizons différents, réfléchissent et tentent de trouver des solutions répondant aux problématiques qui touchent la Guadeloupe. Ainsi afin d’instaurer un climat social plus apaisé, je recevrais dès le mois de Janvier 2018, l’ensemble des représentants syndicaux des travailleurs et les organisations patronales. Le dialogue social se doit à l’avenir d’être une plateforme de discussion qui engendre des changements, des accords mis en œuvre. Moins de conflits, plus d’écoute, le dialogue social instaure un rapport gagnant-gagnant pour les salariés, les entreprises, et le territoire guadeloupéen. Ce sont au final des salariés qui se sentent reconnus, des entreprises productives, et toute une économie faisant le pari d’un développement concerté et harmonieux de notre territoire.

 

 Mais pour permettre ce nouveau modèle économique, chacun doit, de manière lisible, contribuer à l’emploi. La Région à son niveau, doit assumer pleinement son rôle et même avec détermination, être force de proposition auprès de l’État. Nous nous engageons à mener de concert avec l’Etat, le Département et les collectivités, les programmes nécessaires afin que le chômage, en particulier le chômage touchant les jeunes recule. Au cours de l’année 2017, nous avons initié la mise en œuvre du SRDEII et renforcerons notre action en 2018. Cette démarche va se traduire par une nouvelle ingénierie d’interventions à travers : 

- la création d’un fonds de garantie régionale,

- le prêt « croissance très petites entreprises » (TPE),

- l’accompagnement des petites entreprises en création et en développement.

- un fonds d’investissement pour les projets innovants.

 

 3. Lutter intensément contre le chômage 

Nous ferons des propositions auprès des instances de l’Etat concernant la réécriture des marchés publics en adéquation avec les cadres législatifs en vigueur afin que les entreprises guadeloupéennes aient les moyens de répondre aux appels d’offres publics. Lutter contre le chômage signifie également soutenir l’activité locale et les entreprises. C’est pour cette raison que le rétablissement de la trajectoire budgétaire de la région s’est poursuivi au cours de l’année 2017. Surtout parce qu’assainir les finances régionales nous permettra d’appréhender les projets nécessaires au développement de la Guadeloupe dans une certaine sérénité eu égard aux annonces gouvernementales en matière de réduction des dotations aux collectivités. Malheureusement, l’apurement du passé reste très prégnant dans la dynamique d’exécution du budget pour l’année 2017. Nous avons dû faire face à un volume important de factures impayées soit pas moins de 4567 factures en souffrance depuis 2012 tout secteur confondu. 

 

Concernant Guadeloupe formation c’est 19 300 000 € que la collectivité régionale a dû payer en 2017 pour faire face non seulement au fonctionnement de cet établissement mais également à l’importance des factures impayées, soit pas moins de 11M€ dans ce secteur stratégique de l’action Régionale.

 

 chalus

 

Nous pourrions également parler des dettes sociales de l'ER2C ou encore des factures du Mémorial ACTe. Ce paramètre n’entravera pas nos objectifs. Nous ne serons pas freinés par le passé matérialisé par des impayés. La collectivité régionale va donc poursuivre cet important chantier de rétablissement de sa trajectoire budgétaire afin d’assainir sa relation avec les acteurs économiques du territoire. Un projet politique ambitieux parce que nous sommes quotidiennement observés par les citoyens qui nous ont conféré cette responsabilité politique. Leurs attentes envers la classe politique sont nombreuses mais légitimes.

 

Des changements majeurs sont devant nous, mais c’est ensemble qu’il nous faut les mener grâce à de nouvelles méthodes et à de nouvelles habitudes fondées sur une culture du compromis, du dialogue, de la responsabilité et de la négociation. Cette approche est la nôtre, car on ne peut changer d’avenir sans une vision collective. En tant que chef de file du développement économique, la Région s’engage à redoubler d’efforts afin de s’assurer des retombées des grands projets structurants en termes d’emplois durables et de développement. En tant que chef de file de la formation, nous voulons dynamiser et rationaliser notre politique de formation en nous inscrivant dans une démarche de "mutualisation" des structures qui concourent à une politique qui devra être résolument adaptée au territoire et servir l'ambition de favoriser l'emploi des personnes formées.

 

Structurer, rationnaliser et déployer

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Ces projets structurants dessinent la Région stratège que nous appelons de nos vœux. Une Région stratège qui rationalise l'utilisation des crédits en poursuivant un objectif d'efficience, dans un contexte budgétaire contraint où l'Etat requiert des collectivités locales des efforts d'économie budgétaire à hauteur de 13 milliards d'euros. Une Région stratège qui poursuit l'objectif de faire mieux en tendant vers l'efficacité, c’est-à-dire en liant de manière indissociable les moyens aux résultats et ainsi de démontrer la pertinence des choix. Une Région stratège impliquée et réactive face aux problématiques qui affectent les Guadeloupéens : les catastrophes naturelles et accidentelles, tel que l’incendie du CHU. Nous nous tenons d’ores et déjà prêts à fournir toutes les ressources nécessaires au traitement et soins des patients. Une Région force de propositions auprès des habitants et des collectivités.

Et plus que jamais, nous restons convaincus que personne ne peut seul arriver à bout d’un tel projet. Car personne ne peut seul incarner la Guadeloupe, ni prétendre parler en lieu et place de tous les Guadeloupéens.

 

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CCN

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