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C Net/C News : Alain Plaisir/Claudy Siar

03 Fév 2017
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De gauche à droite :  Alain Plaisir, Président du CIPPA, Claudy Siar, Producteur-animateur de radio et télévision De gauche à droite : Alain Plaisir, Président du CIPPA, Claudy Siar, Producteur-animateur de radio et télévision

Guadeloupe. Vendredi 3 Février 2017. CN/CN. Chaque semaine, deux Invités de la rédaction de CCN répondent en toute liberté  à nos questions. Ils sont interrogés sur l'actualité récente et sur le traitement de l'info dans les médias car il nous semble important de développer sur notre website l'actu citoyenne. Une forme de medias checking ! 

 

1. Alain Plaisir : Président du Comité d’Initiative pour un Projet Politique Alternatif (CIPPA)

2. Claudy Siar : Producteur-animateur de radio et de télévision

 

1) Qu'est-ce qui a retenu votre attention dans l'actu cette semaine ? Et pourquoi ?

Alain Plaisir : L’affaire Fillon qui interpelle beaucoup de gens. Alors pourquoi ? Parce que c’était quelqu’un qui prétendait à la présidence de la République et qui ne sera pas président car cette affaire a laissé une trace. Au niveau international, ce qui se passe aux États-Unis avec le président qui signe des décrets anti-démocratiques qui visent à exclure les Musulmans, les Mexicains enfin les non blancs quoi. Mais aussi des mesures qui remettent en cause « l’Obamacare » ou le droit à l’avortement donc ce sont des mesures très réactionnaires. Cela m’intéresse car en tant que Guadeloupéen on doit s’intéresser à ce qui se passe dans le monde. Au niveau de la Guadeloupe, le discours médiocre de la droite locale qui prend la défense de Fillon. Je retiens également le collectif dont le CIPPA est signataire pour la non venue de Marine Le Pen.

2) Quels sont les médias (locaux ou autres) que vous consultez régulièrement pour vous informer ?

A. P. : France-Antilles car je suis obligé de lire ce qui se passe dans le pays. Des médias locaux il n’y en pas beaucoup ! De temps en temps je lis le Progrès Social, Nouvelle Semaine quand un sujet m’intéresse mais globalement je ne lis pas trop la presse locale. Je trouve que ça n’apporte pas grand chose, le niveau est bas, il n’y a pas de débat de fond, pas d’investigation… Pour la presse nationale et internationale, je lis Le Monde presque tous les jours, je suis abonné au Monde Diplomatique et à Alternatives économiques. Sinon j’écoute Radio tambour tous les matins, lorsque je suis en voiture je zappe entre RCI et Guadeloupe 1ère et le soir, je regarde le JT de Guadeloupe 1ère. Des fois je regarde Canal 10 mais pas quotidiennement.

3) Etes-vous satisfait du traitement de l'information en Guadeloupe ? Pourquoi ?

A. P. : Non je ne suis pas satisfait. On passe à côtés des vrais problèmes. Regardez ce qui s’est passé avec ces embauches à la CASBT, ça aurait dû faire des vagues, qu’il y ait des investigations. On aurait dû en parler plus et ne pas le traiter comme un simple fait-divers. Pour le problème de l’eau, on ne va pas voir les Guadeloupéens pour qu’ils témoignent de leur souffrance. Alors oui, la violence fait les gros titres mais on n’aborde pas les causes de ce mal dans notre pays. La mortalité routière aussi, pourquoi avons nous trois fois plus de morts sur nos routes. On nous donne des explications simplistes mais personne ne parle de l’état des routes, du fait qu’il n’y ait pas de pistes cyclables et que sur une deux fois deux voies les voitures ne doivent pas cohabiter avec les cyclistes. Enfin, des sujets de société qui feraient réfléchir les gens... Certains médias n’ont pas les moyens de le faire, je ne leur jette pas la pierre mais d’autres les ont.

4) Quelle utilisation faites-vous des réseaux sociaux ?

A.P. : J’en ai une utilisation politique. C’est-à-dire que je poste des messages, je débats quand c’est nécessaire. J’y mets des communiqués de presse et je développe mes arguments. Je ne mets rien de l’ordre du privé. Je m’en méfie. Je considère que l’on peut toujours s’appeler et se voir.

5) On parle de plus en plus de la disparition (possible) de la presse papier au profit du  net. Qu'en pensez-vous ?

A. P. : Ce serait dommage. Personnellement, je suis très papier. J’aime être dans une chaise longue et lire mon journal. On ne peut pas passer notre vie derrière un écran. Cela ne m’empêche pas d’aller sur le net mais la disparition du papier ne serait pas une bonne chose. Cela est peut-être inévitable mais il faudrait une cohabitation entre les deux car c’est complémentaire.

6) Quels sont les freins du développement économique en Guadeloupe selon vous ?

A.P. : Le problème vient surtout du statut de la Guadeloupe. Il a y trop de structures dirigeantes et chacune se renvoie la balle. Pour l’eau par exemple, le Conseil régional dit « non ce n’est pas ma compétence », le Département dit « non c’est pas moi, c’est la Communauté d’agglo », tout ça est une aberration. Nous sommes un petit territoire de 1 600 km3 avec 400 000 habitants, il ne devrait pas y avoir autant de structures surtout pour un résultat aussi maigre. Dès que les élus rencontrent une difficulté, ils demandent une dérogation au droit commun. Donc la question du statut se pose et devrait être dans le débat. Ici, vous avez le pouvoir central, représenté par le Préfet qui a une compétence régalienne, vous avez la Région qui a des compétences économiques, vous avez les communautés d’agglo qui ont aussi des compétences économiques, vous avez les mairies, le Conseil Départemental… c’est de la folie ! Quelqu’un avec un minimum de bon sens se dit que ce n’est pas possible. On pourrait gérer la Guadeloupe avec un représentant de la France qu’est le Préfet, un exécutif qui rassemblerait les compétences du département et de la région et les communes, point final.

