Haïti. Un film tourné à Jacmel en compétition à la 67e Berlinale des courts-métrages

17 Fév 2017
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Port-au-Prince. Vendredi 17 Février 2017. Lenouvelliste/CCN. Un Haïtien et un Mauricien ont réussi l'exploit de voir leur production cinématographique sélectionnée à la 67e Berlinale des courts-métrages. The Crying Conch, c’est ainsi que s'intitule le film de près de 20 minutes dont Guillaume Collin, un Haïtien, est le producteur, et le Mauricien Vincent Toi, le réalisateur. 

« Le film aura sa première mondiale ce mercredi 15 février à la "Berlinale Shorts". Le film est en compétition officielle. Il a été choisi parmi près de 10 000 films soumis », a fait savoir Guillaume Collin, le producteur du court-métrage The Crying Conch, à Le Nouvelliste.  

« Le film a été tourné à Jacmel avec des enseignants, étudiants et gradués du Ciné Institute (maintenant Artists Institute). L'équipe était mixte. La postproduction a eu lieu au Canada, à Montréal où le film a eu l'aide du Conseil des arts et lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada. Le film est distribué par la distributrice de films », a-t-il poursuivi.

Un article paru dans l’Express Mauricien rapporte que The Crying Cronch, littéralement La conque qui pleure, sera en compétition avec 22 autres courts-métrages de 19 pays à la 67e Berlinale des courts-métrages qui se tiendra du 9 au 19 février dans la capitale allemande.  

L' Express Mauricien explique que ce court-métrage a été entièrement tourné en Haïti où, pendant son année sabbatique, il a enseigné aux étudiants du Ciné lnstitute, école de cinéma de ce pays. Il y a deux fils conducteurs dans cette réalisation où le passé côtoie le présent et la réalité la fiction.

D’un côté, on y suit les traces de François Mackandal, esclave marron rendu célèbre pour ses rébellions répétées contre l'autorité coloniale française et considéré comme le symbole de la lutte antiesclavagiste. De l'autre, on fait connaissance avec une Haïti d'aujourd’hui qui fait l’expérience de la violence humaine, de la tromperie et de l’égoïsme.  

« Les deux histoires englobent la beauté inimaginable du paysage haïtien et de son peuple, écrit-il. S'il aime mêler passé et présent, c'est parce que je m’intéresse à la structure du pouvoir dans les sociétés. » On ne peut la comprendre qu'en explorant le passé et le présent.

Depuis qu'il a obtenu son diplôme, Vincent Toi collabore avec la boîte de production Arpent Films, fondée par le producteur haïtien Guillaume Collin, qui a étudié à la même université que lui, l'université de Concordia. 

La sélection de The Crying Conch à la 67e Berlinale des courts-métrages est, selon Vincent Toi, une façon de donner une plus grande visibilité au Ciné Institute, qui se trouve à Jacmel, à trois heures de la capitale haïtienne. « Lorsque j’ai pris une année sabbatique pour y enseigner, je n’avais aucune intention de faire un documentaire. Et puis, la beauté rugueuse du pays et des gens m’a séduit. J’ai recruté des locaux – des collègues et des acteurs amateurs », avance le Mauricien.

« Le film a été tourné dans l’une des dernières forêts de pins d’Haïti, la forêt de Seguin. C’est un endroit magique situé à 8 000 pieds d’altitude, difficilement accessible et entouré de fantômes et d’esprits. Cette expérience d’un autre monde est capturée dans la scène d’ouverture du film », explique le Mauricien dans l’Express.  

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