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Venezuela : Le Venezuela dénonce « l’Opération Gedeón » au Conseil de Sécurité de l' ONU

23 Mai 2020
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Caracas. Samedi 23 mai 2020. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Des pays comme la Chine et la Russie ont défendu fermement la position du Venezuela, mercredi au Conseil de Sécurité des Nations Unies où on a dénoncé la planification, le financement et la formation de mercenaires avec le soutien des Gouvernements des Etats-Unis et de la Colombie pour exécuter l'incursion armée intitulée « Opération Gedeón, » le 3 mai dernier, dans le but de faire un coup d'Etat contre le Gouvernement légitime de Nicolás Maduro et d'enlever ou d'assassiner plusieurs membres de son Gouvernement.

Les Etats-Unis ont mis leur veto à une proposition de résolution de la Russie mais le Venezuela a obtenu une importante victoire politique.

Ce cas a été mis à l'ordre du jour du Conseil de Sécurité sur demande de la Fédération de Russie, lors d’une réunion virtuelle.

La Russie

Le représentant de la Russie, Dmitry Polyanskiy, a indiqué que la violation systématique de la souveraineté du Venezuela est un problème sérieux qui a des répercussions sur la sécurité et la stabilité de la région. Après l'arrestation de plus de 40 individus ayant participé à cette incursion armée parmi lesquels 2 citoyens étasuniens, le Gouvernement vénézuélien a révélé des preuves qui relient le Gouvernement du président colombien Iván Duque et le Gouvernement du président des Etats-Unis (USA) Donald Trump à cet événement.

Il a ajouté que la Russie savait qu'il existait un contrat d'un montant de 200 000 000 de $ signé en octobre 2019 par le député d'opposition Juan Guaidó qui portait e tampon de l'entreprise étasunienne Silvercorp. Tout ce qui y était indiqué avait pour but de chasser l'actuel Gouvernement légitime du Venezuela.

Il a également alerté sur la présence des Etats-Unis dans les Caraïbes, prés des côtes vénézuéliennes, et il a insisté pour « qu'on analyse les actions étasuniennes contre le trafic de drogues sur les frontières maritimes du Venezuela. »

La Chine 

Le représentant de la Chine, Ma Zhaoxu, a condamné « la violation de la souveraineté du Venezuela » et toute ingérence dans les affaires intérieures du pays : « Nous appelons instamment les Etats-Unis à arrêter leur ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela et les sanctions qui violent la Charte de l'ONU. » 

Il a souligné que les problèmes qu'il pourrait y avoir dans le pays doivent être résolus par sa population et parla voie pacifique.

Les autres soutiens 

La représentante de Saint Vincent et les Grenadines, Inga Rhonda King, a déclaré que sa délégation reste solidaire du Venezuela et a appelé instamment tous les Etats Membres à respecter les buts et les principes de la Charte des Nations Unies. Elle a également affirmé que les différends internes ne constituent pas une menace pour la paix et la sécurité du monde car ils ne menacent ni l'indépendance ni la souveraineté des pays étrangers et elle a prévenu que les actes d'agression perpétrés contre le Venezuela sont illégaux et « violent le Droit International. » « Nous soutenons que la seule solution est le dialogue incluant et national, » a-t-elle dit et elle a lancé un nouvel appel à retirer les mesures coercitives illégales contre le Venezuela et demandé à la communauté internationale de s'abstenir de toute agression, en particulier pendant la pandémie de COVID-19. 

La France, pour sa part, de ce qui se passe au Venezuela doit être pacifique, grâce à « un dialogue incluant et de bonne foi » et que « l’utilisation de la force doit être condamnée sans aucune restriction. »

L'Afrique du Sud a réaffirmé que la situation politique du Venezuela est du ressort de sa population : « Nous devons soutenir le processus interne de paix et de résolution sans conditions préalables des Vénézuéliens, » a affirmé son représentant, Jerry Matthews Matjila.

L’Indonésie s'est jointe à l'appel de l'Afrique du Sud et a condamné toute tentative d'ingérence au Venezuela et a souligné que le dialogue entre les acteurs politiques vénézuéliens est la meilleure voie.

Le représentant du Vietnam, Dang Dinh Quy, a affirmé qu'il suit de près la situation au Venezuela. C'est pourquoi son pays condamne l'utilisation de la force et de l'ingérence contre l'indépendance des pays car ces actions violent la Charte des Nations Unies et les principes du Droit International. Il a alerté sur le fait que pendant la pandémie de COVID-19, la situation sanitaire doit être la tâche essentielle des Etats. Il a donc manifesté son soutien à la suspension des sanctions qui sapent la possibilité des pays à répondre aux problèmes provoqués par la pandémie.

