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Guadeloupe. Pour un système de santé rénové

28 Mai 2020 Dominique THEOPHILE
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Pointe-à-Pitre. Jeudi 28 mai 2020. CCN. Le constat est édifiant : parce qu’il n’assure plus la bonne prise en charge de la population française, notre système de santé ne répond plus à nos attentes.

Si la France peut s’enorgueillir du volume financier injecté dans son système de santé par rapport à ses voisins européens, elle doit s’inquiéter du mode de prise en charge de ses patients, de l’orientation des investissements et de sa recherche, et de la reconnaissance de son personnel soignant.

Elle peine aujourd’hui à sortir de la logique du « tout soin » et à aborder le tournant de l’éducation thérapeutique et de l’information. De fait, le retour sur investissement est à ce jour insuffisant.

Elle doit désormais inventer un modèle d’organisation qui soit plus lisible, plus rationnel, plus efficace.

La crise actuelle nous démontre au fil des jours les faiblesses de notre système – qu’il s’agisse du manque d’anticipation, de la complexité de son organisation, du manque de reconnaissance de son personnel soignant, de la faiblesse de sa stratégie territoriale, ou de son plan d’investissement.

Le « plan Ségur » annoncé par le gouvernement ne doit pas être un cautère sur une jambe de bois : il faudra dès lors considérer que la première industrie d’un pays, c’est son système de santé.

Je l’ai en effet maintes fois rappelé par le passé : un système de santé performant sur un territoire constitue la porte d’entrée de son développement touristique et économique – c’est-à-dire de son développement tout court.

Pour un maillage efficient du territoire, la mise en cohérence des acteurs publics et privés doit guider nos choix stratégiques. Il appartient à l’ensemble des intervenants et professionnels de santé de contribuer à ce vaste chantier.

La création d’une faculté de médecine de plein exercice à l'Université des Antilles et de la Guyane est une étape essentielle de ce grand chantier de rénovation sanitaire. En juillet 2019, j’ai défendu en ce sens un amendement au projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé.

Celui-ci prévoit que le gouvernement remette, dans un délai de douze mois suivant la promulgation de la loi, un rapport sur les perspectives de créer aux Antilles une faculté de médecine de plein exercice, ouverte à l’international et susceptible de faire rayonner la médecine française dans l’arc caribéen.

Si la faculté de médecine Hyacinthe Bastaraud existe depuis 1988, ses étudiants sont contraints de s’envoler, à partir de leur quatrième année d’études, pour l’hexagone et ses universités surchargées.

Nous devons assumer notre rôle dans la formation des futurs médecins de la région. Pour cela, il nous faut une vision stratégique claire, solide et durable. Il nous faut enfin sortir d'une logique comptable inadaptée et hospitalo-centrée si nous voulons réussir cette transformation et préparer l’avenir.

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