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Amérique Latine : Alberto Fernández cherche à réactiver l'intégration régionale

05 Nov 2019
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Amérique Latine. Mercredi 6 novembre 2019. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. La semaine prochaine, Alberto Fernández montrera ses premières cartes en tant que président élu dans le domaine international. D'abord, lundi, quand il rencontrera au DF le président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador, et ensuite à partir de vendredi, quand il mettra en marche la seconde rencontre du Groupe de Puebla, un groupe de dirigeants progressistes qui se réunira à Buenos Aires. A un moment de troubles dans la région et de crise des modèles néolibéraux, le président élu fera les premiers pas pour réinstaurer l'intégration qui a été la base de la création d'organisations comme l'UNASUR et la CELAC, aujourd'hui abandonnées.

Il court le bruit que López Obrador n'a pas de passeport. Ses voyages à l'étranger se comptent sur les doigts de la main. Récemment, par exemple, il n'a assisté ni à l'assemblée des Nations Unies ni au sommet du G20. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'a pas de position claire en matière de politique étrangère. Ceux qui le connaissent affirment que ses positions sont très semblables à celles d'Alberto Fernández. C'est pourquoi ils souhaitent se rencontrer. Ils devaient se rencontrer pendant la campagne mais López Obrador a préféré retarder cette rencontre jusqu'au moment où Fernández serait le président élu pour respecter les règles de la diplomatie.

En principe, Alberto Fernández voyagera vendredi avec celui dont tout indique qu'il sera son chancelier, Felipe Solá, ils seront reçus lundi par López Obrador au Palais National. Ce sera le premier voyage à l'étranger du président élu grâce auquel il enverra des signaux dans différentes directions. Un, évidemment, au Brasil. Traditionnellement première destination des présidents argentins, et vice-versa, Fernández l'a oublié parce que les relations avec Jair Bolsonaro vont de mal en pis. Le Brésilien a été l'un des rares présidents à ne pas le féliciter pour sa victoire, furieux qu'il ait milité pour la libération de Lula. Hier, il lui a adressé un nouveau message. Le Mexique et le Brésil, d'autre part, se disputent traditionnellement le leadership en Amérique Latine. Ce sera aussi un signal pour les Etats-Unis : Alberto Fernández manifestera son intention de renforcer l'intégration régionale et de ne pas parier sur les relations bilatérales comme le souhaite Washington.

La position du Groupe de Lima sur le Venezuela déplaît à Alberto Fernández comme à López Obrador. En effet, le Mexique a cessé d'assister aux réunions de ce groupe depuis janvier dernier. AMLO, comme on l'appelle dans le pays, défend au pied de la lettre le principe de non ingérence dans les affaires intérieures des autres pays et pense que le dialogue est la seule issue à la crise vénézuélienne. Le président élu de l'Argentine est tout à fait d'accord avec cette idée. Tous 2 refusent de qualifier le Gouvernement de Nicolás Maduro de dictature comme le souhaite plus que fortement le Département d'Etat.

Au retour de son voyage, à Buenos Aires, aura lieu la seconde rencontre du Groupe de Puebla. La première avait eu lieu en juillet dernier, justement dans la ville mexicaine dont ce groupe porte le nom. A cette occasion, étaient présents Solá, Jorge Taiana et Carlos Tomada en tant que représentants du péronisme. Déjà quelques 25 personnalités ont confirmé leur participation à cet événement qui aura lieu les 8, 9 et 10 novembre à l'Hôtel Emperador. Parmi ceux qui s'y rendront se trouvent des ex-présidents comme Dilma Rousseff, Fernando Lugo, Ernesto Samper et Leonel Fernández et on espère aussi le vice-président bolivien Alvaro García Linera. Les membres du Groupe de Puebla ont un chat sur WhatsApp dans lequel ils discutent de tous les sujets concernant la politique régionale et qui leur permet d'émettre des communiqués sur les sujets d'actualité. Ainsi, ils ont été les premiers à reconnaître la victoire d' Evo Morales.

A partir de ce Groupe, ils démentent les accusations de la droite locale qui disent qu'ils cherchent à déstabiliser les Gouvernements en organisant des mobilisations comme en Equateur et au Chili. « Il n'y a pas de conspiration et rien à cacher dans ce que fait le Groupe de Puebla. Notre objectif est d'aider à l'unité du progressisme dans la région, » a expliqué l'ex-sénateur chilien Marco Enriquez-Ominami qui travaille à l'organisation de la rencontre et aide Alberto Fernández à organiser son ordre du jour de politique étrangère.

(Extrait de Página 12)

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

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