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Guadeloupe. Caribulles : Zombillénium Une série BD adaptée en film

10 Nov 2017
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Baie-Mahault. Bibliothèque Paul Mado. Vendredi 10 novembre. CCN. Arthur De Pins et Alexis Ducord sont les réalisateurs du film Zombillénium, sorti le 18 octobre dernier. Il est inspiré par la série de 3 tomes de la Bande-Dessinée éponyme. Nous avons rencontré Arthur De Pins, l’un des invités d’honneur du Festival Caribulles, qui se déroule cette semaine autour de Baie-Mahault, Lamentin ou encore Pointe-à-Pitre. Il nous raconte son aventure graphique et scénaristique. 

Caraib Creole News : Quelle est l’histoire de Zombillénium ?

Arthur De Pins : Ca parle de monstres. C’est tout un bestiaire de montres où on trouve des vampires, des squelettes, des loups garous, des zombies, etc … Tous ces monstres vivent parmi nous maintenant, et en fait, Zombillénium c’est un parc d’attraction justement, qui n’embauche que des monstres pour leur permettre d’avoir du travail. Ca leur permet aussi de côtoyer les gens et d’avoir un peu de place au sein de la société. La BD comme le film parlent des difficultés que rencontre ce parc, et en l’occurrence des frictions qu’il peut y avoir entre les différentes catégories de monstres, des menaces de fermeture, parce que si le parc ferme, eh bien tous ces monstres retournent en enfer, donc ce n’est pas très drôle. C’est une BD qui mélange à la fois le fantastique, puisqu’on a toutes ces créatures fantastiques, avec le quotidien de la vie de bureau, et les problématiques que tout le monde a.

CCN : D’où vous est venue cette idée ?

ADP : Ca part d’un fond social. Ca parle évidemment du monde du travail, et puis dans la BD comme dans le film, chaque catégorie de monstre correspond à une catégorie professionnelle. On va dire que les vampires par exemple sont les cadres qui ont les bons jobs. Les grands patrons évidemment sont les diables, et puis par contre les zombies sont plutôt les travailleurs. Donc les zombies par exemple, ont un syndicat : ils ont un délégué syndical qui est un squelette. Donc il y a évidemment ce fond social, qui est très important pour moi, mais ce qui n’empêche pas que c’est avant tout une BD d’aventure. Et le film est aussi un film d’aventure. Ca peut complètement être lu ou vu par des enfants de 6 ou 7 ans.

CCN : Dans quelle zone géographique se déroule l’histoire ?

ADP : L’histoire se passe dans le Nord de la France. C’est une région qui ne ressemble pas du tout à la Guadeloupe en fait : c’est très nuageux, très plat … et puis surtout c’est une région industrielle, où il y a beaucoup de films et de romans qui parlent de ce passé industriel minier. Donc c’est pour ça que j’ai choisi cette région. Je pense que c’est un contexte très particulier, mais le film a été projeté dans pas mal d’endroits : on est même allés dans un Festival en Colombie, à Los Angeles, en Espagne … donc c’est vrai qu’il s’exporte bien. C’est la problématique même : le cadre est très précis, mais on a quand même essayé de faire quelque chose d’universel, qui puisse parler à tout le monde. Dans tous les pays il a forcément aussi des drames sociaux, et des histoires à caractère social.

CCN : Pourquoi en avoir fait un film, et avec quels outils ?

ADP : On a travaillé avec environ 200 personnes, réparties sur 4 studios, donc ça a été très long : on a commencé il y a 5 ans. On a commencé évidemment par écrire le scénario, et ensuite on s’est petit à petit associés avec d’autres studios, parce qu’il n’existe pas de très gros studio en France. Il y avait un studio par exemple qui faisait l’animation, un studio qui faisait les décors, un studio qui faisait les personnages … Mon co réalisateur et moi devions donc tout gérer, et diriger l’équipe. C’est toujours ce que j’ai voulu faire en fait. J’ai commencé en faisant du dessin animé, et ensuite je suis parti vers la BD parce que c’était un moyen plus spontané peut-être pour raconter des histoires. Un dessin animé il faut quand même beaucoup de temps pour trouver des financements, pour monter une équipe et tout. Et finalement, je suis revenu à l’animation, grâce, justement, à la BD. C’est avec un copain qui est producteur qu’on a décidé de monter le projet de film. Pour la BD je faisais tout, pour le film aussi : avec mon co réalisateur on a écrit le scénario du film et puis pour le reste on gérait tout le monde. On se mettait d’accord pour valider les décors, l’animation … c’est un peu un boulot de chef d’orchestre finalement. Techniquement, je n’aurais pas pu tout faire évidemment, mais par contre c’était nous qui prenions toutes les décisions.

 

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Alexandra Giraud

Journaliste CCN

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