Les Etats-Unis et la Colombie

La représentante des Etats-Unis, Kelly Craft, a qualifié les arguments du Venezuela concernant l'incursion armée de « ramassis d’accusations fausses et fantaisistes. »

Elle a affirmé que son Gouvernement n'est pas impliqué dans ces faits et a écarté les preuves présentées par les autorités vénézuéliennes qui lient le Gouvernement de Trump à cette tentative et à d'autres, dénoncées par le Venezuela et destinées à favoriser un changement dans le pouvoir grâce à des mécanismes anticonstitutionnels.

D'autres pays ont également rejeté la dénonciation du Venezuela et ont parlé de changement dans le Gouvernement présidé par Nicolás Maduro mais ils n'ont pas exprimé leur position concernant les conséquences des mesures coercitives imposées par les Etats-Unis et aggravées pendant la pandémie sur la population.

Le représentant de la Colombie, Guillermo Fernández de Soto, a également rejeté les preuves présentées par les autorités vénézuéliennes concernant la participation de son Gouvernement à l'incursion armée malgré les déclarations faites par les individus arrêtés qui ont affirmé avoir été entraînés en Colombie.

Il a évoqué la « crise » que vit le Venezuela et a réaffirmé qu'ils souhaitaient un changement de Gouvernement mais il n'a pas mentionné les sanctions illégales imposées par les Etats-Unis qui font obstacle à l'achat par les autorités de médicaments et d’aliments pendant la pandémie.

Fernández a également mentionné le fait que son pays a reçu des citoyens vénézuéliens et a souligné que «  la Colombie a agi avec fraternité » mais il a oublié de dire que presque 42 000 Vénézuéliens sont rentrés au Venezuela de Colombie, d'Equateur, du Brésil, du Chili et du Pérou après avoir été victimes de xénophobie, de l'absence de ressources pour accéder au système sanitaire pendant la pandémie.

« Le Conseil de Sécurité peut être certain que la Colombie ne va pas aller contre la paix internationale, » a conclu le représentant. Iván Duque 

Le Venezuela demande au Conseil de Sécurité de mettre fin aux sanctions des Etats-Unis et de leurs alliés 

Pour sa part, le représentant du Venezuela à l'ONU, Samuel Moncada, a exhorté le Conseil de Sécurité à exiger la « fin immédiate » des pratiques délictueuses des Etats-Unis et de leurs alliés contre le Venezuela, « y compris l'utilisation ou la menace de l'utilisation de la force et la commission de nouvelles attaques armées. »

en plus de demander au Conseil de Sécurité de respecter la Charte de l'Organisation, Moncada lui a demandé de « se prononcer une fois pour toutes sur la menace que les politiques bellicistes des Gouvernements de Colombie et des Etats-Unis représentent pour la paix aussi bien du Venezuela que de toute la région et de reconnaître les actes d'agression qui ont été commis. »

« Nous prouvons au monde les actions armées contre mon pays. Le Gouvernement des Etats-Unis et de la Colombie ont facilité la planification, le financement, la formation et aujourd'hui, ils protègent les groupes de mercenaires et de terroristes qui ont commis une attaque pour mener à bien l'assassinat de la population civile, commettre des assassinats ciblés de membres du Gouvernement et assassiner le Président Maduro. »

Il a réaffirmé que la Charte des Nations Unies est systématiquement violée : « Les Etats-Unis et la Colombie ont violé les règles du Droit International, surtout la résolution N°4 et celle du Conseil de Sécurité N°239 qui condamnent le fait qu'un Etat permette ou tolère qu'on recrute des mercenaires ou qu'on leur donne des installations pour mener à bien le renversement d'un Etat membre.

«  Les Etats-Unis et la Colombie ont violé la résolution N° 1279 stipulant que les Etats doivent éviter que sur leur territoire se préparent ou soient financées des actes de terrorisme, la résolution N°1373 qui dit que les Etats doivent éviter de soutenir des entités ou des personnes impliquées dans des actes terroristes et de fournir des armes à des terroristes, la résolution N° 1456 qui appelle instamment les Etats à s'aider pour enquêter les actes terroristes et les punir et indique que ceux qui apportent leur aide ou perpètrent des actes terroristes doivent être jugés. »

Moncada a réaffirmé que la Maison Blanche et la Colombie refusent de communiquer avec les autorités vénézuéliennes pour empêcher l'impunité et punir les responsables de l'incursion maritime : « Le 13 mai, le Gouvernement des Etats-Unis a même inscrit le Venezuela sur une liste illégale, en tant que pays qui ne coopère pas contre le terrorisme, ce qui est une accusation cynique quelques jours après une attaque terroriste réalisée avec le soutien de fonctionnaires étasuniens (…) Ils utilisent leur appareil d'information pour falsifier ces attaques. Nous ne pouvons pas accepter l'assassinat illégal de personnes tout autour du monde en se protégeant par l’utilisation de la force. »