1) Qu'est-ce qui a retenu votre attention dans l'actu cette semaine ? Et pourquoi ?

Claudy Siar : Évidemment l'affaire Pénélope Fillon. D'ailleurs d'un point de vue personnel, je suis depuis 4 ans dans un litige similaire à ce feuilleton politique. Le "PénélopeGate" nous ramène aux leçons données par les uns et les autres à nos élus locaux d'outre-mer, aux dirigeants africains sur la bonne gouvernance et le respect du denier public. Je ne m'érige pas en juge mais cette affaire au cœur de la Présidentielle me rappelle surtout les inégalités de traitement qui perdurent entre la France hexagonale et les territoires d'outre-mer. Ce qui m'avait fait écrire dans mon dernier rapport de délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer "la France traite l'outre-mer comme les confettis de son ancien empire colonial". 

2) Quels sont les médias (de la Guadeloupe ou d'ailleurs) que vous consultez régulièrement pour vous informer ?

C. S. : Le votre déjà ! Il offre une information parfois décalée loin du spectacle de l'info. Je suis sur les réseaux sociaux et donc trouve intéressant certains sites. Je n'aime pas l'actualité des "chiens écrasés" (drôle d'expression d'ailleurs) tout en reconnaissant qu'elle est importante pour d'autres.

3) Etes-vous satisfait du traitement de l'information en Guadeloupe ? Pourquoi ?

C. S. : Je ne sais pas si je dois être satisfait ou non. Cependant il est souvent regrettable de constater que la classe médiatique guadeloupéenne ne mesure pas toujours que notre pays est en construction. Que notre mission n'est pas uniquement celle qui incombe à tous les journalistes de France. Notre exigence doit être aussi de participer activement à la construction de notre Guadeloupe née d'une histoire particulière. Le passé est encore très présent dans notre quotidien et dans notre rapport à l'autre.

4) Quelle utilisation faites-vous des réseaux sociaux ?

C. S. :Tout le monde s'arroge le droit de juger de condamner sur les réseaux sociaux. En tant que personne publique je suis souvent victime de cela. Un nouveau pouvoir pour quelques frustrés mais une extraordinaire machine afin que l'information circule. Dans un monde de l'hypermédiatisation , il fallait démocratiser la possibilité de créer son propre média. Les réseaux sociaux mettent à mal les audiences des médias traditionnels. Désormais le pouvoir médiatique se partage mais pas certain que la qualité de l'info y gagne. Je suis devenu méfiant de l'info qu'on nous inflige et toutes sources confondues. Depuis plus de 20 ans, j'officie sur RFI (la radio française présente à l'internationale) pour l'émission CouleursTropicales. Une radio de référence en matière d'information internationale.

5) On parle de plus en plus de la disparition (possible) de la presse papier au profit du Net. Qu'en pensez-vous ?

C. S. : Ainsi va la marche du monde médiatique. Il n'y a pas à s'en émouvoir outre mesure ni à s'en féliciter. 

6) Quelle question aimeriez-vous que je vous pose ?

C. S. : Que vous me parliez de Tropiques FM ! Les raisons de mon combat face à la trahison envers la communauté et non pas Claudy Siar. Nous, originaires de la Guadeloupe sommes peu conscients des motivations hostiles de ceux qui se prétendaient nos amis. L'esprit de division, l'absence de bonne lecture des situations nous perdra et nos ennemis le savent. Plus joyeux, depuis le 15 octobre 2016, je présente la première saison de The Voice Afrique Francophone dont la finale sera diffusée ce samedi 4 février. C'est avec beaucoup de fierté que je le dis car je suis guadeloupéen et n'ai pas la nationalité d'un pays d'Afrique. Je me définis comme un afrocaraibéen et cette victoire collective est une revanche sur l'histoire. The Voice est une extraordinaire aventure humaine et musicale initiée par la chaîne africaine internationale VoxAfrica. Allez sur le net découvrir les images. Les talents sont exceptionnels. Durant cette opération, ils ont aussi interprété des chansons antillaises d'artistes émérites comme Gilles Floro, Kassav', Perle Lama, Princesse Lover...

Dans le domaine de l'entreprenariat, l'un de mes projets est également de faire bénéficier aux entreprises guadeloupéennes de mes réseaux en Afrique. Je crois à l'union sacrée entre "Africa et ses diasporas". Le développement et l'indépendance des uns et des autres passent probablement par ce type de voie. Je crois à la conjugaison des talents tel un pied de nez au passé. Je tenterai d'en parler avec le Président de région et les instances industrielles de notre pays Guadeloupe.

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Webzine cari-guadeloupéen créé en 2008. Notre premier objectif est d'établir par ce biais un véritable lien entre les caribéens, qu'ils soient francophones, créolophones, anglophones, hispanophones. L'information est donc pour CCN une matière première d'importance capitale.

Site internet : www.caraibcreolenews.com
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