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Venezuela : L'intervention est toujours à l'ordre du jour

11 Mai 2018
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Caracas. Vendredi 11 mai 2018. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. L’organisation non gouvernementale (ONG) Freedom House qui a son siège à Washington, un bras du Département d'Etat des Etats-Unis, a fait une série de signalements très graves destinés à criminaliser le Venezuela au niveau international.

Le 31 janvier dernier, Freedom House, dans son rapport annuel, déclarait le Venezuela, à partir de cette année 2017 comme un pays "Non libre". Ou, ce qui est la même chose, déclarait que le Venezuela était « une dictature » où toutes les conventions internationales sont violées et les droits réduits de façon générale.

De 2000 à 2015, Freedom House avait qualifié le Venezuela dans ses rapports de pays « partiellement libre. » Dès le début de la Révolution Bolivarienne, cette tendance avait commencé à se manifester et les années précédentes, le pays était qualifié par cette ONG de « totalement libre » malgré les violations des droits de l'homme et l'épuisement politique de la Quatrième République.

Qu'est-ce que Freedom House ?

Freedom House est l'une des principales agences d'intellectuels et de propagande que Washington a utilisées pour concevoir et créer l'OTAN. A partir de là (et surtout depuis que le Gouvernement de Reagan a créé la NED comme bras civil de la CIA) son rôle a consisté à former et à financer des dissidents, à capter des intellectuels et des partis politiques, à contribuer à des campagnes de propagande (grâce à ses tentacules dans les grands médias internationaux) et à produire des dossiers pro-intervention sur tous les pays opposés aux politiques de la Maison Blanche. Elle est tout d'abord née pour freiner l'expansion de l' URSS puis pour freiner tout projet qui porterait atteinte à la dictature des corporations au niveau mondial.

Par exemple, au Venezuela, selon certains chercheurs, Freedom House a aidé à mettre en place la politique et le financement de l’opposition vénézuélienne et finance le buffet des avocats du Forum Pénal qui défend les agents illégaux et violents qui ont participé à des actes de déstabilisation comme « La Sortie » de 2014.

Le « rapport » et les connexions de l'ONG

La Russie, la Chine, l'Iran ou la Syrie, entre autres, partagent la qualification de pays "Non libre" avec le Venezuela . Cela montre que le Venezuela se place dans le même cadre d'agressions géopolitiques qui englobe les pays émergents qui défient l'hégémonie de Washington.

En plus de recevoir un financement du Département d'Etat des Etats-Unis, Freedom House est relié à l'appareil de renseignement yankee. C'est ainsi qu'elle a été dirigée pendant les 10 premières années de ce siècle par James Woolsey, ex-directeur de la CIA.

Ce qui est réellement important dans la qualification que ce rapport applique au Venezuela, c'est que cette organisation est reliée aux principaux appareils du système (ONU, Banque Mondiale, FMI, OTAN, etc...) et est considérée par ces institutions comme une source privilégiée au moment de prendre des mesures contre un pays.

C'est à dire que les sanctions financières, la préparation d'interventions et d'agressions politiques (grâce à des révolutions de couleur ou à des coups d'Etat) sont précédées par les qualifications de Freedom House qui créent le récit et les dossiers qui leur donnent un sens, une justification et une crédibilité internationale. Elle impose une image qui prend en otage et décide comment doit être perçu un certain pays.

Les corporations, grâce à leur ONG, appellent à « l'action internationale » contre le Venezuela 

Car ce sont les gardiens du concept le plus délicat de l'Occident : la liberté des corporations de piller selon leur bon vouloir les pays qu'ils veulent. Si un pays la viole soi-disant (la Syrie, le Venezuela, la Russie ou l'Iran), il faut la récupérer grâce à une intervention militaire ou à des sanctions financières et diplomatiques. 

Critères d’évaluation utilisés par Freedom House 

Le critère essentiel pour déterminer les niveaux de « démocratie » selon Freedom House est en fait l'affinité idéologique des Gouvernements des pays avec la doctrine de Washington. En 2005-2006, Freedom House a évalué le Gouvernement du Commandant Chávez. Son rapport indique que le Gouvernement vénézuélien, à ce moment-là, « pratiquait des politiques anti-USA, anti-libre commerce tout en resserrant ses liens avec Cuba et les groupes de gauche de l'hémisphère. »

A partir de là, les estimations de Freedom House envers le Venezuela sont de plus en plus négatives :

Au Venezuela, il n'y a pas de liberté de la presse... alors que les médias affiliés à l'anti-chavisme exercent leur activité d'une façon totalement abusive et arbitraire.

Au Venezuela, les droits civiques et politiques sont démantelés de façon importante et l'organisation signale que la suppression « absolue » des libertés publiques est une politique d'Etat … alors que l’opposition peut s'organiser et manifester librement, un droit garanti par l'Etat vénézuélien.

Ils peignent l'oppression économique comme une politique d'Etat. Un confinement de la population grâce à un ordre exécutif, a crise, a faim et la misère dans le seul but de « soumettre la population, » précise le rapport. Ils occultent le rôle des agents économiques internes et externes qui sabotent franchement l'économie et la vie du pays dans des buts politiques.

Appel à l'intervention internationale au Venezuela

Dans un autre document publié par Freedom House le 6 février et intitulé « Le Venezuela quitte la voie de la démocratie, » on trouve d'autres accusations contre le pays. Là, les corporations, à travers leur ONG, appellent à « l'action internationale » contre le Venezuela. D'après elles, « la communauté internationale n'a pas encore fait ce qu'il faut » dans ce sens.

Ce qui est grave, c'est que ces pratiques ont déjà des précédents. Par exemple, Freedom House qualifie la Syrie de pays "Non libre" en 2012. Et avec Human Rights Wacht et Amnesty International, organise et donne une légitimité aux « raisons » d'intervenir dans ce pays.

Freedom House a appelé les pays à intervenir en Syrie et les pays de la Ligue Arabe, l'équivalent de l'OEA dans cette région, l'ont fait.

Le rapport prétend qu'au Venezuela, un conflit intérieure doit éclater avec le soutien international et c'est plus qu'éloquent : cela semble être l'indication d'un chemin à suivre : « (Le Venezuela) aurait besoin d'une pression internationale soutenue pour compléter les courageux efforts de millions de Vénézuéliens qui sont descendus dans la rue encore et encore avec l'espoir de récupérer leur avenir (...). Il faudrait faire plus pour obliger les dirigeants de toute la région à agir. »

Ce rapport de Freedom House n'est pas n'importe quoi. C'est un pas de plus dans la détermination des corporations d'intervenir (sous diverses tactiques) dans la situation vénézuélienne en faisant pression par des voies non conventionnelles pour que le chavisme soit chassé du pouvoir. Ils multiplient les arguments de leur récit pro-intervention. Les corporations n'attendent rien de la MUD ni de personne. Elles ont leur plan et activent leur dispositif pour le mener à bien comme elles le font en Russie, en Chine, en Iran ou en Syrie.

 

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CCN

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