Il a également réaffirmé que le blocus économique, financier et commercial imposé illégalement au Venezuela par Washington, Moncada a réaffirmé que cette mesure illégale viole la Charte des Nations Unies : «  Le Gouvernement des Etats-Unis a reconnu qu'il exerce des pressions sur les compagnies pour qu'elles n’envoient pas d'essence au Venezuela. Que se passerait-il si pendant la crise de la pandémie, New York n'avait pas d'essence ? Ce serait un crime contre l'humanité. C'est ce que font les Etats-Unis contre 30 000 000 de vénézuéliens. »

Pétroliers de combustible iraniens 

« La coercition s'unit à un nouveau danger : la menace de l’utilisation de la violence militaire contre des pétroliers qui vont au Venezuela avec du combustible, cela viole la liberté du commerce et de la navigation. Si ces menaces se concrétisaient, ce serait une action armée contre les bateaux et le peuple du Venezuela. Un blocus naval est une violation du Droit International, » a déclaré l'ambassadeur vénézuélien.

L'ambassadeur Moncada a dénoncé la complicité du Royaume Uni dans les agressions contre le Venezuela en continuant à discuter avec l’opposition : « La Banque d'Angleterre a volé 1,8 tonne d'or , c'est pourquoi nous l'attaquons en justice. Ce sont des opportunistes qui se sont alliés aux Etats-Unis pour cette attaque. »

Appel au Conseil de Sécurité 

« Nous appelons instamment le Conseil de Sécurité des Nations Unies à faire le travail de maintien de la paix et de la sécurité, nous exigeons qu'il arrête les politiques bellicistes des Etats-Unis et de la Colombie, » a déclaré Moncada.

Et il a indiqué qu'il est indispensable qu'is cessent d'utiliser la violence et des mercenaires contre un autre Etat : « Les Etats-Unis sont en train de créer un monde sans loi, soutiennent des terroristes et des mercenaires contre notre pays. »

« Notre pays ne représente pas une menace et nous devons apprendre cette leçon, le Venezuela n'est pas à vendre, il ne sera jamais une colonie de personne et nos gens continueront de lutter pour rester libres, » a-t-il conclu.

Les Etats-Unis mettent leur veto à la proposition de déclaration

Les Etats-Unis n'ont pas permis que Conseil de Sécurité accepte le brouillon de déclaration proposé par la Russie à propos du Venezuela dans lequel l'ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela et l'invasion de sa souveraineté étaient condamnées.

« Ceci est le brouillon proposé par la Russie pour qu'il soit adopté après a réunion sur le Venezuela au Conseil de Sécurité, aujourd'hui. Sans accusations, seulement avec le soutien de choses communes de base. Il a été liquidé par les Etats-Unis 9 minutes après le début de la procédure de silence. Une question sur combien la position des Etats-Unis à propos du Venezuela est « constructive » ? a écrit sur Twitter Dmitri Polianski, ambassadeur adjoint de la Russie à l'ONU.

Selon le texte du brouillon russe, « les membres du Conseil ont discuté des récents événements au Venezuela et en relation avec ce pays et « rejettent les menaces d'utilisation de la force, selon ce qui est stipulé dans la Charte des Nations Unies » et « réaffirment les résolutions pertinentes qui condamnent le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations et l'utilisation de mercenaires. »

« Les membres du Conseil de Sécurité ont appelé instamment à résoudre les problèmes du Venezuela grâce au dialogue entre les Vénézuéliens eux-mêmes sans ingérence étrangère, par des moyens politiques pacifiques, selon le Chapitre VI de la Charte de l'ONU, dans le cadre de sa Constitution et dans le plein respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Venezuela. »

Les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité ( les Etats-Unis, la Russie, la France, le Royaume Uni et la Chine ) ont le droit de mettre leur veto à toute déclaration avec laquelle ils ne seraient pas d'accord même si elle est soutenue par le reste des membres. 

Une importante victoire

Le Président Nicolás Maduro a remercié pour leur soutien la Russie, la Chine et la Communauté Internationale lors de la réunion virtuelle du Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies qui a eu lieu mercredi. « Nous avons obtenu une grande victoire au Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies, merci à la Russie, à la Chine et à tous les membres non permanents, » a déclaré le chef de l'Etat.

Il a également félicité le représentant permanent du Venezuela à l'ONU, Samuel Moncada, pour sa participation extraordinaire et il a remercié le Secrétaire Général de l'ONU, António Gutérres, pour les déclarations faites par la sous-secrétaire générale des Nations Unies (ONU) pour les Affaires Politiques et la Construction de la Paix, Rosemary DiCarlo, qui a condamné mercredi les sanctions étasuniennes contre le Venezuela en indiquant qu'elles exacerbent une situation qui est déjà difficile pendant la pandémie de coronavirus.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

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