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Haïti. Les défis qui attendent le nouveau président d’Haïti

17 Fév 2017
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Port-au-Prince. Vendredi 17 Février 2017. Lenouvelliste/CCN. D’une manière générale, ici ou ailleurs, il est coutume de dire que les cent premiers jours d’un nouveau dirigeant ou d’une nouvelle administration politique sont déterminants. Ils suffisent pour l’évaluer et lui attribuer une note. Un chef d’État, un Premier ministre, un ministre ont une période de grâce allant jusqu'à trois mois pour imposer leurs méthodes, leur vision et leurs ambitions.

Élu définitivement après maintes contestations des élections du 20 novembre 2016, Jovenel Moïse a prêté serment le mardi 7 février 2017 en tant que nouveau locataire du palais national. Le 58e chef d’État de la République d’Haïti aura à faire face à un immense chantier avec l’héritage du régime précédent et la colère laissée par les contestations des élections. Le nouveau président aura à relever d’énormes défis dans ce pays où aucun indicateur n’est au beau fixe, un habitant au moins sur 5 vit encore en dessous du seuil de pauvreté, les jeunes réclament des emplois.

Le premier défi du président Jovenel Moïse, élu sans légitimité par une frange insignifiante de la population haïtienne, soit seulement 590 927 votants, frappé de suspicion dans un brûlant dossier de l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF) l’accusant de blanchiment d’argent, sera d’agir rapidement non seulement pour répondre aux attentes des nationaux en relançant le secteur de l’économie accaparé par les monopoles, mais encore de chercher à remettre en confiance la totalité des Haïtiens et plus particulièrement ceux qui, par simple découragement ou par défaut de candidat idéal, avaient boudé le processus électoral. 

Le deuxième défi sera d’amener les plus de quatre-vingt pour cent des Haïtiens qui n’avaient pas été aux urnes de peur de ne pas revivre les bévues du régime dont M. Jovenel Moïse est le dauphin à constater qu’il a l’étoffe d’un dirigeant rassembleur , autonome et avisé. Autrement dit, qu’il n’est pas là en tant qu’une marionnette dont les ficelles seront tirées par son mentor ou par l’élite économique traditionnelle ou l’oligopole qui l’avait aidé à financer sa longue campagne électorale. Il aura donc à faire preuve d’une certaine finesse politique afin d’imposer ses prises de position. Si ce n’est pas le cas, il pourra avoir beaucoup de difficultés pour bien démarrer les premiers cent jours de son mandat de cinq ans.  

Le troisième défi sera de définir avec son équipe des choix stratégiques capables d’améliorer les conditions socioéconomiques des classes majoritaires et nécessiteuses qui s’aggravent de jour en jour. Il devra donc convaincre en interne de la nécessité de combattre l’inflation galopante, le taux élevé du chômage, de pallier la situation d’extrême pauvreté, d’initier sans démagogie aucune une véritable politique de jeunesse, de créer des écoles publiques de qualité à travers le pays, d’encadrer ou de contrôler les établissements scolaires non publics à tous les niveaux, de repenser l’idée du programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire en dehors de toute propagande politique faisant du programme un simple coup d’épée dans l’eau.

Le quatrième défi du nouveau président pour ce mandat de 5 ans à la tête d’un pays régressant qualifié de l’un des plus pauvres du monde où tout est à refaire, sera de renforcer l’État et ses institutions tout en luttant contre la corruption qui gangrène la société haïtienne en général et nos différents gouvernements en particulier, le gâchis administratif et le népotisme. 

En tout cas, il n’y a pas une minute à perdre, parce qu’ en plus de ces quatre défis, le nouveau président d’Haïti aura de sacrés autres à relever au nombre desquels le phénomène de l’insécurité dans tous les domaines, le désordre dans la diplomatie haïtienne, la désuétude du système éducatif haïtien avec une école à plusieurs vitesses, la question de la drogue et ses corollaires, la dépréciation de la monnaie nationale, la déchirure du tissu social, la délinquance juvénile, le déficit de souveraineté dont souffre le pays depuis son occupation par les forces onusiennes… 

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