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Guadeloupe. Allocution de Madame la Présidente du Conseil départemental Josette Borel-Lincertin

29 Oct 2019
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Pointe-à-Pitre. Mardi 29 octobre 2019. CCN. Je suis particulièrement heureuse de vous retrouver pour ce qui est un moment important de ma mandature en ma qualité de présidente du Conseil départemental.

Nous procédons ce matin à l’installation de la Conférence Territoriale de l’Action Sociale et des Familles (CTASF), une instance qui consacre, je veux le souligner, une réelle innovation territoriale.

Pour cet événement, j’accueille ici ceux qui sont nos partenaires désormais de longue date, c’est à dire les représentants des organismes ayant participé aux Assises de la famille : la CAF, la CGSS, l’ARS, le Rectorat, l’Association des maires et l’Union Départementale des Associations Familiales (UDAF) de Guadeloupe.

Je veux aussi remercier les parlementaires (citer les présents) qui se sont rendus disponibles malgré un agenda contraint, et qui sont au côté de la représentant de M. le président de Région, des Conseillers départementaux, des Présidents d’EPCI et des Maires présents.

Tous, vous témoignez de l’importance qu’il faut accorder à la mise en œuvre concertée de politiques sociales ambitieuses et innovantes dans notre archipel.

Enfin, je tiens à saluer tout particulièrement la présence parmi nous du secrétaire général de la Direction interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes. Nous avons fixé la date de cette installation afin qu’elle coïncide avec votre venue en Guadeloupe car, vous le savez, cette CTASF rassemble tous les acteurs engagés et mobilisés dans la « prévention et la lutte contre la pauvreté ».

Vous aurez remarqué que les réunions cruciales pour l’avenir des Guadeloupéennes et des Guadeloupéens se succèdent depuis une semaine.

Après le sommet international qui s’est penché sur la problématique de la gestion de la crise des sargasses, nous ouvrons ce matin une nouvelle page pour l’action sociale en Guadeloupe.

Je le redis devant vous : cette CATSF est une innovation territoriale.

Elle est le fruit d’une intelligence collective locale et d’une ingénierie guadeloupéenne qui l’a imaginée, qui l’a défendue et qui l’a concrétisée.

Son ambition est de renouveler l’approche par laquelle les pouvoirs publics au sens large, c’est à dire l’Etat, ses services, ses organismes sociaux, les collectivités, leurs CCAS et les associations mettent en oeuvre les politiques publiques en matière d’aide et d’action sociale.

Qu’il me soit permis de vous rappeler en quelques mots la genèse de cette belle ambition.

En octobre 2016, alors même que la Guadeloupe avait été marquée par une succession de faits de délinquance et de violences, un jeune lycéen - Yoan EQUINOXE - tombait sous les coups de couteau d’un autre jeune en face de son lycée, à Baimbridge, dans mon canton.

Face à ce drame, et dans l’émotion qui traversait notre population, j’avais décidé, en associant les acteurs de l’action sociale, de l’aide sociale et de l’éducation, de lancer un grande démarche participative intitulée les Assises de la famille.

Pendant douze mois, d’avril 2017 à avril 2018, nous sommes allés à la rencontres de la Guadeloupe, dans son coeur, dans son « nannan » comme on le dit dans notre si belle langue créole.

Nous voulions mettre notre société en mouvement afin qu’elle qu’elle réfléchisse sur les valeurs fondamentales qui constituent le « karésol » de notre Guadeloupe.

Et, c’est bien ce qui s’est passé puisque toutes les institutions porteuses d’une politique publique ayant un impact sur la famille, non seulement l’action sociale mais aussi la Santé, l’Education, le Sport et la Culture, ont donné de leur temps en participant aux rencontres territoriales organisées les samedis et les mercredis dans toutes les communes.

Au terme de ce processus, un plan partenarial a été élaboré, doté de quatorze résolutions politiques, et de huit axes d’action en faveur des familles.

Ce dispositif dont la première résolution consiste à créer la Conférence Territoriale de l’Action Sociale et des Familles (CTASF), instance de gouvernance des politiques sociales du territoire, dans le même esprit que la Conférence territoriale de l’action publique, qui rassemble autour du Conseil régional, les acteurs des politiques publiques d’aménagement, de transport, de traitement des déchets ou de distribution de l’eau.

Ce plan, et plus largement les conclusions de nos Assises, furent notre contribution aux Assises des Outre-mer initiées par le président de la République et le Gouvernement.

Ainsi, avec le soutien de la ministre des Outre-mer - que je tiens à remercier ici - plusieurs mesures de notre plan ont été intégrées dans le Livre bleu de l’Outre-mer.

Parmi ces mesures : la CTASF, présentée comme une expérimentation originale qui pourrait par la suite faire école dans les autres territoires, et qui consacre le Conseil départemental comme chef de file des politiques sociales territoriales.

En dévoilant en Septembre 2018, le plan national de prévention et de lutte contre la pauvreté, le Président de la République et le Gouvernement, ont fait de ces sujets une priorité de l’action publique en s’appuyant sur les collectivités locales et, en premier lieu, les départements.

En effet, la conjonction des questions traitées au niveau local et au niveau national, ne peut qu’aboutir à une mise en synergie des dispositifs de politiques publiques, des méthodes d’action et des financements qui en découlent.

C’est en tout cas la volonté qui m’a animée dès après le temps des Assises de l’outre-mer et que le Président de la République et la ministre des Outre-mer ont bien compris.

Je profite de cet instant pour mettre en exergue la rencontre des volontés politiques et leur capacité à faire efficient et efficace.

Je crois que chacun à sa place, le Président de la République, le Premier ministre et la Ministre de l’Outre-mer, ont donné toute sa légitimité à la CTASF en lui conférant la gouvernance et les fonctionnalités des actions de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté.

Ces actions, qui vous seront présentées dans quelques instants, ont été préparées et longuement travaillées par quinze groupes de travail tant pour les actions dites du socle commun, applicables sur l’ensemble du territoire de la République que pour les actions locales répondant aux objectifs de la stratégie mais adaptées au contexte local.

L’ensemble de ces engagements a déjà fait l’objet d’une convention signée par mes soins et ceux du Préfet de Région GUSTIN en Juillet dernier.

Au total, ce ne sont pas moins de 2,5 millions d’euros qui vont être engagés par l’Etat et par le Conseil départemental à parité de financement pour la mise en œuvre annuelle de 9 actions fondamentales en matière d’actions sociale ou d’insertion des allocataires du RSA.

Au titre des engagements nationaux, on peut retenir que mettrons l’accent sur les solutions destinées à prévenir et traiter toute situation durable de précarité et d’exclusion, tant par le premier accueil social inconditionnel de proximité, que par le biais des mesures à mettre en œuvre par la Mission locale pour éviter les situations de rupture des jeunes sortis de l’ASE, pour ne citer que celles-là.

Les mesures locales découlant tant des assises territoriales de la famille que des Assises de l’outre-mer sont en phase avec les besoins identifiés.

Je me réjouis, au titre des actions engagées à notre initiative que l’Etat cofinance le soutien aux établissements d’accueil du jeune enfant, dont on sait que nombre d’entre eux ont connu au cours des dernières années, des difficultés de financement.

Il est entendu que ce sont ceux répondant aux objectifs définis dans le Schéma départemental d’aide aux familles qui seront aidés à consolider leur activité.

Je mesure combien, Monsieur le Secrétaire général, Monsieur le Préfet de Région, nous avons une haute responsabilité en installant la Conférence Territoriale de l’Action Sociale et des Familles.

J’ai conscience et je peux dire tous les conseillers départementaux avec moi, que l’avenir de la Guadeloupe ne se résume pas uniquement au règlement de difficultés techniques ou financières dans des domaines tels que l’eau, le développement économique, la santé, ou encore l’environnement.

L’avenir des Guadeloupéens passe aussi par la mise en œuvre de politiques sociales et de cohésion sociales visant à réduire les inégalités pour favoriser le développement économique et ainsi faire progresser le territoire.

Nous aurons à faire vivre et produire dans la durée cette conférence territoriale de l’action sociale et des familles. Je le dis parce qu’elle a vocation à perdurer au-delà de la fin de la mandature.

Je milite pour que tous les acteurs ici présents, vous qui avez peu ou prou une compétence sociale ou de cohésion sociale, se saisisse de l’importance de l’instance que nous installons aujourd’hui.

Nous pouvons nous donner rendez vous au premier semestre 2020 afin de faire le suivi des actions engagées ou à engager.

Je vous remercie.

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